CAROLA Michel

Par André Balent

Né le 14 février 1896 à Perpignan (Pyrénées-Orientales), mort en déportation le 20 avril 1945 à Buchenwald ; cheminot (facteur à la Compagnie du Midi puis à la SNCF) ; militant socialiste SFIO et syndicaliste CGT des Pyrénées-Orientales ; conseiller municipal de Perpignan ; résistant (Combat, Libération-sud).

Cheminot à la Compagnie du Midi, puis au PO-Midi, enfin à la SNCF, Michel Carola fut en poste en gare de Perpignan où il exerça les fonctions de facteur.

Michel Carola milita activement, à partir de fin des années 1920, dans les rangs de la section socialiste SFIO de Perpignan. Il fut candidat aux élections municipales du 6 mai 1929 sur la liste socialiste conduite par Jean Payra. Il obtint 3 136 voix et fut battu, Jean Payra étant le seul élu de la SFIO à l’issue du second tour de scrutin. En 1934, il fut élu au conseil d’arrondissement du canton de Perpignan-Est. Il fut à nouveau candidat aux élections municipales de mai 1935 à Perpignan. Au premier tour de scrutin (5 mai) son nom figurait sur la liste intitulée : « liste socialiste Payra ». Au second tour (12 mai) il était toujours candidat sur la « liste des gauches pour la prospérité de Perpignan » issue de la fusion de la « liste socialiste Payra » et de la liste radicale (en fait, la SFIO avait retiré quatre de ses candidats pour faire place à quatre radicaux-socialistes). Michel Carola fut élu conseiller municipal de Perpignan, en même temps que tous ses colistiers du second tour. Il démissionna de ses fonctions de conseiller municipal en 1938 ce qui provoqua une élection partielle (voir Michel Athiel).

En avril 1935, Michel Carola était secrétaire de la section socialiste SFIO de Perpignan. Il succédait à Georges Pézières, qui était en fonctions en décembre 1934. Jean-François Charvet l’avait remplacé dès le mois de mai 1935.

Avant la Seconde Guerre mondiale, Michel Carola occupa les fonctions de délégué à la caisse de prévoyance de la SNCF. Il fut également un militant actif du syndicat CGT des cheminots de Perpignan (voir notamment Adrien Grau). Il siégea au comité général, en qualité de délégué titulaire de son syndicat, et à la commission de la propagande et à la commission d’études, journal, bibliothèque et conflits de la Bourse du Travail de Perpignan.

Après l’armistice Michel Carola prit une part très active à la Résistance et à son organisation dans les Pyrénées-Orientales. Les militants socialistes SFIO de ce département qui s’engagèrent soit à « Combat », soit à « Libération » furent relativement nombreux. Michel Carola fut l’un d’entre eux. Dans la clandestinité, il eut l’occasion, de collaborer, à des degrés divers, avec Brice Bonnery, Jean Olibo, Marcel Mayneris, Joseph Pal, Félix Mercader, Camille Fourquet, Gilbert Brutus. Il fut l’un des organisateurs de « Libération » à Perpignan et responsable local du réseau « Rail ». Il avait été précédemmnet en contact avec un petit mouvement de résistance, issu de la région lyonnaise et qui tentait de s’implanter à Perpignan : « France-Liberté », bientôt intégré au mouvement "Combat". François Paulin, responsable de ce mouvement à Perpignan, réussit à le joindre : dès septembre 1941, Michel Carola fabriquait de fausses cartes d’identité en compagnie de François Paulin avec des tampons pris à la préfecture (témoignage de François Paulin cité par Henri Noguères* op. cit. dans les « sources » de la présente biographie). En 1943, Michel Carola s’occupait du transfert des journaux clandestins Libération et Combat à Perpignan, depuis la gare jusqu’aux entrepôts de la STIR (société internationale des transports routiers), quai Vauban. Michel Carola fut arrêté une première fois le 22 mai 1943 en gare de Perpignan. Ce jour-là, la Gestapo effectua un vaste coup de filet parmi de nombreux militants catalans des mouvements clandestins « Libération » et « Combat » : Brice Bonnery, Joseph Pal, Gilbert Brutus et quelques autres furent arrêtés. Michel Carola fut emprisonné à la Citadelle de Perpignan où sévissait la Gestapo. Remis en liberté le 8 septembre 1943, il partit à Toulouse (Haute-Garonne) puis participa à nouveau, de façon très active, à la résistance dans les Pyrénées-Orientales.

Michel Carola fut à nouveau arrêté à Perpignan le 2 mars 1944. Déporté à Buchenwald, il fut tué le 20 avril 1945 à la libération du camp : il ne pouvait suivre une colonne, les SS lui ayant préalablement brisé les orteils.

Son nom figure en gare de Perpignan, sur la plaque commémorative des cheminots de la SNCF des Pyrénées-Orientales morts pendant la Seconde Guerre mondiale. Deux voies portent son nom et perpétuent sa mémoire à Perpignan et au Soler (Pyrénées-Orientales).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article18731, notice CAROLA Michel par André Balent, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 9 juillet 2017.

Par André Balent

SOURCES : Arch. Dép. Pyrénées-Orientales, 2 M 5 302/303/304. — Le Socialiste des Pyrénées-Orientales, organe de la Fédération socialiste SFIO des Pyrénées-Orientales, 20 avril 1935, 10 mai 1935. — Christian Camps, Les Noms de rues de Perpignan, thèse ronéotée, Perpignan, 1974. — Horace Chauvet, La Politique roussillonnaise (de 1870 à nos jours), Perpignan, 1934. — Henri Noguères* (en collaboration avec Marcel Degliame-Fouché et Jean-Louis Vigier), Histoire de la Résistance en France ; t. 2, Robert Laffont, 1969, p. 135, p. 551 ; t. 3, Robert Laffont, 1972, p. 369. — Fichier chronologique (inédit) de la résistance dans les Pyrénées-Orientales établi par Jean Larrieu, professeur d’histoire-géographie au lycée François Arago à Perpignan et correspondant départemental du comité d’histoire de la Seconde Guerre mondiale. — L’Action syndicale, bulletin (mensuel) de l’Union des syndicats confédérés des Pyrénées-Orientales (1933-1935).

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