MARTIN Joseph Emile [Dictionnaire des anarchistes]

Par Dominique Petit

Demeurait à Caudebec-Les-Elbeufs (Seine-Inférieure), ouvrier de fabrique, vendeur de journaux anarchistes.

Durant l’été 1892, lors de la formation de la chambre syndicale, Emile Martin et Allain recevaient des paquets de journaux (parmi lesquels L’Agitateur de Marseille) qu’ils distribuaient ensuite.
D’après un rapport du 24 décembre 1893, du lieutenant Guillerez, de la gendarmerie d’Elbeuf, Emile Martin lors de la naissance de son dernier né, était venu le déclarer à la mairie, sous le prénom de Ravachol. Il était parti furieux de ce que l’employé de l’état civil, n’avait pas voulu enregistrer le prénom.
Emile Martin était abonné à la Révolte. Il demeurait rue du Cimetière.
Le 1er janvier 1894, lors des rafles ayant suivi l’attentat de Vaillant à la Chambre des députés, il fut l’objet comme 27 autres anarchistes de Seine-Inférieure, d’une perquisition à son domicile à Caudillac-lesElbeuf (Seine-Inférieure). Il fut arrêté. On avait saisi chez lui de nombreux papiers qui renfermaient, semblait-il, la trace d’une correspondance anarchiste.
Il fut amené le 2 janvier à Rouen, sous escorte et menottes aux mains, en voiture au Palais de justice. Il était accompagné du commissaire de police de Caudebec-Les-Elbeufs. Sur le siège, à côté du cocher, se trouvait le volumineux paquet du courrier litigieux.
Dans la foule des curieux accourus autour de la voiture, Martin reconnut une personne, il lui cria :
« Oui c’est bien moi, Jules Martin de Caudebec-Les-Elbeufs, je vous reconnais bien. Vous pouvez dire que j’ai voulu, à ce qu’on prétend, faire sauter toute la ville de Caudebec. Regardez, tous mes papiers sont là-haut ; on a perquisitionné chez moi. Ah ! Je m’attendais bien que ce serait mon tour à la fin ; car cela, c’est vrai, je suis un ennemi de la société. »
Finalement, l’état récapitulatif des perquisitions envoyé par la préfecture à la Sûreté à Paris, indiquait « néant », pour son compte. Il n’y avait donc rien, dans le paquet saisi qui pouvait justifier des poursuites.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article189254, notice MARTIN Joseph Emile [Dictionnaire des anarchistes] par Dominique Petit, version mise en ligne le 4 février 2017, dernière modification le 4 février 2017.

Par Dominique Petit

SOURCES : Arch. Nat. F7/12504, F712506, F7/12508 — Le Matin 2 janvier 1894 — Le Journal de Rouen 2 janvier 1894 — Bianco : 100 ans de presse anarchiste

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