HATEM Haïm, Victor

Par Jean-Sébastien Chorin

Né le 17 septembre 1890 à Jerusalem (Palestine, Israël), de nationalité turque, massacré le 17 août 1944 à Bron (Rhône) ; vernisseur ; victime civile

Haïm Hatem était le fils d’Oriel Hatem et d’Anne Laham. Il était marié avec Rachel Mizraki et avait deux enfants nés en 1917 et 1922. Haïm Hatem était de nationalité turque. Il émigra en France et demeura, à partir du 1er janvier 1925, 21 passage Gatbois (Paris, XIIe arr.). Il exerça la profession de vernisseur.
Pendant la guerre, Haïm Hatem se réfugia à Lyon (Rhône). En 1944, il résidait 2 rue des Farges (Ve arr.)
Le 14 août 1944, Haïm Hatem fut arrêté à Lyon, dans la rue, parce qu’il était juif. Il fut interné à la prison de Montluc (Lyon), dans la « baraque aux Juifs ».
Le 14 août 1944, eurent lieu des bombardements sur la base aérienne de Bron (Rhône). Devant l’ampleur des dégâts, les Allemands décidèrent de faire travailler sur le camp d’aviation des détenus juifs de la prison de Montluc.
Le 17 août, à 9 heures du matin, Haïm Hatem et 49 autres prisonniers furent extraits « sans bagage » de la « baraque aux Juifs ». Le gardien Wittmayer fit l’appel et, à la dernière minute, les Allemands remplacèrent deux catholiques par des Juifs. Ils furent embarqués sur trois camions gardés par des soldats allemands armés de mitraillettes, puis amenés sur le champ d’aviation de Bron. A Bron, les prisonniers furent répartis par groupes de trois et contraints de rechercher, d’extraire et de désamorcer des bombes non éclatées. Vers midi, ils furent dirigés près d’un hangar pour déjeuner. L’un des détenus, Jacques Silbermann, profita de cette occasion pour s’évader. Après des menaces de représailles et de vaines recherches, les soldats allemands conduisirent les 49 détenus sur le chantier pour reprendre le travail. A 18h30, alors que les prisonniers remontaient sur un camion pour regagner Montluc, un major allemand donna l’ordre de les amener sur un autre chantier. Les 49 détenus furent conduits près de trois trous d’obus au-dessus desquels ils furent exécutés par balles. Leurs corps furent ensuite recouverts de terre et de gravats.
Le lendemain, 18 août, 23 détenus juifs de Montluc, dont au moins 20 de la « baraque aux Juifs », furent également conduits sur le terrain d’aviation de Bron. Ils subirent le même sort que les prisonniers de la veille. Ils furent exécutés au-dessus d’un trou d’obus après avoir recherché, extrait et désamorcé des bombes non éclatées toute la journée.
Le 19 août, le chef de la « baraque aux Juifs », Wladimir Korvin-Piotrowsky, dû remettre « en tas » les bagages des 70 prisonniers aux autorités allemandes.
En septembre 1944, cinq charniers furent découverts sur le terrain d’aviation de Bron. Le corps de Haïm Hatem fut retrouvé dans le charnier E, situé entre les charniers C et D et contenant 26 cadavres. D’après le rapport du médecin légiste, il avait été tué d’une balle dans la tête.
Son corps fut décrit comme suit : 1m70, cheveux « châtains, dont certains grisonnants ». Il fut d’abord enregistré sous le numéro 104 puis identifié le 7 octobre 1944.
Il obtint le titre d’interné politique en 1956.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article185626, notice HATEM Haïm, Victor par Jean-Sébastien Chorin, version mise en ligne le 26 septembre 2016, dernière modification le 12 mars 2020.

Par Jean-Sébastien Chorin

SOURCES : DAVCC, Caen, dossier de Haïm Hatem.— Arch. Dép. Rhône, 3335W22, 3335W11, 3460W1, 3808W866, 31J66.— Bulletin de l’Association des Rescapés de Montluc, N°18, mai 1946.— Bulletin de l’Association des Rescapés de Montluc, N°23, octobre 1946.— Pierre Mazel, Mémorial de l’oppression, fasc. 1, Région Rhône-Alpes, 1945.— Site Internet de Yad Vashem

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