JANNELLO Salvatore [pseudonymes dans la résistance : Gianello ou Dante]

Par Antonio Becchelloni, Dominique Tantin, Eric Panthou

Né le 28 juillet 1905 à Sommatino (Italie), exécuté sommairement le 22 avril 1944 à Araules (Haute-Loire) ; mineur ; communiste ; résistant au sein des Francs-tireurs et partisans (FTP).

Salvatore Jannello, parfois orthographié Janello mais aussi Lanello sur son acte de décès originel ou encore Iannello sur la base Mémoire des Hommes, est le fils de Calegero et de Angela, née Auria. Il serait né à Sommatino, une commune de la province de Caltanissetta dans la région Sicile en Italie. Il était l’époux de Joséphine Marchica et était naturalisé français dit son acte de décès.
Il est issu d’une famille antifasciste sicilienne et arrivé en France très jeune. Il était à la fois membre de l’Union Populaire Italienne et du Parti communiste français. Pendant l’Occupation il travaillait à la mine de La Mure (Isère) comme chauffeur de chaudières et distribuait la presse clandestine et en organisant des sabotages. Il fut l’un des organisateurs de la résistance armée dans le bassin.
Il fut arrêté en septembre 1942, enfermé dans la forteresse de Montluc à Lyon et condamné à dix ans de travaux forcés et transféré à la prison de Puy-en-Velay (Haute-Loire).
Il fit partie des 26 prisonniers politiques évadés le 25 avril 1943, mais comme 15 de ses camarades, il fut repris rapidement et emprisonné de nouveau au Puy.
Dans la nuit du 1er au 2 octobre 1943, il fut libéré, avec 82 autres prisonniers (parmi lesquels se trouvait aussi le trotskyste italien Pietro Tresso, dit « Blasco ») par un coup de main audacieux des FTP locaux.
Il rejoignit ensuite le maquis du Meygal qui fut attaqué à plusieurs reprises par la milice de Darnand.
Suite à l’exécution d’un milicien à Yssingeaux (Haute-Loire) le 17 avril par la Résistance, une vaste opération fut menée par la police allemande aidée de miliciens dans le secteur d’Yssingeaux le 22 avril 1944. Plusieurs personnes furent arrêtées, des jeunes maquisards exécutés sommairement, ainsi que plusieurs civils soupçonnés d’être des maquisards ou de les avoir aidés.
Un groupe de réfractaires au STO avait trouvé refuge dans l’un des hameaux d’Araules, à Montbuzat, lieu-dit de Chièze. La population les aidait et assistait pour subsister. Le 22 avril, des jeunes arrivent à Arnissac et signalent que les Allemands sont en train d’effectuer une opération dans ce secteur. Ils pensent que le groupe de Chièze a été prévenu mais l’alerte a été donnée trop tard.
Les Allemands venant d’Arnissac, en voiture, puis à pied, en file indienne, débouchent sur une plaine et envoient une rafale de mitraillette sur une ferme abandonnée ; deux maquisards, Jannello et Joaquim Gomez sont surpris devant la porte de l’étable et sont abattus de plusieurs rafales de mitraillettes. Trois de leurs camarades qui se trouvaient à l’intérieur, réussirent à s’enfuir par une fenêtre. Ils ne furent pas retrouvés par les Allemands.

Son nom est gravé, avec celui de huit autres victimes, (cinq résistants FTPF et quatre cultivateurs) abattus le 22 avril 1944 sur les communes d’Araules (Arnissac, Montbuzat, Chièze et Majal) et d’Yssingeaux (La Champ des Cayres), entre les massifs du Lizieux et du Meygal, sur une stèle érigée à Chièzes, commune d’Araules, au nord de Montbuzat. Son prénom y est orthographié Salvador, prénom sous lequel il a été identifié sur son acte de décès à Araules.
Son dossier aux archives de victimes des conflits contemporains à Caen est au nom de Salvatore Iannello. Sur son acte de décès figure la mention "Mort pour la France". Il a été homologué FFI et a reçu le titre de Déportés et internés résistants (DIR).

Liste des huit autres victimes : Charles Nouvet, Marcel Robert, André et Marc Valla, Joseph Chabanne, Joachim Gomez, Félix Zowoik, Marius Lisiack.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article188190, notice JANNELLO Salvatore [pseudonymes dans la résistance : Gianello ou Dante] par Antonio Becchelloni, Dominique Tantin, Eric Panthou, version mise en ligne le 31 décembre 2016, dernière modification le 6 février 2022.

Par Antonio Becchelloni, Dominique Tantin, Eric Panthou

SOURCES : AVCC : AC 21 P 56651. Dossier au nom de Salvatore Iannello (sic) (non consulté) .— SHD Vincennes : GR 16 P 300320. Dossier au nom de Salvator Iannello (sic) (non consulté) .—Pia Leonetti Carena, Les Italiens du Maquis, Paris, Éditions mondiales, 1968 — P. Secchia et Enzo Nizza (sous la directon de), Enciclopedia dell’antifascismo e della Resistenza, Vol. III, Milano, Edizioni La Pietra, 1976, ad nomen (la notice ne fait que reprendre telle quelle la notice de Pia Carena Leonetti) — www.anpi.it/donne-e-uomini/– sur PietroTresso dit Blasco voir Jean-Michel Brabant, Rodolphe Prager, Enzo Traverso ad nomen, dans Le Maîtron Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier, 4ème période 1914-1939. — Le 22 avril 1944 à Araules .— “Le 22 avril 1944, neuf hommes étaient fusillés par les nazis”, Le Progrès de Lyon, 24 avril 2016 .— Fernand Boyer, Témoins de pierre du sang versé. Les monuments de la résistance en Haute-Loire, Le Puy, éditions de la Société académique, 1983 .— Pierre Broué, Raymond Vacheron, Meurtres au maquis, Paris, Grasset, 1997 .— MémorialGenweb .— état civil Araules.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément