ANDREI Auguste

Par Daniel Grason, Gérard Larue

Né le 30 avril 1926 à Paris VIe arrondissement (Seine) ; apprenti sculpteur.

Fils d’Alcide et de Léa, née Lodovici, Auguste Andrei obtint à l’issue de l’école primaire le CEP, il demeurait chez ses parents au 50 rue Blomet à Paris (XVe arr.). Il était apprenti sculpteur chez un artiste au 55 rue du Cherche-Midi, (VIe arr.). De nationalité italienne, il craignait d’être recensé en tant que sujet italien il s’en ouvrit à son patron, celui-ci lui demanda des photographies d’identité, quelques jours plus tard il lui apporta une carte d’identité portant le cachet de la préfecture du Cher.
Dans le courant du mois de novembre 1943 il fit connaissance dans un café de la rue de Vaugirard de Jean [Camus] qui se présenta comme un gaulliste faisant partie d’une organisation de résistance. Auguste Andrei lui répondit qu’il était un sympathisant gaulliste. Lors d’une nouvelle rencontre Jean lui demanda s’il pouvait lui fournir des armes, Andrei n’en possédait pas. Par gloriole, il en demanda une à Jean, ce dernier lui proposa d’exécuter un membre du P.P.F., Auguste Andrei répondit qu’il était incapable d’y arriver seul. Le 14 décembre Jean lui apporta un pistolet 7,65 mm et son chargeur, Auguste Andrei devait lui rendre l’arme la semaine suivante, le jour convenu, Jean n’était pas au rendez-vous au café de la rue de Vaugirard.
Le 3 janvier 1944 vers 17 heures 30 trois inspecteurs de la BS2 se présentèrent à l’atelier de la rue du Cherche-Midi, ils interpellèrent Andrei. Lors de la perquisition du domicile de ses parents 50 rue Blomet à Paris (XVe arr.) les policiers saisissaient la carte d’identité en blanc, le pistolet 7,65 mm et son chargeur. Interrogé dans les locaux des Brigades spéciales, très probablement battu, Auguste Andrei donna des renseignements sur Jean Camus qui fut interpellé cinq jours plus tard.
Fut-il jugé par un tribunal militaire allemand en même temps que les FTP des Groupes spéciaux ? Sa mère Léa Andreï âgée de cinquante ans témoigna après la Libération devant la commission d’épuration de la police. Elle déclara que le soir l’arrestation de son fils une perquisition eut lieu à son domicile : « un pistolet chargé fut trouvé. Il fut écroué à Fresnes et jugé le 11 avril 1944 ». Le tribunal militaire allemand le condamna à cinq ans de prison, elle précisa que « le 8 mai » il avait été « déporté en Allemagne ». Interrogée pour savoir s’il avait subi des sévices, elle ajouta « J’ignore s’il a été frappé, mais son linge portait des traces de sang ». Le nom d’Auguste Andrei n’a pas été répertorié sur les listes des fusillés, ni sur celles des déportés et du Département des Archives des Victimes des Conflits Contemporains (DAVCC) à Caen (Calvados).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article187516, notice ANDREI Auguste par Daniel Grason, Gérard Larue, version mise en ligne le 5 décembre 2016, dernière modification le 2 janvier 2017.

Par Daniel Grason, Gérard Larue

SOURCES : Arch. PPo. BA 2117, BS2 carton 28 et 31, PCF carton 16 rapports hebdomadaires des Renseignements généraux sur l’activité communiste, KB 25, 77W 3111, 77W 3121.

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