SIRVEAUX François, Joseph

Par Michel Thébault

Né le 16 août 1913 à Saint-Bresson (Haute-Saône), mort en action le 17 juillet 1944 à Boissieux, commune de Châtelus-le-Marcheix (Creuse) ; militaire, sous-officier de l’École de la Garde de Guéret ; résistant FFI -AS.

A 20 ans au moment de la conscription, François Sirveaux s’engagea par devancement d’appel au 35ème régiment d’infanterie en garnison à Belfort (Territoire-de-Belfort). Promu caporal puis caporal-chef, il décida de changer de corps et intégra la 8ème légion de la Garde Républicaine Mobile (LGRM) à Besançon (Doubs) avec laquelle il fit la campagne 1939 – 1940. Poursuivant malgré la défaite et la démobilisation d’une grande partie des forces militaires françaises, sa carrière dans l’armée, il fut affecté à la fin de l’été 1940, en zone libre, au 2ème escadron du 5ème régiment de la Garde, stationné à Bellac (Haute-Vienne). Il fut promu maréchal des logis-chef à pied en 1942. Fin 1943, il fut détaché à l’École de la Garde de Guéret, en cours de création. L’école de la Garde était la seule école militaire subsistant sous autorité française. Elle ouvrit ses portes le 24 novembre 1943, à la caserne des Augustines à Guéret (Creuse), après de longues tractations entre le général directeur de la Garde et les autorités d’occupation. Ayant pour mission la formation d’élèves officiers, d’élèves gradés et de gardes, ses effectifs totaux étaient à la veille du 6 juin 1944, d’environ 500 hommes, ce qui en faisait la seule force militaire d’importance du département de la Creuse. Le 7 juin 1944, Albert Fossey, alias commandant François, chef départemental des FFI de la Creuse, dirigea la première libération de Guéret à la tête des maquis de la Creuse. Il obtint grâce à ses contacts personnels avec le directeur des études, le commandant Corberand, le ralliement à la Résistance de la majorité des effectifs de l’école. François Sirveaux entré dans la Résistance le 6 juin 1944, participa avec les gardes à la libération de Guéret au côté des FFI et aux combats des 7 et 8 juin 1944. Le 9 juin, une opération allemande massive fut organisée pour reprendre la ville, avec l’assaut en provenance de Montluçon de troupes de la Wehrmacht appuyée par l’aviation. Au sud et à l’est des éléments blindés et motorisés de la division Das Reich furent chargées de contrôler les routes et d’empêcher le repli des résistants. Au vu de la disproportion des forces, les chefs de la Résistance ordonnèrent le repli et la dispersion de leurs forces. L’école de la Garde se replia vers Janaillat, 25 km au sud-ouest de Guéret. Malgré les mitraillages de l’aviation allemande et l’arrivée dans l’après-midi des unités de la division Das Reich, l’essentiel des troupes de la Garde avec leur matériel parvinrent à se replier dans le sud de la Creuse où elles constituèrent toute une série de petits maquis et intégrèrent le corps des FFI de la Creuse sous l’autorité de l’AS.
A la mi-juillet 1944, des éléments de la brigade Jesser, une formation militaire allemande, composée d’éléments disparates de la Wehrmacht, des SS et de divers services de police, entra en Creuse pour organiser la répression contre les forces de la Résistance. L’une des colonnes (colonne rapide du commandant Coqui, régiment de sécurité motorisé n°1000) entra dans le département et se dirigea vers les secteurs de Bourganeuf et d’Aubusson. Le 1er bataillon du régiment 1000 (commandant Vonalt) installa à Bourganeuf (Creuse) son PC opérationnel. A partir du 16 juillet en particulier, le commandement fit rayonner ses compagnies à partir de la ville avec l’objectif d’accrocher les groupes de maquisards présents dans le sud de la Creuse pour les éliminer. L’escadron 2/5 auquel appartenait François Sirveaux était cantonné sur la commune de Châtelus-le-Marcheix, dans les hameaux de Boissieux et de Villemonteix. Il avait vraisemblablement été repéré les jours précédents par des Francs Gardes de la Milice, auxiliaires à cette occasion de l’armée allemande et qui avaient conduit des reconnaissances discrètes dans le secteur sous des motifs d’emprunt. Le 17 juillet 1944, en fin d’après-midi, vers 17 h. un détachement allemand précédé d’une cinquantaine de cyclistes parvint à Boissieux. L’avant-poste de la Garde ouvrit le feu, immédiatement secouru par le peloton de la Garde sous les ordres de René Bongeot qui en l’absence du commandant d’unité en avait pris le commandement. L’arrivée de renforts allemands contraignit l’unité de la garde au repli. François Sirveaux fut tué dans l’engagement. La citation attachée à sa Médaille militaire attribuée après-guerre fournit une indication sur les conditions de son décès : « Remarquable sous-officier et résistant dès le 6 juin 1944 … A été grièvement blessé le 17 juillet 1944 lors d’un combat inégal. Refusant de se rendre, a été sauvagement achevé. Belle figure de patriote ». L’historien de la Résistance creusoise Marc Parrotin qui a mené pour la rédaction de son ouvrage « Le temps du maquis » paru en 1984, des enquêtes de terrain auprès des témoins indique (sans préciser ses sources) : « Peu après le combat, un vieux paysan, prenant les Francs Gardes de la Milice pour des Gardes, les invite à secourir les deux blessés dont il indique le refuge dans un fourré. Les miliciens, heureux de l’aubaine, se portent à l’endroit indiqué et y achèvent sauvagement François Sirveaux et Arsène Champion ».
Il fut déclaré Mort pour la France et son nom figure sur le monument aux morts de sa commune natale Saint-Bresson (Haute-Saône). Il fut homologué à titre posthume au grade d’adjudant FFI à compter du 16 juillet 1944. Il reçut également à titre posthume la Croix de guerre 1939 – 1945 et la Médaille militaire avec citation à l’ordre de l’Armée. Son nom figure sur la stèle des héros de l’ancien escadron de Bellac, sur le mémorial de la Résistance creusoise à Guéret et sur deux stèles dressées à Boissieux et au Pont de Murat (Saint-Dizier-Leyrenne). Il figure enfin sur la plaque « in memoriam » de la caserne de gendarmerie de Guéret (aujourd’hui caserne Bongeot). Son nom a été donné à la 60ème promotion d’élèves-gendarmes de l’école du Mans (Sarthe).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article187251, notice SIRVEAUX François, Joseph par Michel Thébault, version mise en ligne le 26 novembre 2016, dernière modification le 12 mars 2020.

Par Michel Thébault

SOURCES : Amicale des cadets de la GardeLa Garde en Creuse, été 1944 — Marc Parrotin Le temps du Maquis, Histoire de la Résistance en Creuse Ed. Verso 1984 et Mémorial de la Résistance creusoise Ed. Verso 2000 — mémorial genweb — Site Mémoire des Hommes.

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