DUFEIL Gustave, Louis

Par Gilles Pichavant

Né le 22 janvier 1890 à Taden (Côtes-du-Nord, Côtes d’Armor) ; gardien de la paix, marin ; syndicaliste CGT au Havre (Seine-inférieure, Seine-Maritime) ; arrêté en 1920 dans le cadre de la répression des grèves de mai.

Fils de Jacques Dufeil, employé de chemins de fer et d’Eugénie Cograine, garde barrière, Gustave Dufeil naquit le 22 janvier 1890 à Taden (Côtes-du-Nord, Côtes d’Armor). Le 29 juin 1910, il se maria à Saint-Samson-sur-Rance (Côtes-du-Nord, Côtes d’Armor) avec Ernestine Lejard. Ils eurent un enfant.

En 1909 Gustave Dufeil habitait à Saint-Samson-sur-Rance, et devint employé de bureau. Il fut classé inscrit maritime lors du conseil de révision et fit son service dans la marine nationale comme chauffeur. Il fut libéré le 1er septembre 1911. Le 15 février 1914, il devint gardien de la paix au Havre (Seine-inférieure, Seine-Maritime). Mobilisé le 2 août 1914, il rejoignit le dépôt de Cherbourg (Manche), passa durée de la guerre dans la marine, et fut libéré le 10 janvier 1919.

La guerre terminée, Gustave Dufeil revint au Havre et réintégra la police. Mais, étonnamment, il en démissionna le 2 septembre et il fut rayé des cadres de la police. L’ancien policier devint immédiatement secrétaire-adjoint du syndicat des inscrits maritimes du Havre. En 1920, il avait le visage osseux, les cheveux châtains, et portait la moustache. Il était de corpulence forte. Il parlait avec difficulté, et, avant l’arrestation au cours de la grève de mai 1920 de François Montagne, le secrétaire du syndicat, ne prenait que rarement la parole dans les réunions.

A la suite de cette arrestation, il assista à toutes les réunions des inscrits maritimes, les engageant à la « grève à outrance ». Le 16 mai, à la suite d’une réunion de 800 marins, selon la police, tenue sous le préau de l’école Jean-Macé au Havre, un grand nombre de ceux qui avaient repris le travail à bord du transatlantique France débarquèrent de nouveau. Au cours de la réunion, Gustave Dufeil ne sortit pas de son rôle de responsable syndical. Il n’évoqua que la question des salaires et des pensions. Mais depuis le 12 mai, il envoyait quotidiennement des télégrammes aux secrétaires des syndicats des inscrits maritimes des différents ports de France, les tenant au courant de la grève au Havre, et les incitants à la résistance. En conséquence, sous prétexte que son action le rattachait à l’inculpation dont faisaient l’objet Sirolle, Montmousseau, Levêque et Midol, et à tous les arrêtés des grèves de mai 1920, il fut arrêté au Havre le 17 mai 1920, et inculpé de menées anarchistes et de complot contre la sécurité de l’État.

En décembre 1919, il avait pourtant fait la campagne des élections municipales au Havre, contre François Montagne et ses amis socialistes, en appuyant au sein du groupe "Probus" la candidature d’Oscar Decoutter de l’Union républicaine (droite).

En janvier 1922, Gustave Dufeil fut élu trésorier permanent du syndicat confédéré des marins du Havre, mais la Fédération lui demanda de démissionner pour éviter une scission ; en effet, Le Luron, le précédent trésorier, projetait de constituer une organisation concurrente sous l’égide de la CGTU. Dufeil s’exécuta et Le Luron fut élu trésorier le 16 juin 1922

Gustave Dufeil, un temps militant socialiste et membre du groupe Probus habita au Havre, 41 boulevard Amiral-Mouchez jusqu’à, au minimum, le 8 décembre 1934. Il serait retourné vivre dans les Côtes du Nord (Côtes d’Armor) en 1948.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article189497, notice DUFEIL Gustave, Louis par Gilles Pichavant, version mise en ligne le 17 mai 2020, dernière modification le 3 septembre 2020.

Par Gilles Pichavant

SOURCES : Arch. Dép. de la Seine-Maritime, cotes 2 Z 76, 2 Z 182, 10 MP 1408 Bureaux syndicaux 1920, Rapports sur les dockers du Havre non classés. — Arch Dép. des Côtes d’Armor, registre matricule 1R1295 SBD1910. — Le Peuple, 22 mai 1922 — État Civil.

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