MARCOVICI Léon [alias MARCAULT]

Par Daniel Grason

Né le 16 avril 1911 à Puesti (Roumanie), mort en février 1943 à Auschwitz (Pologne) ; étudiant en médecine ; résistant ; membre de l’organisation sanitaire des FTP ; déporté.

Fils d’Hermann et de Betty, née Brenner, Léon Marcovici vivait 69 rue Galande à Paris (Ve arr.). Étudiant en médecine, dès la déclaration de guerre, il s’engagea au 1er Régiment de marche de volontaires étrangers, il fut muté à l’école des élèves aspirants. Démobilisé il reprit les cours à la faculté de médecine, passa un examen en avril ou mai 1942. Juif, il estima plus prudent de quitter son domicile, en juin il alla habiter dans la chambre d’Anna Engeleher au 49 rue de Cléry à Paris (IIe arr.). En novembre, il se réfugia chez René Dissoubray, instituteur qui demeurait 5 rue Bellier-de-Douvre à Paris (XIIIe arr.) et parfois chez Rachelle Chaposchnich à l’Hôtel de France et d’Italie au 5 rue de Cléry, lui-même avait loué une chambre sous le nom de Marcault.
Gérard Abramovici procura à Léon Marcovici une carte d’identité au nom Marcault revêtu du cachet du commissariat de Blanc-Mesnil (Seine-et-Oise, Seine-Saint-Denis). Il subsistait grâce à sa marraine de guerre madame Allafont, elle lui envoyait régulièrement des mandats d’un montant conséquent. Elle était directrice de l’école pratique de jeunes filles de Sotteville-lès-Rouen (Seine-Inférieure, Seine-Maritime).
Plusieurs militants communistes demandèrent à Léon Marcovici de rejoindre le Parti communiste clandestin, il refusa. Une responsable de l’organisation « Emma » prenant en compte ses compétences lui proposa de prodiguer des soins à des militants dans l’illégalité. Estimant qu’il s’agissait « d’une œuvre purement humanitaire  », il accepta et précisa « qu’en aucun cas [il ne se] livrerait à une activité différente ». Quelques jours plus tard, il rencontra près du Jardin des Plantes, le responsable sanitaire, [le docteur Léon Greif. Un nouveau rendez-vous fut pris avec lui et la pharmacienne de la formation, [Djamila Eskenazy]. Une semaine plus tard, il la rencontra au métro Monge, elle lui remit du matériel : bandes pour les pansements, gaze, ampoules d’huile camphrée, seringues hypodermiques…
Léon Marcovici fut en contact avec plusieurs autres membres de l’organisation clandestine René Dissoubray dont les deux sœurs Yvonne et Madeleine étaient institutrices dans le même groupe scolaire que la marraine de guerre de Léon Marcovici, madame Allafont à Sotteville-lès-Rouen. Il posta un colis de médicaments à Madeleine et Yvonne Dissoubray au 1 rue de Trianon à Sotteville-lès-Rouen.
En raison de son activité et de ses origines juives Léon Marcovici craignait l’arrestation, il changeait régulièrement de domicile, étant tantôt hébergé chez Rachelle Chaposchnich, René Dissoubray et Anna Engeleher ou dormant dans la chambre qu’il avait loué sous le nom de Marcault. Alors qu’il entrait à l’hôtel de la rue de Cléry, la concierge l’informa de la visite d’inspecteurs de police, il redoubla de prudence.
Le 28 novembre 1942, il s’apprêtait à entrer au domicile de René Dissoubray, trois inspecteurs de la BS2 l’appréhendèrent. Les policiers saisissaient différents faux-papiers à son nom d’emprunt, au nom de Siméon Lernovici avec qui il était en relation militante, trois lettres signées de Madeleine [Dissoubray], différentes cartes d’alimentation… Emmené dans les locaux des Brigades spéciales à la Préfecture de police, Léon Marcovici interrogé par plusieurs inspecteurs a été frappé très violemment à de multiples reprises.
Il fut livré aux Autorités allemandes, incarcéré à la prison de Fresnes, Léon Marcovici a été interné le 8 février 1943 au camp de Drancy. Le 11 février 1943, il était dans le convoi n° 47 à destination d’Auschwitz (Pologne). Neuf cents quatre-vingt-dix-huit déportés hommes, femmes et enfants étaient dans ce transport, huit cents deux furent gazés dès l’arrivée au camp. Cent quarante-trois hommes et cinquante-trois femmes furent affectés à des Kommandos de travail, quand l’armée Soviétique libéra le camp le 27 janvier 1945, seuls dix déportés de ce convoi avaient survécus dont une femme.
Le nom de Léon Marcovici a été gravé sur le mur des noms rue Geoffroy-L’Asnier, Paris IVe arrondissement au Mémorial de la Shoah.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article188143, notice MARCOVICI Léon [alias MARCAULT] par Daniel Grason, version mise en ligne le 29 décembre 2016, dernière modification le 29 décembre 2016.

Par Daniel Grason

SOURCES : Arch. PPo. GB 112 BS2 carton 20, 77W 556. – Site internet CDJC.

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