BERNARD Yvon, Urbain, Adrien, Eugène

Par Michel Thébault

Né le 27 août 1924 à Boismé (Deux-Sèvres), mort en action le 1er septembre 1944 à La Valbonne, commune de Béligneux (Ain) ; élève de l’École militaire d’Autun ; résistant AS.

Plaque à la mémoire d’Yvon Bernard à Boismé (Deux-Sèvres)
Plaque à la mémoire d’Yvon Bernard à Boismé (Deux-Sèvres)
Crédit : MémorialGenWeb

Habitant avec ses parents dans le village de Boismé, rue de la Cure, Yvon Bernard choisit à l’issue de sa scolarité primaire de devenir enfant de troupe. Il intégra à la rentrée 1938 l’école militaire des enfants de troupe des Andelys (Eure). Après deux années de scolarité, il se trouva avec son école confronté à l’avancée rapide de l’armée allemande en mai – juin 1940. Le 7 juin l’école se replia vers Niort (Deux-Sèvres) où elle parvint le 10 juin après trois jours et demi de voyage, s’installant à la caserne Du Guesclin avec l’EMP d’Epinal (Vosges) déjà repliée depuis l’automne 1939. Le 22 juin 1940, les troupes allemandes entrèrent à Niort, occupant la caserne et déclarant prisonniers élèves et cadres. Libérés le 30 juin, les deux écoles repartirent à nouveau le 2 juillet et parvinrent après trois jours de voyage à Montauban (Tarn-et-Garonne) où se déroulèrent les examens de fin d’années (BE et BEPS). Le 15 septembre 1940, l’école rouvrit ses portes en zone libre à Béziers (Hérault). Devenue « Etablissement des Andelys replié à Béziers », elle fut sous l’autorité directe du Général De Lattre de Tassigny. A la rentrée 1943, Yvon Bernard rejoignit l’EMP (école militaire préparatoire) d’Autun. Cette école qui dut elle-même se replier à Valence le 16 juin 1940, y devint« l’Ecole d’Autun » et fonctionna dans cette ville jusqu’au 1 septembre 1943. Elle déménagea à cette date, au moment où Yvon Bernard la rejoignit, vers le camp de Thol, à Neuville-sur-Ain (Ain).
Le 2 mai 1944, devant la menace prochaine de la dissolution de l’école, un groupe de 56 élèves de seconde, première et terminale (dont Yvon Bernard) accompagnés de quatre maîtres d’internat et de trois professeurs décida de passer à la résistance armée et de rejoindre les maquis de l’Ain. Ils constituèrent le « camp d’Autun » ou « camp Mazaud » du pseudonyme de l’aspirant Signor son chef, renforcés par des maquisards et des jeunes de la région, sous l’autorité de l’Armée Secrète (AS). Chacun se choisit un pseudonyme pour passer à la clandestinité, tels Socrate, Pif, Mouton… Yvon Bernard choisit celui de Zozo. Il avait, avant de passer à la clandestinité, envoyé une dernière lettre à sa famille : « Je pars avec le sentiment profond de faire ce que je dois et l’idée de patrie que je place au-dessus de tout. S’il faut un grand sacrifice, je le fais »
Au côté des maquis de l’Ain, le maquis des enfants de troupe participa aux combats de la Libération comme en témoigne la citation associée à la Croix de guerre avec palme attribuée à l’école le 23 juin 1945 : « S’est particulièrement distinguée le 6 juin à Ambérieu, en neutralisant la garnison allemande et en faisant sauter les 52 locomotives du dépôt ; le 28 juin, lors de l’attaque du P.C. allemand de Ponthieu ; le 11 juillet à Neuville, en résistant pendant vingt-quatre heures à un ennemi dix fois supérieur en hommes et en moyens ; le 1er septembre, au combat de La Valbonne où, malgré ses onze tués et ses quinze blessés, elle interdit par sa résistance l’accès du village. » Ce combat est un épisode de la bataille dite de Meximieux, non loin de Béligneux où Yvon Bernard trouva la mort au combat. Cette bataille opposa l’avant-garde américaine (45e DI) épaulée par les maquisards de l’Ain à la 11e Panzerdivision. Après de durs combats, les Allemands durent se replier.
Yvon Bernard fut tué lors de ce dernier combat le 1 septembre 1944, tombé avec son unité la compagnie « Ange AS » dans une embuscade, à la veille de la fin des combats dans ce secteur. Il venait d’avoir vingt ans.

Déclaré Mort pour la France, son nom figure sur le monument aux morts de Boismé (Deux-Sèvres) et sur la stèle commémorative 1939-1945 de l’École militaire des enfants de troupe, aux [Les] Andelys (Eure). En 2014, le Conservatoire de la Résistance en Deux-Sèvres a fait apposer dans la rue où il a vécu une plaque à sa mémoire. A l’emplacement du camp de Thol, se dresse également un monument à la mémoire des enfants de troupe repliés à Neuville sur Ain sous l’occupation, et à ceux qui n’ont pas survécu.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article188953, notice BERNARD Yvon, Urbain, Adrien, Eugène par Michel Thébault, version mise en ligne le 25 janvier 2017, dernière modification le 12 mars 2020.

Par Michel Thébault

Plaque à la mémoire d'Yvon Bernard à Boismé (Deux-Sèvres)
Plaque à la mémoire d’Yvon Bernard à Boismé (Deux-Sèvres)
Crédit : MémorialGenWeb

SOURCES : SHD-AVCC Caen, AC 21 P 20906 (en attente de communication). — Le Conservatoire de la RésistanceLe musée des enfants de troupesSite des maquis de l’AinArticle La Nouvelle République 19 octobre 2014 — mémorial genweb.

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