MORVAN, Jacques, Sébastien

Par Gilles Pichavant

Né le 13 février 1919 au Guilvinec (Finistère), mort le 26 août 2016 à Audierne (Finistère) ; instituteur, puis professeur d’enseignement général de collège (PEGC) ; syndicaliste SNI-FEN, tendance Unité et Action ; mutualiste (MGEN) ; militant de la Fédération des œuvres laïques ; militant communiste, conseiller municipal d’Audierne.

Fils d’un marin pêcheur et d’une ouvrière de conserverie, Jacques Morvan était le dernier-né d’une fratrie qui comportait quatre garçons et une fille. Ses frères devinrent marins comme leur père, et sa sœur ouvrière dans une conserverie, comme sa mère. Repéré par ses instituteurs pour sa vivacité et ses capacités d’apprentissage, il ne suivit pas le même chemin de ses frères. Ses instituteurs incitèrent sa famille à faire le sacrifice de lui permettre de poursuivre des études au lycée La Tour d’Auvergne de Quimper où il obtint le baccalauréat en 1937.

Jacques Morvan quitta Le Guilvinec pour rejoindre une caserne à Montauban (Tarn-et-Garonne) pour y faire son service militaire. Mais la Deuxième Guerre mondiale s’annonçant, à peine libéré, il fut mobilisé en septembre 1939. En mai 1940, pendant l’invasion, marches et contremarches se succédèrent sans arrêt, et le caporal Morvan, qui n’était jamais monté à cheval, dut prendre le commandement d’un petit escadron de cavalerie. Durant plusieurs jours, il conduisit ses cavaliers en tenant son cheval par la bride. Puis, refusant l’idée d’être fait prisonnier, il réussit à s’évanouir dans la nature. Au bout de nombreux jours de marche, il se retrouva à Marsolan (Gers), dans les environs de Lectoure, où une famille de cultivateurs l’hébergea. Ils lui proposèrent de travailler à la ferme moyennant le gîte et le couvert. Plus tard, Morvan rejoignit la Résistance. Après la guerre, il garda toujours des relations suivies avec cette famille qu’il alla visiter chaque été.

La guerre finie, Jacques Morvan rentra au Guilvinec où il obtint un poste provisoire d’instituteur au cours complémentaire pour enseigner le français. Il tint ensuite différents postes avant d’obtenir sa nomination définitive au collège du Guilvinec. En 1951, il rencontra sa future épouse, Solange Cariou. Après plusieurs postes successifs en tant que suppléante, elle fut nommée définitivement comme professeur d’enseignement ménager de collège. Ils se marièrent le 3 janvier 1953 à Audierne (Finistère) dont Solange Cariou était originaire. Ils eurent quatre enfants ; trois d’entr’eux naquirent au Guilvinec : Jacky (1953), Andrée (1954), Jean-Claude (1956) ; Annie naquit à Audierne (1963). En 1963, elle avait été nommée à Audierne (Finistère), où Jacques Morvan la rejoignit un an plus tard, après un court passage au collège de Plozévet (Finistère). Ils terminèrent leur carrière à Audierne, au collège de Locquéran.

Dans l’immédiat après-guerre Jacques Morvan adhéra Parti communiste français, comme sa femme. Il en resta membre jusqu’à sa mort. Dans l’après-guerre au Guilvinec, puis à Audierne, à partir de 1963, ils animèrent la vie des cellules et des sections communistes. Fortement impliqué dans la vie locale, il devint secrétaire de la section du Cap-Sizun dans les années 1970 qui comptait une cinquantaine d’adhérents. Militant actif toujours disponible, présent aux réunions, distribuant des tracts, collant des affiches, vendant l’Humanité, l’Humanité dimanche accompagnée de son supplément Bretagne Nouvelle, il organisait avec Albert Trividic la fête locale annuelle du Travailleur Capiste, titre du périodique de la section communiste.
Jacques Morvan fut à de nombreuses reprises candidat aux élections municipales à Audierne. En 1977, il fut tête de liste, au premier tour, d’une liste de rassemblement de la gauche initiée par le PCF, mais sans le Parti socialiste qui avait présenté sa propre liste. Il obtint 522 voix et 24,43 % au premier tour. Au second la droite emporta la mairie avec 20 élus et le PS, en eut 3.

Aux élections cantonales de 1979, candidat communiste dans le canton de Pont-Croix, il obtint 1325 voix soit 13,62 %.

Aux élections municipales de 1983, dans le cadre d’une liste d’union de la gauche cette fois, il obtint au premier tour 946 voix et 48,14 %, et fut élu conseiller municipal d’Audierne au second tour avec 2 autres communistes ; Henri Donnard* et Jeannette Riou*. Au cours de son mandat, il s’impliqua fortement dans la vie culturelle locale, en lançant le Comité d’animation d’Audierne, en tentant notamment de relancer sous forme associative, le cinéma « Au Roy d’Ys », rue du 14 juillet.

Proche de Michel Mazéas, le futur maire de Douarnenez — comme lui instituteur et fils de marin pêcheur — il s’impliqua fortement dans le soutien de ses candidatures successives dans le Cap-Sizun aux élections législatives à partir de 1973. En 1977, il commença par combattre vigoureusement le projet d’implantation d’une centrale nucléaire à Plogoff, puis il prit assez vite du recul avec cette position initiale, à la suite de la décision nationale du PCF, de soutenir le projet.

Parallèlement à son engagement politique, Jacques Morvan se syndiqua dès son entrée dans l’enseignement à la section départementale du Syndicat national des instituteurs (SNI), et la Fédération de l’Éducation nationale (FEN). Il devint un militant actif de la tendance « Unité et Action » qui dirigeait les sections départementales SNI et FEN.

Mutualiste, il fut élu de nombreuses années au comité de section départementale de la Mutuelle générale de l’Éducation nationale (MGEN) qui gérait le régime obligatoire de Sécurité sociale pour les enseignants.

Il s’impliqua fortement dans les organisations départementales de défense et de promotion de l’enseignement public : le Comité départemental d’action laïque (CDAL) du Finistère, la Fédération des œuvres laïques (FOL) dont il fut le trésorier pendant plusieurs années. Dès son entrée dans l’enseignement, Jacques Morvan s’était engagé dans les amicales laïques du Guilvinec et de Léchiagat (Finistère). En 1947, il assura la direction de colonies de vacances à Uzerche (Corrèze), en 1948, à Saint-Georges des Sept Voies (Maine-et-Loire) dans une propriété du Secours Populaire. Puis, tous les ans, pendant de nombreuses années, beaucoup d’enfants de Guilvinec et de Léchiagat bénéficièrent de belles vacances, notamment en montagne, dans les colonies dirigées par lui.

Dès sa nomination à Audierne, Jacques Morvan, aidé d’André Le Gall* — son beau-frère — instituteur et militant laïque comme lui, créa le centre de voile qui fut à l’origine du Centre nautique du Cap Sizun.

Peu après le décès de sa femme, en 2010, Jacques Morvan entra à la maison de retraite d’Audierne en décembre 2011 où il mourut.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article185456, notice MORVAN, Jacques, Sébastien par Gilles Pichavant, version mise en ligne le 22 septembre 2016, dernière modification le 5 octobre 2016.

Par Gilles Pichavant

SOURCES : Archives de Piero Rainero. — Archives familiales. — Ouest-France, 27 août 2016. — Témoignages de Jean Kervision, Jacques Morvan (fils), Simone Pichavant

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