RIOLET Jean, Marcel

Par Daniel Grason

Né le 11 mai 1912 à Saint-Firmin arrondissement d’Autun (Saône-et-Loire), tué le 19 août 1944 à Neuilly-sur-Seine (Seine, Hauts-de-Seine) ; manœuvre, tourneur sur métaux, gardien de la paix cycliste ; membre du réseau Ajax, des Forces Françaises Combattantes (F.F.C.), F.F.I.

Fils de Jean Riolet, manoeuvre, et de Catherine Jacqueson, sans profession, Jean Riolet alla à l’école primaire de cinq à onze ans, il obtint le CEP. Enfant d’une famille nombreuse, il n’eut pas la possibilité de continuer des études. Il entra aux usines Schneider, entreprise emblématique de la métallurgie dans le département, il débuta comme « petit manœuvre ». En 1929 il vint à Paris apprendre le métier de tourneur sur métaux.
Appelé un an sous les drapeaux en 1933, il effectua son service militaire au 8e Régiment d’artillerie à pied à Toul (Meurthe-et-Moselle). Démobilisé il exerça son métier de tourneur sur métaux. Rappelé lors de la déclaration de la guerre en septembre 1939, il fut affecté spécial quatre mois dans une usine en province. Revenu à Paris, il se retrouva au chômage, l’usine où il avait travaillé n’étant pas approvisionné en matière première.
Il postula un poste de gardien de la paix auprès de la Préfecture de Police, il débuta le 21 février 1941. Il écrivit le 29 mars 1943 dans son autobiographie : « en étant dans le corps des gardiens de la paix je peux me rendre utile à la société et je remplirai tous mes devoirs avec consciences et fidélité ». Après sa formation, il fut affecté dans un commissariat de banlieue, le 1er décembre 1943 il débuta au commissariat de Neuilly-sur-Seine. Célibataire, il vivait dans la ville limitrophe de Levallois-Perret au 71 rue Jules-Guesde.
Le 19 août 1944 la mairie de Neuilly était attaquée par les troupes allemandes, Jean Riolet à l’intérieur de l’édifice était parmi les défenseurs. Blessé à la tête par un éclat d’obus, il aurait été achevé par les Allemands d’une balle au cœur. Son corps fut emmené à l’hôpital communal de la ville, puis déposé dans un caveau provisoire du cimetière ancien de Neuilly. Son inhumation se déroula le 30 août au cimetière de Levallois-Perret.
Déclaré « Victime du devoir », Jean Riolet a été cité à l’Ordre de la Nation (JO du 20 décembre 1944), décoré de la Légion d’Honneur (JO du 3 janvier 1945). Dans le hall de la mairie de Neuilly-sur-Seine les noms de ceux qui participèrent aux combats ont été gravés dans le marbre, dont celui de Jean Riolet : « Morts pour la France au cours des combats de la Libération. Période du 19 au 25 août 1944 ».
Une seconde plaque a été posée sur le mur extérieur de la mairie avec les noms des quatre gardiens de la paix tués dans les combats de Neuilly : Frédéric Malvezin, René Picard, Jean Riolet et Louis Peyrot. Son nom a été porté sur la liste des policiers morts pour la Libération de Paris au Musée de la police 4 rue de la Montagne Sainte-Geneviève à Paris (Ve arr.), et sur la liste des Anciens combattants de Levallois-Perret.
Le ministère des Anciens combattants lui attribua la mention « Mort pour la France », Jean Riolet a été homologué au titre de la Résistance Intérieure Française, des F.F.C. et des F.F.I.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article185645, notice RIOLET Jean, Marcel par Daniel Grason, version mise en ligne le 24 octobre 2016, dernière modification le 7 octobre 2018.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. KC 32 (notes transmises par Christian Chevandier). – SHD, Caen AC 21 P 143379. – Bureau Résistance GR 16 P 387815. – Christian Chevandier, Été 44. L’insurrection des policiers de Paris, Éd. Vendémiaire, 2014. – « Au cœur de la Préfecture de Police de la Résistance à la Libération », Sous la dir. de Luc Rudolph, Directeur honoraire des services actifs, Éd. LBM, 2009. – Site internet GenWeb. — État civil.

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