JACQUET Paul

Par Michel Thebault

Né le 20 avril 1918 à Saint-Moreil (Creuse), mort en action le 7 juin 1944 à Guéret (Creuse) ; cultivateur ; résistant AS.

Il était le fils de Joseph Jacquet cultivateur au Châtain et de Marie Pin. Orphelin très tôt, en 1923, à l’âge de cinq ans, il fut recueilli par son oncle et sa tante Paul et Marie Barrat qui l’adoptèrent. Après sa scolarité primaire, il exerça le métier de cultivateur.

Fin 1938, lorsqu’il fut convoqué pour le service armé, il était cultivateur et célibataire. Il fut incorporé le 5 novembre 1938 au 60ème régiment d’infanterie à Besançon (Doubs). Mobilisé le 2 septembre 1939, il passa la « drôle de guerre » sur le front d’Alsace, toujours affecté au 60ème RI. Le 26 mai 1940, son régiment fut ramené d’Alsace avec toute sa division (13ème DI) pour tenir une position sur le front de la Somme. Il participa aux combats entre Ailly-sur-Somme et Picquigny (Somme) du 5 au 10 juin 1940. Il suivit ensuite la retraite de son unité qui s’acheva par de derniers combats le 17 juin 1940 dans le Loiret entre Pithiviers et Orléans. Paul Jacquet avait été fait prisonnier en région parisienne le 14 juin 1940. Il fut interné au stalag XI A à Altengrabau, près de Magdebourg (Saxe). Rapatrié sanitaire le 20 octobre 1942, il revint s’installer à Saint-Pierre-Cherignat (Creuse) chez ses parents adoptifs.

Il s’engagea dans la Résistance le 6 juin 1944 au sein de la compagnie Chaumeil, appartenant à l’Armée Secrète (AS). Maurice Chaumeil instituteur résistant, capitaine de réserve, combattant de 1940 avait organisé dans le secteur de Montboucher où il était instituteur et de Bourganeuf un maquis rattaché à l’AS.

Le 7 juin 1944, le lieutenant-colonel « François » (Albert Fossey), chef départemental des FFI de la Creuse et du Cher dirigea la première libération de Guéret à la tête des maquis de la Creuse. Guéret fut ainsi la première préfecture métropolitaine libérée de France. Il concentra pour cette opération plusieurs maquis creusois dont la compagnie Chaumeil. Elle fut engagée contre l’hôtel Auclair, siège de la brigade de Feldgendarmerie 992. Paul Jacquet fut tué lors de l’un des premiers assauts dans l’avenue de la Sénatorerie, devant l’hôtel Auclair. Il fut inhumé dès le lendemain à Saint-Pierre-Chérignat. Et c’est vraisemblablement en se rendant à son enterrement pour lui rendre les honneurs que des membres de la compagnie Chaumeil se trouvèrent au matin du 9 juin à la Gasne du Clos (commune de Montboucher) face aux troupes de la division Das Reich qui montaient vers Guéret pour reprendre la ville (voir en particulier Louis Champême).

Il obtint le 25 juillet 1945 la mention Mort pour la France et son nom figure sur le monument aux morts de Saint-Pierre-Chérignat ainsi que sur le mémorial de la résistance creusoise à Guéret.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article187656, notice JACQUET Paul par Michel Thebault, version mise en ligne le 11 décembre 2016, dernière modification le 12 mars 2020.

Par Michel Thebault

SOURCES : Dossier AVCC SHD Caen — site Mémoire des Hommes — René Castille in La Creuse pendant la seconde guerre mondiale Le Puy Fraud Ed.2012 — Marc Parrotin Le temps du Maquis, Histoire de la Résistance en Creuse Ed. Verso 1984 et Mémorial de la Résistance creusoise Ed. Verso 2000 — mémorial genweb.— État civil, registre des décès de la ville de Guéret, 1944, acte n°162.

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