TESSIER Aimé, Eugène, Louis

Par Sébastien Horner

Né le 9 mai 1911 à Bourg-le-Roi (Sarthe), exécuté sommairement le 11 juin 1944 à Graçay (Cher) ; gendarme ; résistant FFI.

Aimé Eugène Louis Tessier, fils d’Aimé Tessier et de Stéphanie, Georgette Richer, est né le 9 mai 1911 à Bourg-le-Roi dans le département de la Sarthe. Après son service militaire, il s’engagea dans la gendarmerie en novembre 1935 et il servait comme garde au peloton à pied de garde républicaine mobile (GRM) n°224 stationné à Dreux (Eure-et-Loir) au moment de la mobilisation de septembre 1939 puis à la surveillance de la frontière belge pendant la « drôle de guerre ». Il a été ensuite reversé dans la gendarmerie départementale à la compagnie de gendarmerie de l’Indre (brigade territoriale de Vatan) après la dissolution de la GRM, en application des conventions d’armistice.

Le 9 juin 1944, le gendarme Tessier, en patrouille avec deux autres camarades dans son canton, entra en contact avec un groupe de résistants locaux et ils furent conduits au poste de commandement de ceux-ci. Le gendarme Tessier décida alors de rester avec eux. Le 11 juin à 7h30, en représailles à de nombreux accrochages survenus depuis le Débarquement, les troupes allemandes procédèrent à une opération militaire d’envergure contre les maquisards de la région de Dun-le-Poëlier et des villages voisins. Au cours du combat dit « des Pinauderies », le gendarme Tessier fut capturé les armes à la main et emmené à Saint-Christophe-en-Bazelle (Indre). Conduit en camion vers 16h à Graçay (Cher), il a été fusillé en début de soirée avec deux autres résistants Fernand Gricourt et Jacques Lacoste au lieu-dit « Carrières de la Poterie ». Le rapport du commandant de la section de gendarmerie d’Issoudun daté de novembre 1944 précise que les témoins présents ont unanimement souligné le sang-froid remarquable et la fière attitude militaire du gendarme Tessier devant les nombreux soldats allemands qui l’entouraient et qui l’exécutèrent quelques heures plus tard.

Le gendarme Tessier laissait une veuve Huguette, Marguerite Lasseur, institutrice, et deux orphelins Françoise (12 ans) et Jacques (9 ans).

Après la guerre, l’engagement patriotique du gendarme Tessier a été reconnu par l’octroi de la Médaille militaire et de la Croix de guerre 1939-1945 avec palme, à titre posthume (1945).
Son nom figure sur le monument aux morts de Vatan, sur le panneau d’information installé sur la place du village de Dun-le-Poëlier, ainsi que sur la stèle commémorative 1939-1945 située au carrefour de la D 19 et de la D 63 sur la commune de Graçay. À Ancinnes (Sarthe) son nom est inscrit sur le monument aux morts et sur une plaque rendant hommage « aux enfants d’Ancinnes morts pour la France » située dans l’église. Enfin une plaque a été apposée sur un mur de la brigade territoriale de Vatan en 1947 afin d’honorer sa mémoire.


Dun-le-Poëlier (Indre), 11 juin 1944

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article189186, notice TESSIER Aimé, Eugène, Louis par Sébastien Horner, version mise en ligne le 2 février 2017, dernière modification le 8 octobre 2021.

Par Sébastien Horner

SOURCES : SHD Caen, DAVCC AC 21 P 273 741 – SHD Vincennes 2007 ZM 1/191 569 (mémoire de proposition pour l’attribution de la médaille militaire à titre posthume). — État civil de Graçay (acte de décès n° 35). — Notes de Michel Gorand.

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