COCHE René, Eugène, Pierre

Par Daniel Grason

Né le 3 mai 1926 à Vanves (Seine, Hauts-de-Seine), exécuté le 10 juin 1944 à La Ferté-Saint-Aubin arrondissement d’Orléans (Loiret) ; étudiant ; résistant des Forces Françaises Combattantes (F.F.C.).

Fils de Thomas André Coche, entrepreneur de travaux publics, et de Marguerite Berthe Nicklich, sans profession, René Coche était élève du lycée Michelet à Vanves où il habitait 46 rue de Paris. Son frère aîné Pierre, élève-pilote dans l’aviation militaire, rallia Londres à la fin du mois de juin 1940 avec des camarades de sa compagnie. Le jeune René, passionné d’aviation, fabriquait des modèles réduits avec ses amis, Serge Soreph et son frère Claude-Soreph. Au début de 1943, il rejoignit le corps franc Liberté des Forces Françaises Combattantes (F.F.C.) d’obédience gaulliste, sous les ordres de Claude Soreph et participa à des entraînements en vallée de Chevreuse . En effet, des formations furent dispensées à des dizaines de jeunes : entraînement militaire, maniement de la mitraillette, lancement de grenades… Distribution de Défense de la France, Résistance ou Essor de l’Organisation civile et militaire de la jeunesse (O.C.M.J.). En prévision du débarquement des cantonnements avaient été aménagés dans plusieurs fermes de la Ferté-Saint-Aubin pour accueillir des étudiants susceptibles de rejoindre les maquis en Corrèze.
Radio-Londres donna le signal de la mobilisation, deux messages furent diffusés : « La Lune est pleine d’éléphants verts », puis le 6 juin le débarquement : « Les carottes sont cuites ». René Coche, bien qu’affaibli par une récente maladie, partit de Paris le 6 juin au soir, à bicyclette en compagnie des Soreph et d’André Parent et rejoignit la ferme du By dans le Loiret. D’autres étudiants de Jeanson de Sailly, Henri IV, Saint-Louis, Michelet à Vanves (Seine, Hauts-de-Seine)… firent de même parfois vers d’autres refuges.
Le vendredi 9 juin au matin, madame Beaumarié de la Ferté-Saint-Aubin vint en raison d’indiscrétions faire part de ses craintes. La nouvelle de l’arrestation à Paris de Philippe Wacrenier, chef du corps franc Liberté au sein du réseau Vélites-Thermopyles confirma qu’il y avait des risques à rester au By. Dans la soirée, ils étaient seize étudiants dans la ferme. Vers 22 heures, un homme se présenta, il ne connaissait pas le mot de passe, méfiant René Coche n’ouvrit pas. L’individu envoyé en reconnaissance Lucien Lussac, était un agent d’infiltration du S.D. (Sicherheitsdienst) Service de renseignements de la S.S. de Blois (Loir-et-Cher). Avec Guy Eymard dit Gérard, étudiant, ils infiltrèrent plusieurs groupes de résistants.
Le samedi 10 juin vers cinq heures du matin, des agents du S.D. accompagné de trois français firent irruption dans la ferme du By, trois résistants parvenaient à se cacher. Parmi les étudiants, André Parent sortit une carte qu’il tendit aux hommes du S.D., il était du même service. Il indiqua qu’il n’y avait pas d’armes au By. Emmené à l’écart de la ferme, seize jeunes dont René Coche furent abattus à la mitrailleuse, puis d’une balle dans la tête.
Les trois auxiliaires des nazis furent jugés pour « intelligence avec l’ennemi ». André Parent le 16 janvier 1945 par la cour de justice d’Orléans, condamné à mort a été fusillé le 7 février 1945. Guy Eymard a été condamné à mort par la cour de justice d’Orléans le 4 juin 1946 et fusillé le 12 juillet 1946. Quant à Lucien Lussac, condamné par la même cour le 23 juin 1946, il a été fusillé.
L’inhumation de René Coche se déroula au cimetière de Vanves, où son nom fut inscrit sur le Monument aux Morts et où une rue porte son nom. Il est également gravé dans la Nécropole nationale Bellefontaine à La Ferté-Saint-Aubin.
René Coche a été reconnu Mort pour la France et homologué au titre des Forces Françaises Combattantes et Interné- résistant.

Voir La Ferté Saint-Aubin, Marcilly-en-Villette (Loiret) 10 juin 1944

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article187247, notice COCHE René, Eugène, Pierre par Daniel Grason, version mise en ligne le 14 décembre 2016, dernière modification le 14 juillet 2019.

Par Daniel Grason

SOURCES : Bureau Résistance GR 16 P 134821. – Claude Dewaele, « La vie de Camille Georget », 2004. – Patrice Miannay, Dictionnaire des agents doubles dans la résistance, Le Cherche-Midi, 2005. – Georges Joumas, La tragédie des lycéens parisiens résistants 10 juin 1944 en Sologne, Corsaire Éditions, 2014 .— Site internet GenWeb. – État civil.

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