DUFAUT Robert, Célestin

Par Daniel Grason

Né le 16 février 1923 à Bourganeuf arrondissement de Guéret (Creuse), mort le 25 février 1996 à Plaisir (Yvelines) ; livreur cycliste ; membre des Jeunesses communistes de France ; interné ; déporté à Mauthausen (Autriche).

Fils de Onésime Dufaut, maçon, et de Gabrielle, Marie Patéron, cultivatrice, Robert Dufaut habita chez ses parents 64 rue Berzélius, puis 17 rue Paul-Brousse à Paris (XVIIe arr.). Son père travaillait dans une entreprise de maçonnerie à Montrouge (Seine, Hauts-de-Seine), et sa mère après avoir été coiffeuse de 1921 à 1931 dans un salon rue de La Boëtie à Paris (VIIIe arr.), ne travaillait plus. Livreur cycliste Robert Dufaut travailla à la Société Industrielle Électro-Métallurgique 140 boulevard à Clichy-la-Garenne (Seine, Hauts-de-Seine), puis au chez les architectes Rambaud et Guyot 18 rue de Calais à Paris (IXe arr.). Il militait aux Jeunesses communistes de France.
Le 15 juillet 1941 vers 23 heures, Robert Duffaut fut interpellé par deux gardiens de la paix habillés en civil rue Balagny (Guy-Môquet) à Paris (XVIIe arr.), près de la porte Saint-Ouen, alors qu’il glissait sous les portes d’immeubles et aux rares passants le tract « En avant pour notre victoire ! Extraits du discours prononcé le 3 juillet, par le camarade Staline, Président du comité d’État de la défense de l’URSS ». Son arrestation fut mouvementée, selon le rapport du commissariat des Epinettes, l’un des gardiens assailli par des jeunes tira en l’air pour se dégager. Tous prenaient la fuite sans dommage.
Les policiers saisissaient sur lui un carnet de notes avec des noms et des adresses et cinq tracts « En avant pour notre victoire ». Le lendemain un rapport était transmis à la BS1 des Renseignements généraux. Les policiers interpellèrent Henri Gutierrez, Raymond Fiévet, Henri Breux et Georges Abbachi. Sur un carnet figurait les noms de Jean Fumoleau, Claude Perrin et d’un sympathisant Pierre Marmonnier.
Interrogé Robert Dufaut reconnut les faits : « La malchance a voulu que je distribue un tract à un gardien de la paix en civil, qui, presque aussitôt, avec l’aide d’un de ses collègues, a procédé à mon arrestation ». Il assuma son appartenance politique et sa responsabilité d’organisateur de la distribution des tracts qui débuta à 22 heures 30.
Une perquisition eut lieu le 16 juillet dans le jardin familial situé 39 rue du Bois-des-Caures dans le quartier des Épinettes, près de la porte de Saint-Ouen. Les policiers saisissaient un jeu de caractères en caoutchouc, un composteur à caractères mobiles, le texte d’un papillon « Libérez les emprisonnés politiques », un recueil de chansons révolutionnaires, un tract dédié « A la Jeunesse Ouvrière », quatre numéros de l’Avant-Garde de juin 1941, une brochure intitulée Vers la réalisation du Communisme, seize brochures Jeunesse de France et 150 tracts « En avant pour notre victoire ». Une confrontation avec Georges Abbachi eut lieu, chacun assuma ses responsabilités.
Incarcéré le jour même à la prison de La Santé à Paris (XIVe arr.), Il comparut avec ses camarades le 26 septembre 1941 devant la Section spéciale de la Cour d’Appel de Paris. Les juges le condamnaient pour son appartenance à la Jeunesse communiste clandestine et « flagrant délit de distribution de tracts communistes » à dix-huit mois de prison et cent francs d’amende pour infraction au décret-loi du 26 septembre 1939.
Incarcéré dans différentes prisons, il était le 16 avril 1943 au départ de Compiègne dans le convoi de 994 déportés à destination de Mauthausen (Autriche), il avait 20 ans. Il fit partie des deux cents déportés transférés au Kommando de travail de Loibl Pass, les détenus travaillaient au creusement d’un tunnel routier entre l’Autriche et la Slovénie. Matricule 26717, Robert Dufaut fut libéré le 8 mai 1945.
Il a été homologué au titre de la Résistance intérieure et de Déporté interné résistant.

Il s’était marié le 12 octobre 1946 à Paris (XVIIe arr.) avec Jeannine David.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article190124, notice DUFAUT Robert, Célestin par Daniel Grason, version mise en ligne le 15 mars 2017, dernière modification le 15 mars 2017.

Par Daniel Grason

SOURCES : AN Z/4/7. – Arch. PPo. GB57 BS1, BA 2057. – Bureau Résistance GR 16 P 197414. – Livre-Mémorial, FMD, Éd. Tirésias, 2004. — État civil.

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