BLIGNY Aimé Eugène [Dictionnaire des anarchistes]

Par Dominique Petit

Né le 15 juillet 1835 à Vincennes (Seine) ; entrepreneur de serrurerie ; marié, demeurait 120 rue de Fontenay à Montreuil (Seine). Militant anarchiste de la région parisienne.

Photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman. Métropolitan museum of art. New-York

Son atelier se trouvait 61 rue de Vincennes à Montreuil. Sa femme, Françoise Pauline Bezouar s’occupait de cartomancie et de chiromancie. Il avait subi une faillite le 7 août 1883. Il semble qu’à la suite de cet événement ses affaires étaient au nom de sa femme.
Bligny était devenu anarchiste en 1884. Dès le 6 juillet, il organisait à Montreuil, 17 rue de l’Eglise, une réunion publique anarchiste. Le 6 mars 1886, il présidait à Saint-Denis, un meeting où Louise Michel et Tortelier prirent la parole et organisait pour le 18 avril suivant une réunion salle Lavigne à Nogent sur Marne, de nouveau avec le concours de Louise Michel. Une bagarre eut lieu à la sortie et Bligny fut blessé par une pierre.
Il suivait les réunions tenues notamment par le groupe anarchiste du Faubourg Saint Antoine ; les Insurgés ; le groupe Cosmopolite ; la Chambre syndicale des hommes de peine.
Le 12 février 1888, il participait à une réunion des groupes anarchistes La Révolution sociale ; le groupe de Picpus et du Groupe de Montreuil. Bligny se retira alors momentanément du mouvement anarchiste et cessa de fréquenter les réunions.
Le 26 avril 1892, Bligny figurait sur une liste d’anarchistes. Il habitait 120 rue de Fontenay à Montreuil.
Ce ne fut qu’en mai 1892 qu’on le retrouva à La Jeunesse anarchiste du 20e arrondissement et en juin 1892, il fondait le Groupe abstentionniste révolutionnaire de Montreuil qui tint ses réunions d’abord au Cheval Blanc, 188 rue de Paris, puis au 57 de la même rue, salle Brou et enfin depuis novembre 1893, dans l’atelier même de Bligny. Entre temps, on le voyait aux réunions du Groupe de propagande ; du Cercle International ; des Egaux du 20e ; de l’Autonomie individuelle ; des Sociologues et de la Commune anarchiste.
Il était en relations avec les compagnons Grave, Louiche, Leboucher, Hivon, Mathias Hourt, Delique, Bernard, Barthélemy, Migeon, Bondoux.
Il avait tenu dans son atelier des réunions du Groupe abstentionniste de Montreuil, les 27 décembre 1893, 17 janvier et 7 février 1894.
Bligny se trouvait sur l’état des anarchistes au 26 décembre 1893. Son atelier se trouvait 61 rue de Vincennes à Montreuil.
Le 28 février 1894, le préfet de police délivra à son encontre, un mandat de perquisition et d’amener
Lors de la perquisition faite le 1er mars à 6h du matin, par le commissaire de police de l’Arsenal, à son domicile et à son atelier, il avait été saisi six lettres de Jean Grave, de Charles Leprêtre anarchiste de Reims, un imprimé intitulé : Aux trois vaches Rotschild, Carnot, Léon XIII, à mort et quatre imprimés La défense du citoyen Faure. A la suite de la perquisition, il fut envoyé au Dépôt et transféré à la prison de Mazas, le deux mars.
Le juge d’instruction Henry Meyer le mit en liberté le 8 mai 1894 et le 6 juin 1895, prit une ordonnance de non lieu dans l’affaire d’association de malfaiteurs.
Bligny se trouvait sur l’état des anarchistes du 31 décembre 1896 et sur celui établi en 1901, où il était porté disparu.
Son dossier à la Préfecture de police portait le n°283.883.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article189901, notice BLIGNY Aimé Eugène [Dictionnaire des anarchistes] par Dominique Petit, version mise en ligne le 25 février 2017, dernière modification le 18 février 2020.

Par Dominique Petit

Photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman. Métropolitan museum of art. New-York
Fiche photo anthropométrique Alphonse Bertillon. Collection Gilman. Métropolitan museum of art. New-York

SOURCES :
Archives de Paris, D.3 U6 carton 49. — Archives de la Préfecture de police Ba 1500 — Les anarchistes contre la république de Vivien Bouhey. Annexe 56 : les anarchistes de la Seine.

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