BURLE Jean, Émile, Séraphin

Par Robert Mencherini

Né le 10 juin 1923 à Clamensane (Basses-Alpes, Alpes-de-Haute-Provence), exécuté sommairement le 31 mars 1944 probablement à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; résistant, participant à un maquis de l’Armée secrète (AS).

Jean Burle, fils de Séraphin François Burle et de son épouse Victoria Sauve, est né dans une famille d’agriculteurs du petit hameau de Meynard, commune de Clamensane, dans la vallée du Sasse. Il rejoignit le petit maquis Robespierre, installé, à l’automne 1943, au col de Blaux, entre Gap et Sisteron, la vallée de la Durance et le pays du Caire, sur la commune de Curbans (Basses-Alpes, Alpes de Haute-Provence). Les effectifs de ce maquis ne dépassaient pas une vingtaine d’hommes et l’armement, très réduit, avait été récupéré sur l’armée italienne en déroute. Le commandement était assuré par Henri Silvy*. Ce maquis fut attaqué par les troupes allemandes dans la nuit du 11 au 12 décembre 1943. La maison dans laquelle le maquis était établi fut dynamitée par les Allemands le
 12 décembre vers 11 h 30.

Quatorze maquisards furent faits prisonniers, incarcérés à Gap, puis aux Baumettes (Marseille, Bouches-du-Rhône). Treize d’entre eux furent traduits devant le tribunal militaire allemand de la zone Sud. Les sources divergent quant au lieu où siégea ce tribunal, Lyon (Rhône) ou Nîmes (Gard), le 6 mars 1944. Jean Burle fut condamné à mort avec ses camarades Paride Cadegiani*, Pascal Incollinco*, François Lluch*, Jean Martinigol*, André Poggioli*, Pierre Queirel*, Henri Silvy*, André Vacher* et Jean Venture*.
 Deux résistants italiens furent condamnés aux travaux forcés et Teyssier, le dernier arrivé au maquis, fut déporté.
Les dix condamnés à mort sont présumés avoir été fusillés à Marseille, le 31 mars 1944. Un témoin affirme que, ce jour-là, ils ont été extraits, à 17 heures, de leurs cellules de la prison des Baumettes. Le 1er avril 1944, le « conseiller supérieur du conseil de guerre », Hamann, informa, depuis Lyon, le préfet de la région de Marseille de l’exécution des condamnés pour « activité de francs-tireurs ». Le tribunal militaire allemand refusa d’indiquer aux familles le lieu d’inhumation des corps qui ne furent pas retrouvés.
Une stèle fut érigée au col de Blaux en juillet 2007 en souvenir des membres du maquis. Les dix noms des maquisards fusillés sont également gravés, avec une orthographe incertaine, sur le monument aux morts de Curbans. Le nom de Jean Burle, reconnu « Mort pour la France », figure sur ces deux mémoriaux. Il est également inscrit sur la plaque commémorative paroissiale de l’église de Clamensane, (« À la mémoire de Jean Burle, fusillé à Lyon le 31 mars 1944 »), sur le monument aux morts de cette localité et, à Manosque, sur le monument commémoratif de la Résistance des Basses-Alpes.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article186621, notice BURLE Jean, Émile, Séraphin par Robert Mencherini, version mise en ligne le 26 novembre 2016, dernière modification le 24 septembre 2018.

Par Robert Mencherini

SOURCES : Arch. dep. des Bouches-du-Rhône, 76 W 117, tribunal du commandant, territoire d’armée, France Sud, 1er avril 1944 — Arch. dep. des Bouches-du-Rhône, 76 W 117, le préfet de la région de Marseille à l’administrateur de la ville de Marseille et aux maires d’Arles et d’Allauch, 7 avril 1944 — Jean Garcin, De l’armistice à la Libération dans les Alpes-de-Haute-Provence, Manosque, Imprimerie Vial, 1990 — Robert Mencherini, Résistance et Occupation (1940-1944), Midi rouge, ombres et lumières, t.3, Paris, Syllepse, 2011 — Notes de Thomas Pouty — État civil.

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