LABRUNIE Claude

Par Daniel Grason

Né le 29 juin 1925 à Gap (Hautes-Alpes), exécuté le 10 juin 1944 à La Ferté-Saint-Aubin (Loiret) ; étudiant membre des Forces Françaises Combattantes (F.F.C.).

Fils de Louis Labrunie, inspecteur d’académie, et de Cécile Boucher, sans profession, Claude Labrunie était étudiant en prépa Agro au lycée Janson-de-Sailly à Paris XVIe. Avec son frère Philippe Labrunie étudiant en médecine à Paris, ils étaient domiciliés à Vic-sur-Cère (Cantal). Ils rejoignirent les Forces Françaises Combattantes (F.F.C.) d’obédience gaulliste. Des formations furent dispensées à des dizaines de jeunes : entraînement militaire, maniement de la mitraillette, lancement de grenades… Distribution de Défense de la France, Résistance ou Essor de l’Organisation civile et militaire de la jeunesse (O.C.M.J.). En prévision du débarquement des cantonnements avaient été aménagés dans plusieurs fermes de la Ferté-Saint-Aubin (Loiret) pour accueillir des étudiants susceptibles de rejoindre les maquis en Corrèze.
Radio-Londres donna le signal de la mobilisation, deux messages furent diffusés : « La Lune est pleine d’éléphants verts », puis le 6 juin le débarquement : « Les carottes sont cuites ». Claude et Philippe Labrunie se rendirent à la ferme du By dans le Loiret. D’autres jeunes dont de nombreux étudiants firent de même parfois vers d’autres refuges.
Le vendredi 9 juin au matin, madame Beaumarié de la Ferté-Saint-Aubin vint en raison d’indiscrétions faire part de ses craintes. La nouvelle de l’arrestation à Paris de Philippe Wacrenier, chef du corps franc Liberté au sein du réseau Vélites-Thermopyles confirma qu’il y avait des risques à rester au By. Dans la soirée, ils étaient seize jeunes dans la ferme. Vers 22 heures, un homme se présenta, il ne connaissait pas le mot de passe, méfiant René Coche n’ouvrit pas. L’individu envoyé en reconnaissance Lucien Lussac, était un agent d’infiltration du S.D. (Sicherheitsdienst) Service de renseignements de la S.S. de Blois (Loir-et-Cher). Avec Guy Eymard dit Gérard, étudiant, ils infiltrèrent plusieurs groupes de résistants.
Le samedi 10 juin vers cinq heures du matin, des agents du S.D. accompagné de trois français firent irruption dans la ferme du By, trois résistants parvenaient à se cacher. Parmi les étudiants, André Parent sortit une carte qu’il tendit aux hommes du S.D., il était du même service. Il indiqua qu’il n’y avait pas d’armes au By. Emmené à l’écart de la ferme, seize jeunes dont Claude Labrunie furent abattus à la mitrailleuse, puis d’une balle dans la tête.
Les trois auxiliaires des nazis furent jugés pour « intelligence avec l’ennemi ». André Parent le 16 janvier 1945 par la cour de justice d’Orléans, condamné à mort a été fusillé le 7 février 1945. Guy Eymard a été condamné à mort par la cour de justice d’Orléans le 4 juin 1946 et fusillé le 12 juillet 1946. Quant à Lucien Lussac, condamné par la même cour le 23 juin 1946, il a été fusillé.
Le nom de Claude Labrunie a été gravé sur le Monument aux Morts de Vic-sur-Cère, et dans la Nécropole nationale Bellefontaine à La Ferté-Saint-Aubin. La municipalité de Vic-sur-Cère nomma un lieu verdoyant « Parc Philippe et Claude Labrunie ».
Claude Labrunie a été reconnu Mort pour la France et homologué au titre des Forces Françaises Combattantes et interné résistant.

Voir La Ferté Saint-Aubin, Marcilly-en-Villette (Loiret) 10 juin 1944

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article187493, notice LABRUNIE Claude par Daniel Grason, version mise en ligne le 3 janvier 2017, dernière modification le 7 janvier 2022.

Par Daniel Grason

SOURCES : SHD Vincennes, Bureau Résistance GR 16 P 326207. – Claude Dewaele, « La vie de Camille Georget », 2004. – Patrice Miannay, Dictionnaire des agents doubles dans la résistance, Le Cherche-Midi, 2005. — Georges Joumas, La tragédie des lycéens parisiens résistants 10 juin 1944 en Sologne, Corsaire Éditions, 2014 . — Site Mémorial GenWeb. — État civil.

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