CAVARNIER Georges

Par Michel Thébault

Né le 4 juillet 1920 à Paris Vème arr. (Seine), exécuté sommairement le 7 septembre 1943 au Bois du Thouraud, commune de Maisonnisses (Creuse) ; journalier ; résistant « Ceux de Libération – Vengeance ».

Il était le fils de Joseph Cavarnier âgé de 47 ans maçon et de Mélanie, Marie, Louise Parcéjoux (née le 5 mars 1876 au Chironneau, commune de Sardent) journalière, domiciliés 11, rue Saint-Médard à Paris. Son père était lui aussi né à Sardent, au lieu-dit Les Courades, le 21 décembre 1872 mais était parti jeune travailler en région parisienne, domicilié à Saint-Denis en 1897 puis à Paris à partir de 1900. Mobilisé en août 1914 dans un régiment d’artillerie, Joseph Cavarnier fut détaché en octobre 1917 comme maçon cimentier, affecté spécial. Georges Cavarnier naquit après le retour de son père de la première guerre mondiale. Marc Parrotin historien des maquis creusois, qui a mené pour son ouvrage le Mémorial de la résistance creusoise (op. cit.) une enquête de terrain, indique que Georges Cavarnier était fourreur, sans doute le métier qu’il exerçait à Paris avant son départ pour la Creuse. Il se réfugia en Creuse dans la commune natale de ses parents, avec sa mère devenue veuve, pendant la durée de la guerre, domiciliés au hameau de Villejaleix, commune de Sardent. Célibataire, il y exerçait pour vivre la profession de journalier. Vraisemblablement requis pour le STO, il décida d’y échapper et s’engagea dans la résistance.

Dans le même temps, au printemps 1943, les réquisitions pour le STO amenèrent un certain nombre de jeunes creusois à tenter d’y échapper. Le hasard des circonstances conduisit plusieurs jeunes guérétois à prendre contact avec un dentiste de Guéret Mr. Georges Lévêque (exerçant également à Sardent en Creuse) appartenant au mouvement de résistance « Ceux de Libération - Vengeance ». Il était en relation avec la direction parisienne du mouvement, en particulier Yves Chabrol, un des fondateurs, pharmacien à Paris, mais né à Ahun (Creuse) et qui lui-même avait conservé des liens personnels et familiaux à Guéret et dans le secteur de Sardent. Ce mouvement dont l’objectif premier n’était pas la lutte armée décida de favoriser la constitution d’un maquis sur les communes de Sardent et Maisonnissses pour assurer un refuge aux jeunes réfractaires. A l’été 1943, ce maquis regroupa entre 15 et 20 jeunes résistants. Georges Cavarnier réfractaire au STO, entra le 26 juin 1943 « avec le grade de soldat » (dossier DAVCC op. cit.) dans le maquis en voie de formation au bois du Thouraud sur la commune de Maisonnisses.
Le maquis fut rapidement repéré pas les services de renseignements allemands qui organisèrent le 7 septembre 1943 une opération de répression. L’abri où se trouvaient les jeunes maquisards fut encerclé, ceux qui tentèrent de fuir et parmi eux Georges Cavarnier furent abattus, un lancer de grenade contraignit les autres à se rendre. Les morts et les blessés (achevés par les troupes allemandes) furent regroupés dans l’abri, que les militaires allemands détruisirent à l’explosif. Il fut inhumé à Sardent où il repose depuis lors.

Il fut déclaré Mort pour la France en octobre 1945. Son nom figure sur le monument aux morts de Sardent (Creuse), sur le monument commémoratif de Maisonnisses (Creuse) et sur le mémorial de la Résistance creusoise à Guéret (Creuse).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article188647, notice CAVARNIER Georges par Michel Thébault, version mise en ligne le 14 janvier 2017, dernière modification le 11 juin 2021.

Par Michel Thébault

SOURCES : SHD AVCC Caen cote AC 21 P 40084 — Arch. dép. Creuse et Seine (état civil) — Christophe Moreigne Le massacre du bois du Thouraud ARSVHRC bulletin n° 42 mars 2009, disponible sur le site Creuse Résistance — Marc Parrotin mémorial de la résistance creusoise Ed. Verso 2000 — Journal La Montagne 7 septembre 2015 — mémorial genweb — Photographies du site aujourd’hui et des monuments.

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