ROUGET Guy

Par Robert Kosmann

Né le 14 août 1952 à Yffiniac (Côtes-d’Armor) ; régleur sur machines chez Citroën puis tourneur chez Renault à Billancourt (Seine, Hauts-de-Seine) ; militant et délégué CGT Renault (1975-2014), permanent de la Fédération CGT des travailleurs de la Métallurgie (2000-2011) ; militant communiste (1970-2014), responsable de la section PCF Renault (1993-2000), membre du bureau fédéral PCF des Hauts-de-Seine (1994-1998).

Le père de Guy Rouget, Lucien Rouget, manœuvre dans les abattoirs en Bretagne, décéda en 1965. Son épouse Jeannine, née Delahaie, éleva sept enfants. La famille était communiste et participa à la création d’une cellule dans la petite ville d’Yffiniac, dont Guy Rouget et plusieurs membres de sa famille furent les premiers adhérents, en 1970. Guy Rouget effectua ses études au collège d’enseignement général Racine de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) jusqu’en classe de quatrième puis effectua trois années au lycée technique Curie dans la même ville (1968-1971). Il obtint un CAP de tourneur en 1971.

Monté à Paris en octobre 1971, il s’embaucha aux usines Citroën de Nanterre (Hauts-de-Seine) où il fut employé comme régleur jusqu’en décembre 1972, avant sa période de service militaire d’un an en Bretagne. Il revint en décembre 1973 à l’usine Citroën de Clichy (Hauts-de-Seine) comme rectifieur, en équipe de nuit. L’ambiance imposée par le syndicat maison, la CSL, lui déplaisait et il était attiré par le prestige des usines Renault, sur le plan social. Il démissionna en janvier 1975. Il fut embauché chez Renault le 15 férvrier 1975, comme tourneur P2 à l’atelier 70 de Billancourt où il effectua toute sa carrière. Il passa P3 en 1978 et ATP en 1986. En 2000, l’atelier fut délocalisé à Cléon (Seine-Maritime) et « la bataille syndicale permit aux salariés refusant cette délocalisation d’être reclassés à Rueil (Hauts-de-Seine) », dont lui-même.

Guy Rouget avait adhéré à la CGT dès 1970, en Bretagne. Il ne fut pas adhérent chez Citroën et reprit sa carte en 1975 à son entrée chez Renault. Il fut mandaté sans interruption de 1977 à 2000, comme délégué du personnel (1977-1984), délégué au Comité d’Entreprise (1984-1986), délégué CHSCT (1993-1995) et délégué syndical (1995-2000). En 2000, il fut détaché de l’entreprise pour devenir permanent de la Fédération des travailleurs de la Métallurgie pour la Région parisienne (2000-2011). Il fut membre de la direction fédérale de la CGT métallurgie de 2001 à 2009. Il prit sa retraite en novembre 2012.

Influencé par les débats avec un grand père « admirateur de Staline  » et un oncle communiste et responsable CGT aux PTT en Bretagne, Guy Rouget, adhéra également au PCF dès 1970. Après l’armée et le passage chez Citroën, il adhéra à nouveau au PCF, tout comme il avait repris sa carte à la CGT. Il suivit l’école élémentaire du PCF en 1978, l’école centrale d’un mois à Choisy-le-Roi, puis, en 1993, l’école centrale de quatre mois où les enseignants étaient, entre autres, Arnaud Spire, Maxime Gremetz et Claude Billard. Dans l’usine, il était membre de la cellule Marcel Paul, dont le secrétaire était Daniel Lacroix. Il fut élu au bureau de sa cellule puis devint premier secrétaire de la section Renault (1993-2000) avant d’être nommé au bureau de la fédération des Hauts-de-Seine (1994-2000). Bénéficiant de décharges pour ses différents mandats syndicaux, Guy Rouget fut de fait permanent à l’usine, entre 1984 et 2000. Il était très proche de Pierre Léri, un des dix de Billancourt et de sa famille, dont son beau-père Georges Marchais. Ayant pour l’essentiel toujours fait confiance à son parti, il soutint les différentes directions du PCF. Il avait mené la « lutte pour les libertés » avec les « dix de Billancourt ». À la même époque, il avait également développé la propagande pour la « neutral » la petite voiture populaire promue par la CGT. Il constatait rétrospectivement la difficulté à mobiliser les salariés de Billancourt pour ces actions (« les ouvriers restaient sur les chaînes ») mais considérait « que ces actions propagandistes avaient fait avancer les idées et peser dans la bataille pour l’emploi et l’avenir de Renault ».

En 2014, il considérait certaine conceptions communistes dépassées, à l’image du « rôle dirigeant de la classe ouvrière  » ou celui d’un « parti dominant  », lui-même ayant toujours réfuté la conception des minorités agissantes promue par « le gauchisme ». Il continuait de penser que la notion de « gauche », au sens de « peuple de gauche », avait un sens et un avenir en France.
Sur le plan personnel, Guy Rouget vivait avec Ginette Léauté, infirmière et militante CGT. Il est le père de deux enfants.

En 2014, il était toujours adhérent du PCF à la section de Boulogne-Billancourt. Il était parallèlement adhérent de la section CGT des salariés Renault à Rueil et animateur de la Confédération Nationale du Logement (CNL) à Boulogne Billancourt, depuis 2002.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article187209, notice ROUGET Guy par Robert Kosmann, version mise en ligne le 23 novembre 2016, dernière modification le 23 novembre 2016.

Par Robert Kosmann

SOURCES : Arch PPo. ─ Arch. Dép. de Seine-Saint-Denis, Fonds de la section PCF Renault. ─ Entretien avec Guy Rouget en avril 2014.

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