CAPELLE Philippe, Jean-Louis, Pierre

Par Alain Dalançon

Né le 6 juillet 1922 à Paris (IVe arr.), mort le 10 avril 2015 à Cugnaux (Haute-Garonne) ; professeur, puis principal de collège ; militant syndicaliste, secrétaire de la section départementale de la FEN du Tarn (1953-1957), secrétaire de la section académique de Toulouse (Haute-Garonne) du SNES de 1955 à 1972, membre de la CA nationale (liste B puis Unité et action) de 1956 à 1971, membre du bureau national titulaire, puis suppléant (1966-1969).

Fils de Bernard Capelle, ingénieur-conseil en électricité originaire de Toulouse et de Rose Capelle professeure de piano, originaire de Paris, Philippe Capelle reçut, comme sa sœur aînée, une éducation traditionnelle catholique mais libérale. Après l’école primaire de quartier parisienne, il fit ses études secondaires au lycée Montaigne, puis au lycée Louis-le-Grand où il obtint le baccalauréat séries philosophie et mathématiques élémentaires en juin et septembre 1939.

Suivant sa famille à Toulouse après la déclaration de la guerre, il y commença des études supérieures de lettres classiques en 1939-1940, puis revint à Paris à la fin de l’année 1940 et termina sa licence à la Sorbonne en 1943. Il épousa le 8 juillet 1943 à Paris (1er arr.) Elisabeth Beucler, licenciée ès lettres, avec laquelle il eut par la suite quatre enfants. Inscrit sur les listes des réquisitionnés pour le Service du travail obligatoire, il réussit à y échapper en se cachant dans divers endroits à Paris.

De la rentrée 1944 à 1946, Philippe Capelle exerça en tant que délégué rectoral de lettres dans divers lycées parisiens (Henri-IV, Charlemagne, Marcellin-Berthelot) tout en préparant les concours. Admissible à l’agrégation des lettres, reçu au certificat d’aptitude à l’enseignement dans les collèges, il fut nommé professeur certifié au collège de Soissons (Aisne) de 1946 à 1952, puis au lycée Lapérouse d’Albi (Tarn) de 1952 à 1966, enfin au lycée Bellevue de Toulouse de 1966 à 1974.

Adhérent au Syndicat national de l’enseignement secondaire au début des années 1950, Philippe Capelle commença à y militer quand il arriva dans le département du Tarn. Il fut d’abord secrétaire de la section d’établissement du lycée d’Albi (1952-1955) et cumula pendant un temps la responsabilité de secrétaire départemental de la FEN (1953-1957). N’ayant pas fait de choix de tendance affirmé au départ, il fut amené à militer dans le courant B du SNES au contact de Camille Canonge et de Robert Romeu. Malgré toute l’estime qu’il portait à Pierre Dhombres, secrétaire général du SNES, il trouvait que la direction autonome ne faisait pas preuve de suffisamment de détermination et restait trop prisonnière de la discipline fédérale imposée par le SNI.

Philippe Capelle succéda ainsi à Romeu comme secrétaire général de la section académique (S3) de Toulouse en 1955 et demeura à cette responsabilité jusqu’en 1972. Tout au long de cette période, il fit équipe avec ce dernier. Ces deux fortes personnalités, entretenant entre eux des liens d’amitié, gérèrent le S3 sans écarter totalement l’ancien secrétaire autonome, Jean Castel, devenu trésorier, dans une certaine indépendance, à la fois vis-à-vis de la direction nationale parisienne et des leaders du courant B. Leur poids personnel dans les débats nationaux et celui du S3 dans la syndicalisation furent une raison supplémentaire du choix de Toulouse comme lieu du congrès national de 1963.

Philippe Capelle fit preuve de cette indépendance, notamment en soutenant vigoureusement, avec Pierre Antonini, secrétaire du S3 de Montpellier, la motion d’André Dufour, secrétaire du S3 de Poitiers, au congrès de 1965, visant à la poursuite de la grève administrative, s’opposant ainsi aussi bien à la direction autonome qu’à une partie des leaders de la liste Unité et action. Dans les débats sur les statuts du nouveau SNES, Capelle et Romeu proposèrent que la CA nationale soit constituée d’élus des S3 et non des tendances, proposition qui ne fut pas retenue. Malgré ces désaccords, Capelle participait activement à la vie de la tendance Unité et Action, continua d’être élu à la CA nationale jusqu’en 1972 et fut élu membre titulaire du BN en 1966-1967, puis suppléant durant le mandat 1967-1969.

En 1966-1967, Philippe Capelle fut co-secrétaire du S3 du nouveau SNES avec Roger Barrau, ancien secrétaire académique autonome du SNET, qui fut remplacé par Rodolphe Enoff quand eurent lieu les premières élections au collège unique. Lors des événements de 1968, Capelle et le S3 veillèrent à ce que le calme demeure dans les établissements scolaires, en maintenant le contact avec les grands élèves et les étudiants. Les relations avec la CGT furent plus difficiles selon lui, celles avec la CFDT et la CGT-FO inexistantes.

Après une vingtaine d’années de militantisme au SNES, où il avait donné beaucoup de son temps pour défendre le second degré et ses personnels, il eut envie de changer. Il avait envisagé de passer dans l’enseignement supérieur après 1968, avait commencé la préparation d’une thèse, donnait des cours à l’université du Mirail, à l’Institut universitaire de technologie et à l’Institut national des sciences appliquées de 1967 à 1972. En 1974, le recteur lui proposa de prendre la direction d’un nouveau collège installé dans des anciens locaux de l’université du Mirail mais dénué de tout matériel. Il accepta le défi et demeura principal de ce collège jusqu’à sa retraite en 1987. Le conseil d’administration du collège émit alors le vœu que son nom soit donné à l’établissement.

Divorcé en 1971, Philippe Capelle s’était remarié en 1972 avec Josette Chamard, professeure, secrétaire de la section syndicale du SNES de son collège. Ils adoptèrent deux jumeaux nés en 1968.

Adhérent du Syndicat national des personnels de direction de l’enseignement de second degré, il n’y prit pas de responsabilité, mais intervint dans le débat consécutif à la scission de la FEN de 1992 pour que le syndicat adhère à la Fédération syndicale unitaire.

Homme de gauche, esprit indépendant, Philippe Capelle ne fut jamais adhérent à aucun parti politique. En 2005, il adhérait à la Fédération générale des retraités.

Curieux d’histoire, il était l’auteur d’une petite brochure sur la Révolution française dans sa ville de résidence, Cugnaux.

Ses obsèques eurent lieu au crématorium de Cornebarrieu (Haute-Garonne).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article18611, notice CAPELLE Philippe, Jean-Louis, Pierre par Alain Dalançon, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 7 février 2021.

Par Alain Dalançon

SOURCES : Arch. IRHSES (arch. S3 Toulouse, congrès SNES, L’Université syndicaliste). — Témoignage de l’intéressé et autres témoignages de militants du SNES.

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