BOUILHAUD-DUVERNAY Henri

Par Pierre Platon

Né le 8 décembre 1916 à Paris, mort le 1er mai 2009 à Avignon (Vaucluse) ; électro-mécanicien ; militant de l’ACO, membre du secrétariat de l’Union départementale des syndicats CGT du Vaucluse.

Henri Bouilhaud-Duvernay fit ses études dans des écoles chrétiennes. Après son baccalauréat, il entra à l’école centrale de TSF, à Paris, privée également et tenue par d’anciens militaires, si bien qu’en 1936, il travailla dans une usine de postes TSF. En 1938, chômeur, il s’engagea pour trois ans dans l’armée de l’air, choisissant la météo. En 1941, quand il fut démobilisé, il se trouva dans le Gard où, en octobre, il épousa une jeune fille du pays, Alexia Bertaudon.. Il trouva alors un emploi réservé à la Société Française de Radio-Électricité, repliée dans la région lyonnaise.
Il demanda bientôt sa mutation pour raison de santé de son épouse et fut affecté comme ouvrier d’État à la caserne Chabran à Avignon (Génie-transmissions). À la suite de l’occupation de la zone sud par les Allemands à la fin 1942, la caserne devint un centre de cantonnement allemand. Son statut fut alors celui d’employé municipal pour des tâches de manutention. En 1943, il fut sur sa demande radié de l’armée et rentra aux « Rapides du Sud-Est » comme électro-mécanicien.
Avec sa famille de quatre enfants, il résida à Avignon aux cités Louis Gros jusqu’en 1956. Là, il participa activement à des œuvres sociales pour enfants. Il fut aussi un des responsables locaux de l’Action catholique ouvrière (ACO) qu’il quitta lorsque le Vatican mit un terme à l’expérience des prêtres ouvriers. Fidèle à sa foi chrétienne, il orienta toujours son action bénévole vers l’aide et la défense de ses camarades de travail.
À la Libération, le syndicat CGT se constitua aux « Rapides du Sud-est », auquel il adhéra et dont il devint le secrétaire. Son action militante lui valut d’être renvoyé des « Rapides du Sud-Est » en 1951 et de se voir interdire tous les transporteurs routiers du Vaucluse. Il retrouva un emploi à la SOMELEC, entreprise de maintenance des installations électriques dans les grands établissements.
Puis, à la faveur d’une politique de recrutement, il entra à la Poudrerie de Sorgues, où il resta jusqu’à sa retraite en 1980. Il devint secrétaire du syndicat CGT peu après son embauche, puis trésorier en 1952. Désigné comme délégué ouvrier à la sécurité (DOS), il joua un rôle important pour la survie de la Poudrerie après l’explosion de juillet 1964. Lorsqu’en 1972 la Poudrerie Nationale fit place à la Société Nationale des Poudres et Explosifs (SNPE) légalement dotée d’un comité d’entreprise, il fut élu secrétaire général du Comité d’établissement avant d’être également secrétaire adjoint du Comité central d’entreprise.
Parallèlement, il devint membre du secrétariat de l’Union départementale des syndicats CGT du Vaucluse, et y assura la responsabilité des stages de formation. En mai 1968, il y assura une permanence constante, du matin au soir, pour coordonner toutes les activités de l’UD lors de cette période de grèves et de vie syndicale très intenses.
Comme représentant de la CGT, il fut administrateur de la CAF (Caisse d’allocations familiales) de 1947 à 1951, puis à la Caisse départementale de la Sécurité sociale de 1953 à 1996, c’est-à-dire au-delà de son départ à la retraite. À ce titre, il siègea aussi pendant trois ans au Tribunal des Affaires de la Sécurité Sociale (TASS).
Sa seule activité politique fut d’avoir été conseiller municipal à Avignon, de 1977 à 1983, dans la municipalité d’Union de la Gauche dirigée par Henri Duffaut.
Henri Bouilhaud-Duvernay est décédé à Avignon le 1er mai 2009.
Son nom a été donné à une place d’Avignon en 2016.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article186296, notice BOUILHAUD-DUVERNAY Henri par Pierre Platon, version mise en ligne le 4 novembre 2016, dernière modification le 3 mars 2020.

Par Pierre Platon

SOURCES : Documentation de l’Institut d’histoire sociale du Vaucluse.

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