MASSONNAUD Alphonse

Par Michel Gorand, Michel Thébault

Né le 10 octobre 1904 à Azat-Le-Ris (Haute Vienne), mort en action le 10 juillet 1944 à Ciron (Indre) ; carrier, domicilié à Chauvigny (Vienne) ; résistant AS de la Vienne, maquis Baptiste.

Il était le fils d’Alphonsine, Léonie Barlier, âgée de 21 ans à sa naissance, domiciliée à La Couraudière, commune d’Azat-le-Ris et de père présumé inconnu. En fait il fut reconnu plus tard lors du mariage de sa mère en 1906 avec Marcel, Émile Massonnaud cultivateur au même hameau de La Couraudière, commune d’Azat-le-Ris. Lors de ce mariage à la mairie d’Azat-le-Ris, le 10 mars 1906, les deux époux « ont aussitôt déclaré qu’il est né deux enfants Alphonse le 10 octobre 1904 et Louis le 19 février 1906 qu’ils reconnaissent pour leurs fils et légitiment ». Alphonse Massonnaud se maria avec Thérèse, Jeanne Chartier le 27 avril 1929 à Saint-Pierre-les-Eglises, aujourd’hui rattachée à la commune de Chauvigny (Vienne). Au recensement de 1936 la famille était domiciliée rue de La Maladrerie à Chauvigny. Le couple avait alors cinq enfants, tous nés à Chauvigny, Gisèle en 1929, Michel en 1930, Éliane en 1933, Jean en 1934 et Jeannine en 1935. Alphonse Massonnaud exerçait alors la profession de maçon.

En 1944 il travaillait comme carrier dans l’une des grandes exploitations de la pierre de Chauvigny. Il s’engagea dans la Résistance (avec plusieurs autres carriers et tailleurs de pierre de Chauvigny ce qui tend à montrer l’existence d’un engagement collectif au sein de ce groupe ouvrier de la ville) au sein du maquis AS « Baptiste », appartenant au groupement Gilles (commandant Ferron). Début juin 1944 le groupe Baptiste s’installa dans une zone boisée en bordure de la route départementale 54 allant de Chauvigny à Leignes-sur-Fontaine (Vienne) à quelques kilomètres du département de l’Indre.

Début juillet, le groupe décrocha dans l’Indre avec celui du commandant Gilles afin d’échapper à une attaque allemande menaçante et s’installa à la ferme des Descends, commune de Ciron (Indre). Le 10 juillet 1944 une colonne allemande quitta son cantonnement au nord de Poitiers et se dirigea vers Le Blanc (Indre) pour attaquer les maquis de la Vienne qui s’étaient réfugiés dans ce secteur de l’Indre. Au Blanc la colonne allemande, accompagnée par des miliciens se divisa en trois groupes et le combat contre les maquis dura toute la journée. L’attaque de la ferme des Descends s’acheva, en raison de l’impréparation du maquis et de la supériorité militaire allemande, par un massacre dont Alphonse Massonnaud fut l’une des victimes. Selon la déclaration du 11 juillet de Paul Bérode, médecin à Bélâbre (Indre) : « Soldat des Forces françaises de l’intérieur (FFI) il fut tué au combat le 10 juillet 1944 vers 8h, lors de l’attaque des soldats allemands en nombre supérieur, au lieu-dit des Descends, commune de Ciron ».
Il obtint la mention mort pour la France et son nom est inscrit sur le monument aux morts de Chauvigny (Vienne). Son nom figure également sur les monuments commémoratifs du 10 juillet 1944 aux Descends et à Bélâbre ainsi que sur la plaque commémorative, dans la salle de conseil de la mairie de Chauvigny, dédiée « aux Victimes des Guerres - Tous conflits, autres que 1914-1918 ».



Bélâbre, Ciron, Lignac (10 juillet 1944)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article188382, notice MASSONNAUD Alphonse par Michel Gorand, Michel Thébault, version mise en ligne le 6 janvier 2017, dernière modification le 7 janvier 2022.

Par Michel Gorand, Michel Thébault

SOURCES : Arch. Dép. Vienne et Haute-Vienne (état civil, recensements) — SHD Caen AVCC Cote AC 21 P 89932 (à consulter) — site VRID (Vienne, Résistance, Internement, Déportation). — Mémoire des Hommes — Mémorial GenWeb. — État civil, registre des naissances Azat-Le-Ris (Haute Vienne) et acte n°36 du registre des décès de Bélâbre (Indre).

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément