PRIOURET Louis, Francisque [Pseudonyme : Paul, Ric]

Par Eric Panthou

Né le 20 février 1919 à Roanne (Loire), mort accidentellement le 19 mai 1946 dans le Puy-de-Dôme ; ouvrier tourneur ; membre du PCF ; résistant, membre de l’état-major des Francs-tireurs et partisans (FTP) du Puy-de-Dôme, emprisonné à la Centrale d’Eysse ; déporté ; membre du Comité français à Dachau.

Louis Priouret lors de son arrestation en 1943.
Louis Priouret lors de son arrestation en 1943.

Fils de Joseph Louis Priouret, mécanicien, et de Jeanne Joséphine Meyiral, sans profession, Louis Priouret, né à Roanne, reçut une instruction primaire supérieure. Son père, serrurier, était trésorier de la section SFIO de Châteaugay (Puy-de-Dôme) mais aussi secrétaire de la section Amsterdam-Pleyel de sa commune.
Louis Priouret se maria le 26 avril 1942 à Augerolles (Puy-de-Dôme) avec Georgette Joyeux. Le couple n’eut pas d’enfant. Il habitait 23 rue des Cordeliers, à Montferrand, au milieu des cités ouvrières de Clermont-Ferrand.
Il travailla d’abord aux Ateliers Mécaniques du Centre puis comme tourneur aux Ateliers industrielles Aéronautiques (AIA) à Aulnat. Il fut mobilisé en 1939 au sein du 16e RAD.
Dans son dossier de demande du titre de déporté-résistant, rempli en 1946, il dit être rentré dans la résistance dès sa démobilisation à travers son action au PCF puis au sein des FTP.
Il adhéra au PCF en 1942. Au cours de l’hiver 1942-1943 il structure le PC clandestin au niveau de son usine, l’AIA. Il fut notamment en contact avec Jean Laprononcière, alias Robert et Germain Voisset.
Lors de son arrestation, il affirma qu’il avait rejoint le « Front Patriotique de la Jeunesse » après avril 1943, encouragé par un certain Noël qui l’avait convaincu de s’organiser pour chasser les Allemands hors de France. Il affirma qu’il ne travaillait plus depuis des mois suite à un accident. La direction de l’usine déclara qu’il a abandonné son travail depuis le 27 mai 1943. Ses rares qualités d’organisateur l’amenèrent très vite à la direction du parti communiste clandestin. Il a été membre de l’état-major départemental des FTP du Puy-de-Dôme.

Il dit à la police avoir été envoyé à Saint-Étienne (Loire) car on considérait qu’il était trop connu à Clermont-Ferrand pour agir. En outre, il abandonna ses fonctions de résistant sédentaire pour entrer dans la clandestinité car il craignait d’être envoyé en Allemagne au titre du STO. Il entra à l’état-major FTP de la Loire à partir du 1er avril 1943 selon son dossier de demande du titre de déporté-résistant. En fait, selon l’attestation de Noël Ruat, Priouret était en mission pour l’état-major FTP de la Loire quand il a été arrêté.

Il fut arrêté le 21 juin 1943 lors d’un contrôle par deux agents cyclistes alors qu’il était dans les rues de Saint-Étienne avec son camarade Joseph Sanguedolce. Priouret venait de rejoindre ce dernier et échangeait avoir lui en l’interrogeant sur l’état-d’esprit des mineurs. Il venait également de remettre à Sanguedolce une grosse enveloppe avec des stencils prêts à être tirés en tracts. Sanguedolce tente de s’enfuir au moment où les agents de police lui demandent de décacheter l’enveloppe, mais il est repris immédiatement. Priouret quant à lui, est resté tranquillement à attendre les policiers. Ayant ses papiers en règles et aucun document compromettant sur lui il pensait ne risquait pas grand chose et être libéré rapidement.
Mais la police put identifier son domicile clandestin à Saint-Etienne et on trouva chez lui une valise avec des tracts communistes, divers documents juin sur l’organisation du PC, deux revolvers et de nombreux chargeurs. Parmi ces papiers, un mettait directement en cause Sanguedolce qui jusque là clamait son innocence. Des papiers d’identités avec sa photo, sous un faux nom, furent également trouvés chez son père. Selon ce dernier, son fils avait comme nom de guerre Paul quand il fut arrêté.
La femme de Louis Pirouret fut également écrouée pour lui avoir fourni des stencils, des cartes d’approvisionnement et une carte professionnelle volés chez son employeur. Elle fut déportée à Ravensbruck.

Louis Priouret fut écroué à la maison d’arrêt de Saint-Étienne le 28 juin 1943 puis transféré à la maison d’arrêt de Lyon le 24 août 1943. Les documents trouvés sur lui prouvaient selon la police qu’il avait une responsabilité importante.
Lors de son jugement par la Cour spéciale du Tribunal de Lyon le 18 octobre 1943, il est aux côtés de son épouse et de Joseph Sanguedolce. Sa femme entonne la Marseillaise dès le début de l’audience, suivie de ses deux compagnons. Louis Priouret écope de 8 ans de travaux forcés, Sanguedolce de 5 et son épouse de trois.

Priouret fut à la suite de sa condamnation envoyé avec Sanguedolce à la Centrale d’Eysse, commune de Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne) le 15 octobre 1943. Il participa à l’insurrection armée de février 1944 au sein de la Centrale. Livré aux Allemands avec ses camarades, il fut déporté à Dachau (Allemagne) où il fit partie du Comité patriotique français au côtés d’un autre clermontois, Robert Marchadier. Il se distingua par son dévouement qui aurait permis de sauver de nombreuses vies.

Ses services comme FFI ont été homologués pour la période du 13 avril 1943 au 21 juin 1943 en tant que membre de l’état-major FTP du Puy-de-Dôme (et non de la Loire comme son père l’indique dans son dossier demandant la carte DIR pour son fils). Il fut homologué au grade de lieutenant. Il a reçu à titre posthume le titre de déporté-résistant (DIR) avec période d’internement du 21 juin 1943 au 17 juin 1944 et période de déportation du 18 juin 1944 au 12 mai 1945. Noël Ruat, alias Duchène, lui fournit une attestation.

Dès son retour, à peine rétabli, il reprend son activité militante et le travail, participant à la grande bataille de la production dit Jean Belmont dans sa nécrologie.
Louis Priouret se tua accidentellement en voiture le 19 mai 1946 au retour la nuit d’une réunion électorale pour la liste communiste et d’unité républicaine et résistante du Puy-de-Dôme. Plusieurs milliers de personnes issues de la Résistance, du syndicalisme ou du PCF, lui rendirent alors hommage. Priouret était un jeune militant mais son intelligence, ses qualités d’organisateurs en faisaient un futur dirigeant selon Pierre Besset.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article188883, notice PRIOURET Louis, Francisque [Pseudonyme : Paul, Ric] par Eric Panthou, version mise en ligne le 28 février 2017, dernière modification le 28 décembre 2020.

Par Eric Panthou

Louis Priouret lors de son arrestation en 1943.
Louis Priouret lors de son arrestation en 1943.

SOURCES : Arch. Dép. du Puy-de-Dôme, 908 W 68 : Service de recherche des crimes de guerre. Enquêtes. Riom. 1944 : arrestations, déportations et exécutions. 1944-1946 .— Arch. Dép. du Puy-de-Dôme, 1296 W 58 : Commissaire Moritz au Chef 6e Brigade, 2/9/40 .— Arch. dép. du Puy-de-Dôme 1296 W 73 : PV interrogatoire Louis Priouret, 24/7/43, commissaire police sûreté Clermont .— Arch. dép. du Puy-de-Dôme : 1296 W 73. Commission rogatoire du juge Baissette de Saint-Étienne contre Louis Priouret, 15/7/43.- Arch. dép. du Puy-de-Dôme 1296 W 84 : Inspecteur de police de sûreté à chef brigade régionale de police de sûreté, le 8 juin 1944 .— Arch. dép. du Puy-de-Dôme 1296 W 73 : PV audition Joseph Priouret 24/6/1943.- Arch. Dép. du Puy-de-Dôme, 1296 W 84 : audition de Maurice Gilliot, 29 mars 1944.- SHD Caen, dossier AC 21 P 651399 .— SHD Vincennes, dossier 19 P 63/4 : liste nominative des membres de l’état-major départemental du Puy-de-Dôme FTPF .— Notice nécrologique de Louis Priouret, La Voix du Peuple, s.d. (Archives privées d’Henri Verde). — "Jean Laprononcière", Résistance Auvergne, n°95, 3éme trim. 1994 .— L’insurrection d’Eysses, 19-23 février 1944 : une prison dans la Résistance, Paris, éditions sociales, 1974, p. 193. — Joseph Sanguedolce, La Résistance à Dachau-Allach contre la mort programmée, Lyon, Médiris production, 1998, 213 p. .— Jean Belmont, "Un patriote est mort", La Nation, 22 mai 1946 .— http://museedelaresistanceenligne.org/mediaseysses/Resistants_Eysses.pdf — État civil.

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