POMMIER Paul

Par Romain Delmas

Habitant à Tours (Indre-et-Loire). ; Ouvrier serrurier puis patron serrurier ; militant syndicaliste ; blanquiste ; responsable du Parti Socialiste Révolutionnaire à Tours ; secrétaire de la Bourse du Travail de Tours.

Ardent défenseur du groupement syndical et lui-même Secrétaire de la chambre syndicale des ouvriers serruriers dès 1886, il devient le 17 novembre 1891, après avoir fait la demande d’un local auprès du maire, à la création de la Bourse du Travail de Tours, le tout premier secrétaire de la Bourse – place qu’il occupera dix années durant, jusqu’en 1901.
A ce titre, il fut le représentant de la Bourse de Tours au IIIe congrès de la Fédération des Bourses du Travail à Lyon (25-27 juin 1894) et au IVe congrès tenu à Nîmes (9-12 juin 1895). L’année suivante, il fut choisi par la Bourse de Saint-Nazaire et celle de Tours afin de les représenter au Ve congrès qui eu lieu à Tours les 9-12 septembre 1896. Concernant les VIe et VIIIe congrès, respectivement de Toulouse (15-18 septembre 1897) et de Paris (5-8 septembre 1900), il devait représenter les Bourses de Bourges et de Tours. En plus de son activité au sein de la Bourse du Travail de Tours, il fut aussi délégué par un certain nombre de syndicats d’Indre-et-Loire à différents congrès, comme celui de Nantes de septembre 1894 (VIe congrès national des chambres syndicales, groupes corporatifs, fédérations de métiers, unions et Bourses du Travail ). Il participa en outre à l’organisation (secrétaire de la commission d’organisation du congrès) et aux débats du VIIIe congrès (2e de la CGT) qui eu lieu à Tours en septembre 1896. Sa dernière participation à un congrès fut enregistrée au XIe Congrès à Paris, en 1900.
Son travail au sein de la Bourse de Tours fut important. A son départ, en 1901, la Bourse compte pas moins de six outils fonctionnels : un bureau de la Propagande (création de syndicats et de liens entre tous), un autre de Contrôle (organisation des grèves, des caisses et de l’agitation contre les projets de lois), un autre de Statistiques (recensement de tout ce qui se passe dans le département), un bureau de Finances (santé économique de la Bourse), un bureau de la Mutualité (placement des ouvriers, aide aux ouvriers gyrovagues, distribution de nourriture...) et un service de l’Enseignement (bibliothèque, cours). Son rôle de négociateur dans les grandes grèves de 1898 et de 1899 à Tours, permettra à la Bourse de Tours de passer de douze chambres syndicales à vingt-deux, soit un peu plus de deux milles ouvriers en 1899.
A côté de ses activités syndicales, Pommier fut très tôt impliqué dans la vie politique de Tours. En 1884 il fait déjà parti du tout nouveau groupe d’études sociales « La Sentinelle », groupe qui quatre années plus tard, en 1888, devait présenter aux élections municipales de Tours une liste socialiste avec un programme centré sur la question de la lutte de classe. En 1895 il adhère au nouveau « Groupe d’Études Sociales des Travailleurs Syndiqués », groupe réclamant, entre autre, « la suppression de la présidence de la république, du sénat (…) ; l’enseignement obligatoire (…) ; le droit de révocation des députés ». L’année suivante, en 1896, il est un des animateurs du chantier de la Chevalerie du Travail française (débuté en 1895). Cette même année 1896, en opposition aux possibilistes menés par Ludovic Plais, il implante le Parti Socialiste Révolutionnaire à Tours et agira afin de réunir son groupe d’études sociales et son parti aux élections municipales de 1896 sur une liste commune avec comme mot d’ordre : « Vive la République Sociale, A bas le Sénat ». Trois ans plus tard, au premier congrès général des organisations socialistes françaises à Paris, salle Japy, en 1899, Pommier représenta trois groupes de Tours du PSR et la première circonscription électorale où, d’ailleurs, il n’avait pas été candidat. Cette année-là, il quitte les socialistes révolutionnaires pour se rapprocher des socialistes réformistes. Il aurait également participé, en 1900, à la création d’une université populaire à Tours.
En 1901, Pommier démissionne de son poste de Secrétaire de la Bourse du Travail pour se consacrer pleinement à son nouveau poste au Conseil Municipal. Dans les années qui suivent les tensions seront très fortes entre lui et les révolutionnaires de Tours. Tensions qui aboutiront en 1904 au non versement de la subvention municipales pour la Bourse du Travail à l’instigation de Pommier. A partir de 1905, nous n’entendons plus parler de lui.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article185831, notice POMMIER Paul par Romain Delmas, version mise en ligne le 5 octobre 2016, dernière modification le 5 octobre 2016.

Par Romain Delmas

SOURCES : Archives Départementales d’Indre-et-Loire (séries 10M et 1M). — Archives Municipales de Tours (série F). — Compte rendu du congrès. — Hubert-Rouger, Les Fédérations socialistes II, op. cit., pp. 215-216. — Maurice Dommanget, La Chevalerie du Travail française, 1893-1911, Lausanne, 1967, pp. 377-378. — Nicole Philippeau, La Bourse du Travail de Tours et le mouvement ouvrier, 1880 - 1904, mémoire de maîtrise, bibliothèque d’Histoire, Tours — Louis Blot, « La Bourse du travail a soixante ans : étude sur les origines de la bourse du travail et les antécédents du syndicalisme à Tours », in Le Réveil Socialiste, Tours, 1951-1952.

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