SLAMA Marcelle, épouse YADAN puis comapgne de Georges ADDA puis de Louis MAZZINI

Par Élise Abassade

Née le 24 janvier 1910 à Tunis ; secrétaire dactylographe ; militante communiste en Tunisie et en France.

Marcelle Mary Slama est la fille aînée des Tunisiens Moïse Slama et Ida Chemla. Sa soeur Denise, plus jeune de quelques années, fut la seule tunisienne à adhérer à l’Union des Jeunes filles de Tunisie dès 1936, année de sa fondation. Marcelle s’investit également au sein du mouvement communiste de Tunisie avant guerre. Elles sont les cousines du militant communiste Ivan Slama. On peut supposer que Marcelle rencontra Georges Adda, de six ans son cadet, en militant dans ce milieu politique ; leur histoire d’amour dura une dizaine d’années.

Le couple arriva à Paris en février 1938. Ils y vécurent « maritalement », selon la police, alors que Marcelle se trouvait en instance de divorce de son époux René Yadan - divorce qu’elle n’obtint vraisemblablement qu’un an et demi plus tard. Les Renseignements généraux français ouvrirent un dossier au nom de Marcelle Slama en mars 1940. Elle et son compagnon firent l’objet d’une surveillance étroite en raison de leur attachement communiste : ils se seraient notamment faits remarquer par la réception, et la lecture « assidue » des numéros de l’Humanité et de brochures politiques, qu’ils recevaient dans leurs différents hôtels et appartement des VIIIe, Xe et XVIIe arrondissements. Secrétaire dactylographe, Marcelle Slama travailla d’abord travaillé aux établissements Rothschild et Cie, vendeurs de machines agricoles. Puis, elle fut employée par le cinéma « Studio-Étoile » dirigé par Georges Adda, sis rue de Troyon, dans le XVIIe arrondissement, à quelques numéros du dernier hôtel où ils logèrent. Marcelle Slama a été, de plus, trésorière de la cellule 890 du PCF avant son interdiction et, selon son entourage interrogé par la police, une « active propagandiste » de l’organisation clandestine. Détentrice d’une simple carte d’identité tunisienne, et non d’un statut de « protégée », elle se trouvait par ailleurs en situation d’infraction. Marcelle inquiétait cependant moins les autorités que Georges Adda, qui exerçait une influence notable et un poste à responsabilités au sein du parti clandestin.

Considérés tous deux comme des « militants communistes dangereux », Georges et Marcelle furent expulsés du territoire français « sans possibilité de retour » par arrêté du ministère de l’Intérieur daté du 20 mars 1940. Ils rentrèrent à Tunis mi-avril, où ils furent domiciliés séparément, Marcelle vivant chez ses parents au 29, avenue de France. Le couple fut séparé : Georges fut placé en résidence surveillée à Zaghouan très peu de temps après son arrivée dans la Régence. La mention de Marcelle sur une liste de victimes de la répression fasciste, en octobre 1945, atteste de son arrestation par la justice vichyste à une date que l’on peut situer vers 1942, à la suite de laquelle elle fut placée en résidence surveillée au 9, rue d’Angleterre, à Tunis. Georges Adda, qui se trouvait alors en résidence forcée à Béja, fut déplacé à l’approche des armées allemandes, le 15 novembre 1942, d’abord à Constantine, puis à Alger. Marcelle, qui soutenait et encourageait son compagnon, le rejoignit. Ils vécurent à Alger sous surveillance jusqu’à une date incertaine, après la libération de la Tunisie par les troupes alliées (mai 1943), puis retournèrent à Tunis.

Marcelle et Georges se séparèrent en 1946. Georges se maria avec Gladys Scialom, qu’il avait rencontrée en 1944 par l’intermédiaire d’amis communs, militants. Elle vécut avec le militant communiste Louis Mazzini jusqu’à la fin de sa vie et, n’étant pas mariés, elle ne toucha pas la retraite de son compagnon. Selon la militante Béatrice Slama, Marcelle « avait des principes » : après son divorce, elle n’avait jamais souhaité épouser quiconque. Dactylo efficace, Marcelle « passait son temps à taper » pour Georges Adda, pour le Parti. Où elle aurait joué, pratiquement toute sa vie, un « rôle obscur mais constant ». Elle mourut, probablement en France, à une date pour l’instant inconnue.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article185820, notice SLAMA Marcelle, épouse YADAN puis comapgne de Georges ADDA puis de Louis MAZZINI par Élise Abassade, version mise en ligne le 4 octobre 2016, dernière modification le 4 octobre 2016.

Par Élise Abassade

SOURCES : Centre des Archives diplomatiques de Nantes, 1TU/701/172 dossier « Marcelle Mary Slama ». — Entretiens avec Béatrice Slama. Entretien avec Catherine Sfez.

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