JEANNIN Aimé, Maxime

Par Jean-Sébastien Chorin

Né le 15 février 1918 à Villevieux (Jura), exécuté en représailles le 10 janvier 1944 à l’École du Service de santé militaire à Lyon (Rhône) ; fondeur ; résistant dans la Loire.

Aimé, Maxime Jeannin était le fils d’Aimé Jeannin et de Maria, Octavie, Angèle Michelin. Il était célibataire. Il exerçait la profession de fondeur. Il demeura à Saint-Étienne (Loire), 12 rue Neyron et 5 rue Notre Dame.
Il s’engagea dans la Résistance et devint chef de détachement des FFI. Arrêté le 28 août 1943 par la Gestapo à Saint-Étienne (Loire), il fut transféré à la prison de Montluc (Lyon, Rhône).
Le 10 janvier 1944, à 14h15, 4 quai Saint-Clair (quai André Lassagne, Lyon, Ier arr.), à hauteur du tunnel de la Croix-Rousse, sept résistants tirèrent sur trois soldats allemands à bicyclette et prirent la fuite. Deux soldats furent mortellement touchés et le troisième, grièvement blessé, décéda peu après. Des barrages furent aussitôt établis par les Allemands. Des personnes furent arrêtées dans le quartier et conduites à la prison de Montluc.
Vers 19 heures, Aimé Jeannin et vingt-et-un autres détenus (parmi lesquels des hommes raflés après l’attentat) furent extraits de la prison. Ils furent conduits dans les caves de l’École du Service de santé militaire, siège de la Gestapo, avenue Berthelot (Lyon, VIIe arr.), puis ils furent exécutés. Le lendemain vers 6 heures du matin, les inspecteurs du Service de l’identité judiciaire furent chargés de transporter les cadavres à l’Institut médico-légal. Ils découvrirent l’une des victimes assise dans un fauteuil.
Dans une lettre du 22 janvier 1944, le préfet régional Angeli écrivit : « les chefs de la Police allemande […] m’ont fait connaître que les détenus auraient essayé de s’enfuir par une porte laissée ouverte après avoir tenté de désarmer le gardien. Celui-ci aurait appelé au secours. D’autres seraient venus qui auraient fauché les vingt-deux victimes à coup de mitraillettes ». Le préfet ne fut pas dupe. Il ajouta : « L’opinion considère que les autorités d’occupation ont usé en la circonstance de représailles à la suite d’un attentat qui la veille avait coûté la mort dans les rues de Lyon à deux soldats allemands. Quoi qu’il en soit, cette affaire a provoqué une émotion profonde. L’Officier de la police allemande qui m’a reçu ainsi que le Maire de Lyon m’a exprimé ses regrets en disant c’est la guerre ».
Le corps d’Aimé Jeannin « taille 1m70, cheveux châtain-clair, amputé de l’annulaire droit, veste grise, pantalon velours marron, cache col blanc, mouchoir marqué A-J » fut identifié par sa famille. Il fut homologué FFI et obtint le titre d’interné résistant. Il fut déclaré Mort pour la France.



Lyon, Avenue Berthelot (10 janvier 1944)

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article190033, notice JEANNIN Aimé, Maxime par Jean-Sébastien Chorin, version mise en ligne le 28 février 2017, dernière modification le 12 mars 2020.

Par Jean-Sébastien Chorin

SOURCES : AD Rhône, 3335W22, 3335W6, 182W269, 31J157, 3460W4. — Arch. Mun. Lyon, acte de décès 94 (VIIe arr.). — SHD, Vincennes, inventaire de la sous-série GR16P. — Bruno Permezel, Victimes de l’Occupation à Lyon et alentour, 81 monuments 11 parcours, 2001. — Onac du Rhône, Les Fusillés de l’avenue Berthelot, 24 novembre 1943, 2008. — Paul Garcin, Interdit par la censure : 1942-1944, 1944.— Raymond Léculier, Alice Joly, A Montluc, prisonnier de la Gestapo, souvenirs de Raymond Léculier, 25 novembre 1943 – 25 août 1944, 2006.— Notes de Jacques Chauvet.

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