MORVAN Robert

Par Michel Thébault

Né le 18 mars 1914 au Havre (Seine-Inférieure, aujourd’hui Seine-Maritime), mort en action le 14 juillet 1944 au lieu-dit Bois-Rozet, commune de Faux-Mazuras (Creuse) ; docker au Havre (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) ; résistant FFI, maquis du Cher, compagnie Surcouf, AS de la Creuse.

Cliché CGT du Havre.

Robert Morvan était le fils de Pierre, Marie Morvan âgé de 28 ans à sa naissance, journalier et de Marie Françoise Roussel âgée de 26 ans, tous deux domiciliés au Havre 62, rue d’Arcole. Il se maria au Havre le 20 octobre 1933 avec Élisabeth François journalière âgée de 27 ans (née le 26 octobre 1905 à Matigny, Somme). Il était alors lui-même journalier, demeurant au Havre 15, passage Lecoq. A la fin des années 30, il exerçait la profession de docker sur le port du Havre, membre de la CGT.

Robert Morvan était en 1944 domicilié avec son épouse à Meillant (Cher) où il avait dû vraisemblablement se réfugier. Il s’engagea vers le 6 juin 1944 dans la Résistance au sein des FFI. Il participa le 7 juin 1944 à la prise par les FFI de Saint-Amand-Montrond. Dans la nuit du 7 au 8 juin, environ trois cents maquisards du Cher se replièrent de Saint-Amand-Montrond mise à feu et à sang par les soldats allemands et les miliciens, sur Guéret (Creuse). Ils suivirent le 9 juin 1944 en début de matinée (lors de la contre-offensive allemande contre la ville) le repli des résistants creusois vers le sud, leur point de repli se situant pour la compagnie Surcouf à laquelle appartenait Robert Morvan, sur la commune de Masbaraud-Mérignat (Creuse), précisément au château de Masbaraud-Mérignat. La compagnie Surcouf intégra alors le bataillon Chateigner de l’AS, actif sur le secteur de Bourganeuf.

Après le passage de la division Das Reich et les combats et massacres du 9 juin 1944 au 12 juin 1944, une période de calme relatif s’installa en Creuse. Les maquis du Cher repliés dans le sud de la Creuse connurent un répit relatif. A la mi-juillet 1944, des éléments de la brigade Jesser, une formation militaire allemande, composée d’éléments disparates de la Wehrmacht, des SS et de divers services de police, entra en Creuse pour organiser la répression contre les forces de la Résistance. L’une des colonnes (colonne rapide du commandant Coqui, régiment de sécurité motorisé n°1000) entra dans le département le 14 juillet en venant de Murat (Cantal) et se dirigea vers le secteur d’Aubusson avec l’objectif d’accrocher les groupes de maquisards présents dans le sud de la Creuse pour les éliminer. Ce même 14 juillet 1944 à 7 km. au sud-est de Bourganeuf (Creuse), au carrefour de Bois-Rozet (commune de Faux-Mazuras), une voiture à gazogène de la compagnie Surcouf des FFI du Cher tomba dans une embuscade tendue une des unités de la brigade Jesser. Les deux occupants du véhicule le chauffeur Victor Violot et le cuisinier du groupe Robert Morvan furent abattus. D’abord inhumé à Bourganeuf (Creuse), son corps fut ensuite transféré à Meillant en mai 1945 avant d’être inhumé définitivement dans le carré militaire du cimetière Sainte-Marie du Havre (Seine-Maritime).

Robert Morvan obtint la mention Mort pour la France le 11 juillet 1945 et fut homologué à titre posthume caporal-chef FFI, compagnie Surcouf. Son nom figure au Havre sur le monument commémoratif de la résistance et de la déportation ainsi que sur le mémorial de la résistance creusoise à Guéret. Une stèle fut dressée sur la commune de Faux-Mazuras, sur la route de Bourganeuf à Saint-Martin-Château avec l’inscription : « Honneur et Patrie – FFI Compagnie Surcouf. Tués au combat du 14 juillet 1944 ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article190101, notice MORVAN Robert par Michel Thébault, version mise en ligne le 3 mars 2017, dernière modification le 21 septembre 2021.

Par Michel Thébault

Cliché CGT du Havre.

SOURCES : SHD Vincennes GR 16 P 432561 (nc) et SHD Caen AVCC 21 P 102314 — Arch. Dép. Seine-Maritime (état civil) — Marc Parrotin Le temps du Maquis, Histoire de la Résistance en Creuse Ed. Verso 1984 et Mémorial de la Résistance creusoise Ed. Verso 2000 — Mémoire des Hommes — Mémorial genweb. — CGT du Havre, IHS de Seine-Maritime, Les Visages des martyrs 2015 — État civil, mairie de Bourganeuf, registre des décès 1944 acte n°67.

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