CANIVEZ André

Par Gilles Morin

Né le 12 juillet 1887 à Escaudain (Nord), mort le 31 juillet 1970 à Sarrebourg (Moselle) ; professeur ; élu socialiste SFIO du Nord ; maire adjoint, puis maire de Douai (1950-1959) ; conseiller général de Douai (1945-1967) ; sénateur du Nord (1948-1958).

[Sénat]

Fils d’André Canivez et de Sophie Escaudin, André Canivez naquit dans une famille de mineurs. Il fut élève à l’école primaire supérieure de Valenciennes, puis à l’École normale de Douai, d’où il sortit instituteur avec le certificat d’aptitude à l’enseignement de la gymnastique puis à l’agriculture. Instituteur à Sainghin-en-Mélantois (1907-1908) puis à Ascq (1908-1910) tout en suivant des études à la faculté des sciences de Lille, instituteur délégué pour enseigner les sciences aux écoles primaires supérieures de Nemours (Seine-et-Marne) en octobre 1910, puis de Merville (Nord), il fut mobilisé au 310e RI à Dunkerque en 1914. Sergent-fourrier, puis adjudant-chef, il fut blessé grièvement le 10 octobre 1916 à la bataille de Chaulnes (Somme). Réformé n° 1 en 1919, il fut déclaré mutilé de guerre à 65 % (bras gauche) et fut décoré de la Croix de guerre et de la Médaille militaire avec quatre citations. De novembre 1917 à juillet 1918, il enseigna les mathématiques et l’agriculture à l’Ecole normale d’instituteurs de Varzy (Nièvre)

Démobilisé, André Canivez s’installa en 1919 à Douai pour enseigner les mathématiques à l’EPS à partir de mars 1920. Admissible au concours du professorat des ENI et des EPS en 1919, en 1920, il devint professeur de mathématiques et de travail manuel à l’ENI de Douai en 1920.

Élu au conseil municipal de cette cité sur la liste SFIO le 10 mai 1925, adjoint à l’instruction publique, il fut, de 1930 au 12 mai 1935, le premier adjoint dans la municipalité Escoffier, plus spécialement chargé de la reconstruction de la ville. Il ne fut pas réélu en 1935. Candidat au conseil général en 1935, il appartenait au comité du Front populaire l’année suivante. Il militait par ailleurs dans les associations d’anciens combattants : vice-président des mutilés du Douaisis, il siégea à la commission départementale des mutilés et réformés de guerre et créa une école de rééducation pour les mutilés dans son canton et la dirigea durant trois ans, avant la Seconde Guerre mondiale. Il fut encore le fondateur et le président de l’Association des anciens combattants républicains du Douaisis, appartenait au comité départemental des mutilés et fut désigné comme vice-président de la section des Pupilles de la Nation du canton de Douai-Sud. Il collabora de longues années au journal Douai Républicain, fonda Le Mutilé du Douaisis, qui publia son roman de guerre Les mémoires du PCDF, et créa encore le journal Le Beffroi de Douai.

André Canivez, qui enseignait à l’École primaire supérieure de Douai durant la Seconde Guerre mondiale, ne semble pas avoir été actif politiquement durant l’Occupation. En juillet 1941, il demanda à travailler dans le Centre de perfectionnement professionnel et fut autorisé à cultiver le jardin de l’école normale, devenu centre de formation professionnelle des instituteurs au profit du bureau de bienfaisance. En mars 1942, il fut directeur intérimaire de l’EPS mixte pendant quelque temps.

Pourtant, en septembre 1944, il présida le comité d’arrondissement du mouvement de résistance Libération-Nord et reprit sa place dans la municipalité, comme vice-président de la délégation municipale, puis comme premier adjoint dans la municipalité élue en avril-mai 1945 (dirigée par Paul Phalempin). En septembre de cette même année, il fut encore élu conseiller général du canton de Douai-Ouest, au deuxième tour, par 14 636 voix sur 19 784 votants. Il conserva son mandat jusqu’en 1967. En 1949, il fut réélu au deuxième tour par 8 212 voix sur 20 542 votants. Une fiche des Renseignements généraux de 1945 le donnait comme « jouissant de l’estime d’une grande partie de la population » du canton et le décrivait comme un « orateur habile et quelque peu mordant ». Il fut candidat sans succès aux deux Assemblées constituantes, en octobre 1945 (en 7e position alors qu’il n’y eut que trois élus) et en juin 1946, ainsi qu’aux législatives de novembre 1946 (placé en 7e position sur neuf en 1945, puis en 4e position de la liste socialiste). Il était délégué cantonal de l’Association des amicales laïques du Douaisis et installa la maison des amicales, rue d’Arras à Douai, dont il fut le directeur durant plus de vingt ans.

Le 7 novembre 1948, André Canivez, qui figurait en 3e position sur la liste socialiste au Conseil de la République dans le Nord, fut le dernier élu de cette liste de 9 candidats. Il siégea comme sénateur de 1948 à 1958, étant réélu le 18 mai 1952. Il appartint aux commissions de l’Éducation nationale et à celle de la reconstruction et des dommages de guerre, présentant à ce titre de nombreux rapports. En 1952, il fut élu vice-président de la commission de l’Éducation nationale, avant de la présider (février 1956-juin 1958). Il intervint à de nombreuses reprises dans les débats parlementaires et les discussions budgétaires. Membre du conseil d’administration des Houillères nationales du Nord et du Pas-de-Calais, en tant que représentant du conseil général du Nord, de 1947 à 1949, il avait dû donner sa démission de cette fonction, incompatible avec celle de sénateur.

Le 15 décembre 1950, à la suite du décès du socialiste indépendant Phalempin, André Canivez fut élu comme premier magistrat de Douai. Il joua un rôle important dans la reconstruction de la ville et dans le développement de l’enseignement.

À l’image de la plupart des responsables du Nord, André Canivez suivit scrupuleusement la discipline générale de la SFIO. Il appartenait à la commission administrative de la fédération socialiste du Nord à la Libération et vota les pleins pouvoirs et la révision constitutionnelle lors des débats des 2-3 juin 1958, durant lesquels les parlementaires socialistes avaient eu la liberté de vote. Figurant sur la liste socialiste pour les législatives de 1956, il ne fut pas candidat au renouvellement de son siège une semaine plus tard, le 8 juin 1958, « par suite de divergences qui l’ont opposé à la fédération socialiste du Nord » selon une notice des RG. Il dirigea une liste SFIO-PCF aux municipales de mars 1959 mais fut battu par une coalition UNR-MRP-CNI en mars 1959 (puis en 1965). Figurant en 5e position sur la liste socialiste aux sénatoriales le 26 avril 1959, il ne fut pas réélu. Il n’eut pas plus de succès aux législatives de novembre 1958 et novembre 1962 dans la 14e circonscription du Nord. Il se consacra alors à son mandat de conseiller général, présida la commission de l’Éducation nationale de l’assemblée départementale et rédigea alors plusieurs ouvrages. Il fut encore tête de liste d’union socialiste-PCF-PSU en 1965 à sa mairie. Il ne se représenta pas au conseil général en 1967.

André Canivez qui devait décéder des suites d’un accident de la route le 31 juillet 1970 était officier de la Légion d’honneur depuis 1947, officier de l’ordre de Léopold, officier des Palmes académiques et officier de l’Instruction publique. Il s’était marié le 22 août 1908 à Denain avec Fernande Maillet, née le 16 novembre 1886 dans cette ville, qui fut directrice d’école. Ils eurent deux enfants.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article18570, notice CANIVEZ André par Gilles Morin, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 3 janvier 2021.

Par Gilles Morin

[Sénat]

ŒUVRE : Douai et sa vie municipale, Douai, impr. G. Sannier, 1953. — Un quart de siècle au service de Douai et des Douaisiens, Douai, impr. commerciale, 1959. — L’École normale des instituteurs de Douai de 1834 à 1961, Douai, impr. G. Sannier, 1962. — Les Mémoires du PCDF, Douai, impr. commerciale, 1965. — Escaudain mon village, petite histoire et souvenirs de jeunesse de la belle époque, Douai, impr. commerciale, 1966. — Souvenirs. Le 11 août et le 1er septembre 1944, Douai, impr. G. Sannier, s.d.

SOURCES : Arch. Nat., F/7/15491/B, n° 2637 ; F/1b1/998 ; F/1cII/205, 270, 278, 305, 313, 703, F17/25246. — Rapports des congrès SFIO, 1944-1967. — Rapports de congrès fédéraux du Nord, 1945-1967. — Dictionnaire des Parlementaires français, 1940-1958, — Notes de Jacques Girault.

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