BOUCHÉ André, Charles, Jean

Par Bernard Massera

Né le 4 juillet 1944 à Neufmanil (Ardennes) ; technicien électronicien ; responsable fédéral de la JOC (1966-1970) ; secrétaire du comité CFDT inter-entreprises de Thomson-CSF ; responsable de la section des retraités du syndicat de la Métallurgie du nord et de l’est de la Seine (SYMNES-CFDT).

Fils de Daniel Bouché, gardien de la paix puis, après la guerre 1939-1945, employé comptable au service transport chez Esso Standard à Gennevilliers (Seine, Hauts-de-Seine), et d’Alice Cordier, secrétaire qui avait cessé de travailler pour élever ses enfants, André Bouché était l’aîné d’une fratrie de deux garçons et d’une fille. Il fréquenta l’école primaire de Bobigny (Seine, Seine-Saint-Denis) où la famille s’était installée en 1945, fit une année au collège Sadi Carnot à Pantin (Seine, Seine-Saint-Denis), continua ses études secondaires, de la cinquième au baccalauréat, au petit séminaire de Paris à Charenton-le-Pont (Seine, Val-de-Marne) et entra en 1963 à l’École centrale des techniciens de l’électronique à Paris (IIe arr.) où il obtint le BTS de technicien en électronique.

Il fit ses premiers pas à la JOC alors qu’il était encore au collège et devint l’un des responsables de la Fédération Seine-Nord-Est (1966-1970). En attendant de faire son service militaire, André Bouché termina l’année 1965 comme manutentionnaire aux établissements Surget à La Courneuve (Seine, Seine-Saint-Denis). Il fut incorporé, début 1966, au Service de santé des armées, à Nantes (Loire-Atlantique), avant de suivre l’école des sous-officiers du Service de santé de Mourmelon (Marne). Il fut ensuite affecté à l’hôpital de Landau en Allemagne jusqu’à sa libération en mai 1967.

À son retour, il trouva aussitôt un emploi comme technicien électronicien à la CSF à Levallois-Perret – qui deviendra, fin 1968, Thomson CSF puis, en 1984 au moment de la séparation des activités Thomson et CGE, Alcatel Telspace, filiale d’Alcatel. Il adhéra à la CFDT en février 1968, trois mois avant les événements de Mai et le déclenchement, dans son entreprise, de la grève avec occupation à laquelle il participa activement auprès de Jean Postic, l’un des principaux animateurs de la section. La grève dura du 20 mai au 18 juin, la fusion en cours avec Thomson CSF nécessita quelques jours supplémentaires pour négocier la garantie de droits sociaux importants notamment sur le droit syndical et les cotisations retraites.

En 1970, il fut élu délégué du personnel et délégué au comité d’établissement. Il participa activement à l’inter Thomson-CSF au sein de la Fédération générale de la Métallurgie (FGM-CFDT) ainsi qu’à la vie du syndicat de la construction électrique et électronique (SCEE-CFDT), membre de l’Union parisienne des syndicats de la métallurgie (UPSM-CFDT). En 1972, il mit en place avec Bernard Amiaux le syndicat de la Métallurgie des nord de Seine (SMNS-CFDT) qui se créait après la réorganisation de l’UPSM en syndicats territoriaux et comptait Levallois dans son champ géographique. Il entra comme semi-permanent à l’exécutif de l’inter Thomson-CSF et filiales. Il fut chargé, entre autres, de l’information. Il fit en sorte d’assurer la cohérence des revendications au niveau central tout en soutenant les différents établissements dans leurs spécificités et leurs évolutions. En effet, dans les établissements engagés dans une voie de spécialisation – le « spatial » à Toulouse (Haute-Garonne), les « tubes » à Vélizy (Yvelines), « la téléphonie hertzienne » à Levallois (Hauts-de-Seine)…– s’ensuivirent des négociations d’accords particuliers à chaque établissement confrontés à des transferts de personnel et à l’externalisation de certains travaux (1974).

À la fin de son mandat à l’exécutif de l’inter (1979), il retourna dans son établissement de Levallois-Perret où il reprit un mandat de délégué syndical et continua de participer aux réunions de l’inter CFDT. En 1982, il fut élu au CCE et devient secrétaire du Comité inter entreprise de Thomson CSF avec un statut de semi-permanent qu’il conserva jusqu’en 1986. Entre-temps, en 1984, son établissement était devenu Alcatel Telspace. Lorsqu’en 1986, Didier Cusserne, le secrétaire de sa section, fut appelé comme permanent à l’UPSM – dont il deviendra secrétaire général en 1989 –, André Bouché reprit du service et le remplaça comme secrétaire adjoint de l’inter Alcatel et filiales et en tant que membre du conseil fédéral de la branche électronique-informatique (1988 à 1995).

Quand, fin 1993, son établissement déménagea pour s’installer à Nanterre (Hauts-de-Seine) dépendant géographiquement du syndicat des travailleurs de la Métallurgie de Paris (STRAMP-CFDT), sa section rejoignit ce syndicat et André Bouché la représenta à son conseil. En 1994, il entra au bureau exécutif régional de l’UPSM pour suivre la branche électronique et informatique et en devient le trésorier en 1996. Il y siégea jusqu’en 2000. En 2003, au lendemain de la crise qui secoua l’UPSM, il fut rappelé pour reprendre la trésorerie en attendant qu’un nouvel exécutif se mette en place et y resta jusqu’en 2004.

En 2004, André Bouché fit valoir ses droits à la retraite. Habitant Drancy (Seine-Saint-Denis), il rejoignit la section syndicale des retraités du syndicat des travailleurs de la Métallurgie de la Seine-Saint-Denis (STM 93-CFDT) où il assura des permanences. Quand en 2011, le STM 93 et le SMNS fusionnèrent et créèrent le syndicat des métallurgistes du nord-est (SYMNES-CFDT) avec une section des retraités, il en devient le premier secrétaire et son représentant auprès de l’instance des retraités de la Fédération générale des Mines et de la Métallurgie (FGMM-CFDT).

Il s’était marié le 16 décembre 1972 à Drancy avec Monique Mention, militante de la JOCF, comptable et déléguée CGT dans l’entreprise Cibié à Bobigny qui deviendra Valeo. Ils eurent deux filles, Cécile (1974) et Isabelle (1977). Dans le prolongement de leur engagement à la JOC, ils étaient entrés à l’Action catholique ouvrière (ACO) dès leur mariage et participèrent jusqu’en 1994 au comité du secteur 93-nord-est. Conscient de la réalité des dimensions mondiales qui marquent nos sociétés et ayant pu le constater très concrètement par l’évolution de l’entreprise où il travaillait, André Bouché, par souci de solidarité internationale, s’engagea avec son épouse, 1999, au Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD). En 2000, il devint membre du bureau de l’équipe locale de Bobigny.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article188265, notice BOUCHÉ André, Charles, Jean par Bernard Massera, version mise en ligne le 3 janvier 2017, dernière modification le 3 janvier 2017.

Par Bernard Massera

SOURCES : Archives SMNS-CFDT et UPSM-CFDT. — Entretiens ave André Bouché en février et mars 2012 et décembre 2013.

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