CHAPON Jean, Jules, François

Par Michel Thébault

Né le 22 septembre 1923 à Dardilly (Rhône), mort en action le 8 juin 1944 à Guéret (Creuse) ; militaire, École de la Garde de Guéret ; résistant FFI - AS.

Né dans une commune de la proche banlieue lyonnaise, à quelques kilomètres au nord-ouest du centre de Lyon, il était le fils de Claude Chapon et de Jeanne Louisa Irma Wallaert. Après des études primaires et secondaires qui le menèrent au baccalauréat, il entra dans une classe préparatoire à l’école spéciale militaire de Saint Cyr, alors repliée à Aix-en-Provence. Il fut, vraisemblablement admis comme interne, élève au lycée du Parc à Lyon (6ème arr.), préparant cette option.

Jean Chapon fut convoqué en 1943 pour les Chantiers de jeunesse. Ceux-ci créés en juillet 1940 concernaient les jeunes de zone libre en âge d’accomplir leurs obligations militaires, incorporés à partir de 1941 pour un stage de 8 mois. Jean Chapon intégra l’un des chantiers du groupement Alpes-Jura. Dans le courant de l’année 1943, avec la mise en place du STO, des pressions de plus en plus fortes des autorités allemandes se firent sentir pour obtenir le départ de tous les effectifs des Chantiers vers l’Allemagne. Des tensions apparurent avec le général La Porte du Theil qui refusait les exigences allemandes, et les chantiers du groupement Alpes-Jura furent peu à peu dissous, le premier le 9 août 1944, la plupart le 30 novembre 1944 (le reste le 1er février 1944). Jean Chapon passa les épreuves écrites du concours d’entrée à Saint-Cyr en 1943 mais il n’y eu pas d’oral et pas d’admis car l’école n’existait plus (fin 1942, l’école de Saint-Cyr avait été dissoute par les autorités allemandes après l’occupation de la zone libre en novembre 1942). C’est sans doute dans ce contexte que Jean Chapon s’engagea pour 3 ans le 20 décembre 1943 à l’École de la Garde en cours de formation à Guéret (Creuse). Il y fut admis élève-garde au 2ème peloton du 3ème escadron. L’école de la Garde créée par une décision du ministère de l’intérieur de Vichy le 29 octobre 1943, était la seule école militaire subsistant sous autorité française. Elle ouvrit ses portes le 24 novembre 1943, à la caserne des Augustines à Guéret (Creuse), après de longues tractations entre le général directeur de la Garde et les autorités d’occupation. Ayant pour mission la formation d’élèves officiers, d’élèves gradés et de gardes, ses effectifs totaux étaient à la veille du 6 juin 1944, d’environ 500 hommes, ce qui en faisait la seule force militaire d’importance du département de la Creuse.

Le 7 juin 1944, Albert Fossey, alias commandant François, dirigea la première libération de Guéret à la tête des maquis de la Creuse. Il obtint grâce à ses contacts personnels avec le directeur des études, le commandant Corberand, le ralliement à la Résistance de la majorité des effectifs de l’école. Les élèves-gardes et Jean Chapon parmi eux participèrent à la libération de Guéret au côté des FFI. Guéret fut ainsi la première préfecture métropolitaine libérée de France. Pour les autorités de Vichy et l’État-major allemand, la situation ne pouvait être acceptée. L’État-major allemand prépara une offensive ayant pour but de rétablir la liaison stratégique Montluçon – Limoges, et d’éliminer les forces de la Résistance. Le 8 juin une compagnie allemande du 15ème régiment de la 189ème Division de réserve de la Wehrmacht venue de Montluçon se présenta en fin de matinée à l’entrée est de Guéret. Elle fut repoussée par plusieurs compagnies FFI et escadrons de l’école de la Garde passés à la Résistance. Le violent combat fit des victimes de part et d’autre. Le peloton Page du 3ème escadron auquel appartenait Jean Chapon tenait une position au niveau du pont de chemin de fer à l’entrée est de Guéret. Chef de pièce du fusil-mitrailleur, en position sur un avant-poste, Jean Chapon fut grièvement blessé dans le combat, il mourut le soir même à l’hôpital de Guéret.

Il obtint la mention Mort pour la France, son nom figure sur le monument aux morts de Guéret ainsi que sur le mémorial de la résistance creusoise à Guéret. Il appartient au groupe des douze Saint-cyriens admis à l’école à titre posthume (candidats de 1943 rattachés à la promotion virtuelle Veille au Drapeau, "Cyr 43"). Il reçut également à titre posthume en octobre 1945 la Croix de guerre avec palme pour « services de guerre exceptionnels », ainsi que la Médaille militaire. Son nom est inscrit à Lyon sur la plaque commémorative des élèves du lycée du Parc morts pour la France 1939 - 1945. Il figure également sur la plaque « in memoriam » de la caserne de gendarmerie de Guéret (aujourd’hui caserne Bongeot). Son nom a été choisi en 2003 par la 243ème promotion de l’école des sous-officiers de gendarmerie de Montluçon (Allier).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article187743, notice CHAPON Jean, Jules, François par Michel Thébault, version mise en ligne le 14 décembre 2016, dernière modification le 12 mars 2020.

Par Michel Thébault

SOURCES : Dossier AVCC SHD Caen — Mémoire des Hommes — René Castille, Guy Avizou, Christophe Moreigne, Pascal Plas. La Creuse pendant la seconde guerre mondiale Le Puy Fraud 2012 — Claude Cazals La Garde sous Vichy Ed. La Musse 1997, en ligneAmicale des cadets de l’École de la Garde — Notes Xavier Le Roy — Mémorial genweb.

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