LACROIX Henri, Eugène

Par Benoit Willot

Né le 16 janvier 1872 à Paris (XIIe arr.), mort le 16 juin 1924 à Joinville-le-Pont (Seine, Val-de-Marne) ; bijoutier, conseiller municipal socialiste de Joinville-le-Pont (1912-1919).

Henri Eugène Lacroix est le fils de François Eugène Lacroix et Célina Henriette Messier, domiciliés à Paris (XIIe arr.) puis à Maule (Seine-et-Oise, Yvelines). Il épousa Flore Georgette Delafond, brodeuse, en juin 1901 à Paris. — il divorça en mai 1916 et se remaria avec Jeanne Louise Boulet en juillet 1918 à Neuilly-sur-Seine (Seine, Hauts-de-Seine).
Exerçant la profession de bijoutier, il s’installa à Joinville-le-Pont (Seine, Val-de-Marne) avant 1901. Il s’y engagea alors dans la vie politique et associative. En mars 1901, il fut élu président de la section de Joinville-le-Pont de la Ligue des droits de l’Homme qui venait d’être constituée.
Henri Lacroix signait des articles dans des hebdomadaires politiques locaux paraissant dans la banlieue sud-est de Paris, Le Réveil socialiste (1906), Tribune socialiste (1908) et La Voix socialiste (1909-1910). Il y insiste notamment sur les problèmes de son quartier de Polangis, à Joinville.
En janvier 1907, il lança dans l’Humanité une souscription en faveur d’un autre Joinvillais, avec lequel il entretient des relations étroites, Émile Lebègue. C’est le responsable de l’Union des sections SFIO de la deuxième circonscription de Sceaux, qui se trouve alors dans une « situation pénible ». Lacroix est secrétaire du groupe de Joinville de la 37e section du parti socialiste dans le département de la Seine, la section étant à l’échelle du canton de Saint-Maur.
Après avoir été candidat sur des listes socialistes, qui n’obtinrent pas d’élus, en 1904 et 1908, Henri Lacroix entra au conseil municipal de Joinville-le-Pont lors des élections de mai 1912. Il siègea en compagnie de six autres adhérents de la SFIO, dont Émile Lebègue et Georges Laruelle. Le maire était Achille Ernest Mermet, radical dissident. Sa liste avait fusionné avec celle des radicaux dissidents, les libéraux et l’emporta au second tour contre les radicaux-socialistes. Le conseil était composé de sept socialistes, dix radicaux dissidents et six libéraux. Lacroix continua son activité d’élu local pendant la Première Guerre mondiale, étant mobilisé mais affecté en région parisienne.
Lacroix veanit tous les jours à la mairie, où il était délégué au paiement des allocations aux femmes de mobilisés, ce qui était, remarque Louis Rey, un de ses adversaires radical-socialiste dans l’hebdomadaire Voix des communes « un poste bien difficile » et fait de lui l’élu « contre lequel on médit le plus », même s’il considère qu’il était incapable des détournements dont on l’accusait. Il démissionna de cette fonction en juin 1915. Lacroix s’opposa à la hausse du prix du gaz, votée par la mairie.
En 1916, Lacroix fut en service à la préfecture de la Seine. — il prit publiquement position pour défendre le maire Ernest Mermet (radical dissident), mis en cause dans sa gestion des fonds de guerre.
Lacroix ne fut pas candidat au premier tour lors du scrutin communal de 1919. — il rejoignit un ancien conseiller municipal socialiste, Georges Laruelle, au second tour sur la liste SFIO, en vingtième position. La liste obtient 502 suffrages en moyenne (33 %) et n’eut pas d’élu, Lacroix arrivant en tête avec 519 votes (34,1 %). La liste d’Union républicaine et sociale, conduite par Henri Vel-Durand, remporta tous les sièges. — elle rassembla des radicaux dissidents, des radicaux-socialistes et des socialistes indépendants, anciens membres de la SFIO (Périn, Caperon).
En 1920, Henri Lacroix adhéra au nouveau parti communiste, comme l’ensemble de la section SFIO de Joinville. Il n’eut plus d’activité politique publique mais resta membre du Pcf, qui salua sa disparition en tant que camarade en 1924.
Henri Lacroix a eu deux filles. Il décèda à Joinville-le-Pont le 16 juin 1924, à l’âge de 52 ans.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article186874, notice LACROIX Henri, Eugène par Benoit Willot, version mise en ligne le 13 novembre 2016, dernière modification le 13 novembre 2016.

Par Benoit Willot

SOURCES : Arch. Paris (état-civil). — Arch. Hauts-de-Seine (état-civil). — Arch. Dép. Val-de-Marne (état-civil, recensements, Listes électorales, élections). — L’Humanité, quotidien, 1907-1924. — XIXe siècle, quotidien, 19 mars 1901. — Le Radical, quotidien, 26 mars 1901. — La Lanterne, quotidien, 26 mars 1901. — Le Rappel, quotidien, 1901. — Voix des communes, hebdomadaire, 1901-1916. — Gazette de l’Est, hebdomadaire, 1916-1924. — Le Réveil socialiste, hebdomadaire, 1906. — Tribune socialiste, 1908. — La Voix socialiste, hebdomadaire, 1909.

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