MALFILATRE René, Auguste, Eugène

Par Gilles Pichavant

Né le 19 septembre 1894 à Dieppe ; Employé communal, puis Chef d’atelier à la Manufacture des tabacs de Dieppe ; syndicaliste CGT confédéré ; militant radical.

René Malfilâtre naquit à Dieppe dans le faubourg populaire et maritime du Pollet, d’un père ouvrier fumiste, et d’une mère couturière. Il entra comme employé à la mairie de Dieppe avant la guerre 14-18. A cette époque il était joueur de football au Football club dieppois (Le FCD), dont il était l’un des secrétaires de l’association. Pendant la guerre, il fut affecté comme téléphoniste au 35e Bataillon de tirailleurs sénégalais, qui fit partie de l’armée d’Orient. En 1929 il obtint le grade de caporal fourrier. Démobilisé en juillet 1919, il retrouva son poste à la maire de Dieppe, mais il le quitta rapidement pour entrer comme chef d’atelier à la manufacture des tabacs de Dieppe.

Militant du mouvement des jeunes du parti radical, il représenta le Parti Radical dans un meeting antifasciste qui se tint le 11 décembre 1926 à Dieppe. Il fut conseiller municipal de Dieppe dans les années 20 et 30. En 1925 il fut élu sur la liste d’« Union des gauches et des intérêts dieppois », conduite par Fernand Rimberg. En 1929, il fut candidat sur la liste d’« Union pour la défense des intérêts dieppois » (liste de droite), et fut élu au 2e tour avec 1787 voix. Il fut de nouveau candidat en 1935, mais ne fut pas réélu, sans doute à cause de son engagement syndical devenu public à la suite de la manifestation du 12 février 1934.

Secrétaire du syndicat des chefs d’ateliers à la Manufacture des Tabacs de Dieppe, il fut membre du bureau de l’Union locale CGT confédérée de Dieppe dans les années 20 et au début des années 30. Le 12 février 1934 il manifesta à Dieppe, à la tête d’un cortège de 400 ouvrières et quelques ouvriers de la manufacture des tabacs, avec des militants de la CGTU, pour protester contre le coup de force de l’extrême droite à Paris, le 6 février. Le 12 juillet 1936, il participa comme délégué du syndicat de la manufacture des tabacs de Dieppe, à l’assemblée générale des délégués syndicaux à l’Union locale. Il fut membre de la CA et du bureau de l’Union locale réunifiée de 1935 à 1940, et remplaça Charbonnel lors d’une réunion de la CA de l’Union départementale le 4 octobre 1936.

Pendant l’occupation, il fut dénoncé comme franc-maçon, ce qui donna lieu à la publication, le 3 mars 1942, d’un avis en première page de La Vigie de Dieppe, extrait d’une liste publié au JO de l’État français. Il aurait été membre de la loge dieppoise, le « Phare de la liberté », dont l’obédience était le Grand Orient de France.

Le 22 août 1917, il s’était marié avec Madeleine Richard, couturière. Il se remaria le 17 octobre 1936 avec Suzanne Guilbert. Il habita rue Général-Chanzy.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article189046, notice MALFILATRE René, Auguste, Eugène par Gilles Pichavant, version mise en ligne le 28 janvier 2017, dernière modification le 24 mars 2017.

Par Gilles Pichavant

SOURCES : Archives départementales de Seine-Maritime, Cote 3U 1/36, et registre matricule 1R3370. — Arch. de l’Union locale de Dieppe (1935-1940), in Arch. de la Confédération CGT à Montreuil. — L’Impartial de Dieppe (1923 et 1929), la Vigie de Dieppe (1935 ; 1942), Le Progrès social, au Fonds ancien de Dieppe, Quai Bérigny — Le Radical, bulletin des jeunesses laïques et républicaines, N°6, juin 1931 — État civil en ligne sur le site des Arch. Dep. de Seine-Maritime

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