CAROL Olivier

Par Jacques Girault

Né le 1er juin 1908 à Tourtrol (Ariège), mort le 11 novembre 1985 à Foix (Ariège) ; instituteur ; secrétaire de la section de l’Ariège du SNI (1945-1960) ; maire socialiste de Foix (1965-1985) ; conseiller général du canton de Foix (1966-1985).

Fils d’un instituteur d’origine paysanne, tué à Verdun en août 1917, socialiste, républicain et laïque, Olivier Carol ne reçut aucun sacrement religieux. Pupille de la Nation, élève de l’école primaire supérieure de Mirepoix, il entra à l’École normale d’instituteurs de Foix en 1925 et fut joueur de rugby pendant sa scolarité à l’Union sportive fuxéenne. Il se maria en septembre 1932 à Pamiers (Ariège) avec une institutrice. Le couple eut deux enfants.
Après le service militaire qu’il termina à l’École des officiers de réserve de Saint-Maixent, Carol fut nommé instituteur à Freychenet, puis en poste double à Aleu, à Bélesta, au Peyrat, à Méras et Loubaut, enfin, en octobre 1937, à Lézat-sur-Lèze où il resta neuf ans. Il fut nommé au cours complémentaire de Foix en 1946 et termina sa carrière comme directeur de cet établissement devenu collège d’enseignement général. Il habitait Montgailhard, où son épouse enseignait, et s’installa à Foix en 1952. Il fut mobilisé en 1939 comme lieutenant à Rivesaltes, puis à Pau.
Membre du conseil syndical de la section départementale du SNI de 1932 à 1939, militant du Parti socialiste SFIO depuis 1928 (ou 1929 selon son témoignage), il devint membre de la commission exécutive de la fédération socialiste en 1934 et le resta une vingtaine d’années.
Membre du Parti socialiste clandestin à partir de février 1942, Carol fut le secrétaire du parti pour l’arrondissement de Pamiers à la Libération.
_Membre du conseil syndical, il fut le secrétaire de la section départementale du Syndicat national des instituteurs de 1945-1946 à 1960-1961. Élu au conseil départemental de l’enseignement primaire en 1951, il démissionna collectivement à la demande du SNI pour protester contre la politique répressive du gouvernement et sa politique antilaïque à la fin de 1953 et fut réélu en janvier 1954.
Au début des années 1950, secrétaire de la section départementale de la Fédération de l’éducation nationale, il exerça cette responsabilité pendant une dizaine d’années. Délégué au congrès national du SNI, il fut assesseur de la séance du 17 juillet 1953. Il participa à la création des instances départementales des œuvres enseignantes d’esprit mutuelliste ainsi qu’à la Fédération des œuvres laïques et à la Ligue de l’enseignement. Profondément laïque, « un peu sectaire jusqu’en 1965 », il fut « plus tolérant par la suite ».
Socialiste SFIO, Carol fut candidat aux élections municipales de mai 1945 à Lézat-sur-Lèze. Partisan du « non » au référendum de l’automne 1958, il ne quitta pas le Parti socialiste SFIO. Lors de l’inauguration de l’école Lucien Goron, il présenta dans son discours en mars 1954 le professeur des écoles normales spécialiste de la géographie des Pyrénées ariégeoises. Il fut candidat aux élections municipales de Foix en 1959 sur une liste socialiste-divers gauche qui fut battue. À la tête d’une liste d’union de la gauche, en mars 1965, il devint maire de Foix et fut réélu en 1971 et en 1977. En 1983, après des difficultés pour se faire reconnaître comme tête de liste, il fut imposé par une commission nationale d’arbitrage, pour conduire une liste d’union de la gauche qui ne fut élue qu’à la suite d’une triangulaire au deuxième tour. Il contribua à la modernisation de la ville durant ses mandats (eau, écoles, équipements sportifs et culturels, hôpital).
Carol devint conseiller général le 27 février 1966, à la suite du décès du conseiller général socialiste, avec 4 050 voix sur 10 293 inscrits. Il fut constamment réélu (8 mars 1970, 7 mars 1976, 21 mars 1982) dans le canton de Foix-ville et devint vice-président de l’assemblée départementale. Suppléant du député socialiste Gilbert Faure en 1973, il fut aussi conseiller de la région Midi-Pyrénées, désigné en tant que maire (1973, 1983).
Carol avait fait partie du comité départemental de soutien à François Mitterrand pour les élections présidentielles de 1965. Il l’accueillit dans sa ville en 1982, mais désapprouva le caractère officiel de ce voyage. Quatre ans plus tard, il se montrait hostile à la cohabitation.
Son nom fut donné au centre social et socio-culturel de Foix.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article18730, notice CAROL Olivier par Jacques Girault, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 13 janvier 2021.

Par Jacques Girault

SOURCES : Arch. Nat., CAC, 19830172, art. 72, 101, 166. — Arch. com. de Foix. — Arch. FEN (L. Frajerman). — Arch. OURS, dossiers Ariège. — Arch. FJJ/6EF73/2. — Presse syndicale. — Notice de B. Labrousse dans le Recueil des politiques ariégeoises. — Renseignements fournis par l’intéressé, par ses fils, par le conseil général de l’Ariège et par Gilles Morin. — État civil de Tourtrol.

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