CARAMINOT Pierre, Marcel

Par Jacques Girault Gilles Morin

Né le 16 avril 1906 à Rosiers-d’Égletons (Corrèze), mort le 4 septembre 1961 à d’Égletons (Corrèze) ; instituteur, directeur d’ENP ; militant socialiste SFIO ; maire d’Égletons (1947-1959) et conseiller général (1945-1961).

Fils de cultivateurs, Pierre Caraminot entra à l’Ecole normale d’instituteurs de Tulle (Corrèze) en 1923 et y obtint aussi le certificat d’aptitude à l’enseignement de la gymnastique. Pour préparer le concours de l’Ecole nationale de l’enseignement technique, il devint, en 1926, maître d’internat à l’école nationale professionnelle Henri Brisson de Vierzon (Cher). Il entra à l’ENET en 1928 en section EF (lettres). Titulaire en 1930 du certificat d’aptitude au professorat du français et de l’anglais dans les écoles pratiques de commerce et d’industrie, il fut nommé professeur à l’ENP de Vierzon. En 1931, appelé pour le service militaire dans l’infanterie à l’école des officiers de réserve de Saint-Maixent (Deux-Sèvres), il devint sous-lieutenant. Le député socialiste Charles Spinasse, son cousin, le recommanda pour qu’il soit nommé professeur à l’ENP de Saint-Ouen (Seine) en 1933.
Il publia avec François Roussel un ouvrage aux éditions Aubier en 1935 Morale et éducation sociale destiné à l’enseignement technique et à l’enseignement primaire supérieur.

Militant socialiste SFIO, Pierre Caraminot, après la formation du gouvernement de Front populaire, entra au cabinet du ministre de l’économie nationale Spinasse, comme secrétaire du comité national de surveillance des prix. Ce ministère étant supprimé en juillet 1937, il retrouva son poste de professeur à la rentrée d’octobre 1937, et quand Spinasse redevint ministre, Caraminot fut le chef-adjoint de son cabinet, le 26 mars 1938. Le ministre appuya alors sa candidature à partir d’octobre 1938 comme directeur de l’ENP d’Egletons, commune dont il était maire depuis 1929.

Mobilisé à la fin août 1939 dans un régiment de zouaves, Caraminot, fait prisonnier le 25 juin 1940, captif en Allemagne jusqu’au 23 avril 1945, participa aux enseignements donnés dans l’oflag IV D. Toutefois comme d’autres captifs, il approuva la création des cercles Pétain dans les oflags et les stalags. Il fit notamment une conférence avec le sculpteur André Masson qui fut imprimée en 1942 chez Plon, dans la collection « Les cahiers du captifs », sous le titre Deux messages des camps où il adhérait à l’idée d’unité française proposée par le Maréchal Pétain. A la Libération, accusé d’avoir dirigé un centre d’études de la révolution nationale, la direction de l’enseignement technique et la commission nationale d’épuration lui décernèrent un blâme, le 13 décembre 1946. Caraminot réagit vivement. Tous les enseignants de l’ENP protestèrent dans une pétition. Ne pouvant pas prendre connaissance du dossier pour sa défense, il demanda la convocation d’un jury d’honneur composée d’anciens captifs qui se réunit à Brive, 16 janvier 1947. Selon le compte rendu des débats, ses participants ne trouvèrent dans son attitude, aucun encouragement à la collaboration dans le cercle d’études « Famille et Education » qu’il créa et anima dans l’oflag. Ils estimèrent que l’accusé n’était pas « indigne de faire partie de notre association nationale des prisonniers de guerre ». Ce blâme fut annulé par le Conseil d’Etat, le 29 octobre 1948. Pourtant la suspicion demeura et le dirigeant socialiste Jean Montalat écrivait en juillet 1950 que Caraminot serait resté fidèle à Spinasse, rallié au vichysme.

Aux élections municipales d’Égletons le 10 octobre 1947, la liste qu’il conduisait l’emporta et il devint maire socialiste SFIO. Sa liste fut réélue en 1947 et en 1953. Elle fut battue en 1959 par une coalition des partisans de Spinasse, du MRP et de la droite, mais Caraminot resta conseiller municipal jusqu’à son décès.

Élu conseiller général en 1945, il fut réélu en 1951 dans un duel avec le communiste Francis Rougerie, qu’il battit par 2 005 voix contre 1 074.

Secrétaire adjoint de la fédération SFIO en juillet 1949, Pierre Caraminot tenta d’être investi par la SFIO pour figurer sur la liste de défense républicaine, constituée avec les radicaux et le MRP sous le patronage de Queuille pour les élections législatives de juin 1951. Les militants lui préférèrent Montalat à cette occasion, mais il fut investi sur la liste SFIO avec ce dernier aux élections législatives de 1956

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article18648, notice CARAMINOT Pierre, Marcel par Jacques Girault Gilles Morin, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 7 janvier 2021.

Par Jacques Girault Gilles Morin

SOURCES : Arch. Nat., F/1cII/288. F/1cII/319. F/1cIV/152, 157. F/1cII/217 ; F17/27227. — Arch. OURS, dossiers Corrèze.

ŒUVRE : Le fichier de la BNF comprenait trois références (voir texte de la notice).

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément