SAUBER Sloma [Pseudonyme Jean]

Par Daniel Grason

Né le 28 décembre 1914 à Jabonita (Roumanie), abattu le 12 décembre 1942 à Paris (Xe arr.) ; membre du 1er détachement des FTP-MOI.

Sloma Sauber
Sloma Sauber

Fils de Léon et de Régine née Rosner, de nationalité roumaine, juif, marié à Anna Mathivisleicher, doubleuse. Engagé volontaire en juin 1940, prisonnier de guerre, Jean Sauber a été rapatrié sanitaire en 1941. Entré dans la Résistance en avril 1941 comme agent de liaison au sein des FTP, membre du 1er détachement FTP-MOI composé essentiellement de Roumains.
Ladislas Baracski dit Fleury, FTP fut appréhendé à son domicile par des policiers de la BS2, lors de la perquisition le nom de Jean Sauber 83 rue du Faubourg Saint-Denis à Paris (Xe arr.) était noté. Le 12 décembre 1942, un inspecteur de la BS2 se posta dans la loge de la concierge afin de vérifier l’information, un autre surveillait la laiterie Maggi situé à une cinquantaine de mètres où Anna Sauber venait acheter régulièrement du lait. La concierge ayant commandé un col en fourrure à Jean Sauber, il se présenta vers 11 heures 15.
Aussitôt entré dans la loge un inspecteur voulut lui passer les menottes, Jean Sauber le repoussa et s’enfuyait par la rue du Faubourg Saint-Denis vers le boulevard Magenta, l’inspecteur le poursuivit et tira à trois reprises, Jean Sauber s’effondra. Transporté dans une pharmacie, un car de police secours l’emmena à l’Hôtel-Dieu (IVe arr.), un interne constata sa mort. Il avait été touché par deux balles dans le dos à la hauteur de l’omoplate gauche et une à la cuisse gauche.
Jean Sauber portait sur lui : un carnet d’adresses, un plan manuscrit, six feuilles de papier avec des noms et des adresses, une lettre manuscrite, un Ausweiss délivré par les Autorités d’occupation, son adresse 12 rue Neuve de la Charbonnière à Paris (XVIIIe arr.), son ancienne adresse 83 rue du Faubourg Saint-Denis, et une carte d’identité d’étranger valide. Son épouse, Anna mère d’un bébé de trois mois était appréhendée, la perquisition domiciliaire fut infructueuse. Interrogée, aucune charge n’étant retenue, contre elle Anna Sauber fut libérée le soir-même.
Anna Sauber habitait après la Libération 7 rue de Chaumont près du métro Jaurès à Paris (XIXe arr.), elle témoigna devant la commission d’épuration de la police le 24 janvier 1945, elle déclara avoir lors de son arrestation apprit « que nous étions soupçonnés d’être titulaires de faux papiers d’identité, ce qui était faux ». Dans l’ouvrage de Boris Holban, le nom de Jean Sauber a été orthographié Salo Schauber.
Le ministère des Anciens combattants attribua à Jean Sauber la mention « Mort pour la France », il a été homologué FTPF et FFI. Une plaque posée 83, rue du Faubourg Saint-Denis honore sa mémoire.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article188226, notice SAUBER Sloma [Pseudonyme Jean] par Daniel Grason, version mise en ligne le 2 janvier 2017, dernière modification le 28 mars 2021.

Par Daniel Grason

Sloma Sauber
Sloma Sauber

SOURCES : Arch. PPo. BS2 carton 20 (transmis par Gérard Larue), GB 112 BS2 carton 20, 77W 3118, KB 96. – SHD, Caen AC 21 P 149979. – Bureau Résistance GR 16 P 536562. – Boris Holban, Testament, Calmann-Lévy, 1989. – Musée de la Résistance. – Site internet GenWeb

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo. GB 188.

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