RONDENAY André, Louis. [Pseudonymes :André Claude - Lemniscate - Sapeur - Jarry - Jean-Louis Lebel - Francis Courtois]

Par Jean-Louis Ponnavoy

Né le 26 août 1913 à Saint-Germain-en-Laye, exécuté sommairement le 15 août 1944 à Domont (Seine-et-Oise, aujourd’hui Val-d’Oise)  ; militaire d’active  ; résistant de la France libre, membre du BCRA , délégué militaire de la région parisienne.

André Rondenay
André Rondenay

André Rondenay était le fils du général Louis Amédée Rondenay commandant l’école militaire de Saint-Maixent et de Marcelle Andrée Rondenay. Il suivit son père dans ses différentes affectations, à Constantine (Algérie), Paris et Saint-Maixent.

Bachelier en 1930, il fit ses études à Paris, au lycée Janson-de-Sailly puis à l’École Polytechnique en 1933. En 1936, il entra comme sous-lieutenant à l’École d’application de Fontainebleau puis fut affecté au 39e Régiment d’Artillerie à Metz, en juin 1938.

Commandant une batterie sur la ligne Maginot, il prit part à la campagne de France avec son Régiment. Il fut fait prisonnier dans les Vosges le 20 juin 1940 et transféré dans un camp de prisonniers à Sarrebourg puis en Westphalie à l’Oflag VIB. En octobre 1940, il fut interné à l’Oflag XIIB, à Mayence et en janvier 1942 à la forteresse de Colditz, suite à plusieurs tentatives d’évasion, puis en mai à l’Oflag IB, à Lübeck d’où il s’évada le 19 décembre 1942.

André Rondenay parvint à rejoindre la France, grâce à ses faux-papiers, via Hambourg, Francfort, Mayence, Ludwigshafen et Strasbourg.

Après un court séjour, il franchit la frontière espagnole le 25 janvier 1943. Arrêté par la police, interné à Pampelune, il rencontra son camarade de Polytechnique André Boulloche ainsi que Noël Palaud. De nouveau, à l’aide de faux papiers et se faisant passer pour un officier allemand, il s’évada avec Noël Palaud et un autre camarade pour rejoindre l’Angleterre où il arriva le 4 avril 1943. Après plusieurs semaines à Patriotic School, il s’engagea dans les Forces françaises libres sous le nom d’"André Claude", prénoms de son fils.

Volontaire pour des missions spéciales, il fut affecté au Bureau central de renseignements et d’action (BCRA). En compagnie de Noël Palaud, il suivit une formation spécialisée dans le renseignement et le sabotage.

Parachuté en France dans la région de Tours le 13 septembre 1943, sous le pseudonyme de "Jarry", avec son adjoint Noël Palaud "Artilleur", il fut chargé de mettre en place le plan "Tortue" dont le but était de neutraliser les Panzerdivisionen au jour "J" dans le cadre de la mission "Lemniscate". En février 1944, il remplaça André Boulloche, qui avait été arrêté le 12 janvier, comme délégué militaire de la région parisienne et réalisa avec le groupe de la mission « Patchouli » (Marcel Suarès, Pierre Briout et François Fouquat) le sabotage de nombreuses usines évitant de recourir à de meurtriers et destructeurs bombardements aériens : Bronzavia à Courbevoie le 3 mars 1944, Timken à Asnières fin mars 1944, les ateliers de réparation des chars aux usines Renault de Billancourt en avril 1944, usines Rossi à Levallois début mai 1944 et les usines Malicet et Blin à Aubervilliers fin mai 1944.
Nommé délégué militaire de la Zone Nord en avril 1944, il reçut et achemina ses agents vers des destinations très diverses et prit contact avec des organisations de Résistance des PTT pour le sabotage des lignes téléphoniques souterraines à longue distance (Plan Violet) ou des cheminots pour l’application du Plan Vert. Lors du débarquement, il rejoignit les maquis de l’Aube, de l’Yonne et de la Nièvre. Il prit part alors à des sabotages de voies ferrées et d’écluses avec les membres de la mission « Patchouli » et les hommes du maquis "Julien" dirigé par Pierre Henneguier.
Le 13 juin 1944, le colonel Rondenay, attaqua avec ses groupes francs trois compagnies allemandes qui ’apprêtaient à encercler le maquis de Lormes dans la Nièvre permettant à ce dernier de décrocher.

Le 27 juillet 1944, il tomba sous le nom de Jean-Louis Lebel, avec Alain Grout de Beaufort dans une souricière de la Gestapo dans le XVIe arrondissement de Paris, au métro La Muette. Il fut blessé par une balle en tentant de s’enfuir. Subissant les interrogatoires et la torture à la prison de Fresnes où il fut enfermé, il garda le silence.

Le 15 août 1944, il fut conduit à la gare de Pantin en vue de sa déportation, mais ayant été reconnu suite à dénonciation, un officier de la Gestapo le fit descendre du train, ainsi qu’Alain Grout de Beaufort. Ils furent torturés dans la villa de la "Belle Rachée" puis emmenés en forêt de Domont où ils furent fusillés. Leur dénonciateur alias "Petit Breton", cadre du B.O.A. retourné par la Gestapo, avait été exécuté le 5 août au même endroit par la Résistance.

Il est inhumé au cimetière Montparnasse.

Il reçut la croix de chevalier de la Légion d’honneur, fut nommé compagnon de la Libération par décret du 28 mai 1945, décoré de la Croix de guerre 1939-1945, de la Médaille des évadés, de la Médaille de la Résistance avec rosette et de la Distinguished Service Order (britannique).

Son nom figure sur la stèle commémorative (maquis Camille) de Plainefas à Saint-Martin-du-Puy (Nièvre), sur le monument commémoratif de l’École polytechnique, à Paris Ve arrondissement, sur le monument aux fusillés et déportés, à Auxerre (Yonne) et sur le monument commémoratif des fusillés du Carrefour des Quatre-Chênes à Domont (Val-d’Oise).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article185809, notice RONDENAY André, Louis. [Pseudonymes :André Claude - Lemniscate - Sapeur - Jarry - Jean-Louis Lebel - Francis Courtois] par Jean-Louis Ponnavoy, version mise en ligne le 4 octobre 2016, dernière modification le 18 octobre 2019.

Par Jean-Louis Ponnavoy

André Rondenay
André Rondenay

SOURCES : Site de l’Ordre de la Libération.— Biographie Wikipédia.— Jean-Claude Martinet Histoire de l’Occupation et de la Résistance dans la Nièvre 1940-1944, Éd. universitaires de Dijon, 2015.— Joël Drogland, Des maquis du Morvan au piège de la Gestapo- André Rondenay, agent de la France libre, Vendemière, 2019. — Mémorial GenWeb.

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