BROUSSARD Jean-Claude, Fernand, Louis

Par Jacques Chapron

Né 6 avril 1938 à la Chapelle-des-Marais (Loire-Inférieure, Loire-Atlantique) ; ajusteur ; militant jociste ; syndicaliste CFTC puis CFDT, délégué du personnel et délégué syndical, membre de la commission exécutive de l’Union des métaux de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) ; adhérent du Parti socialiste.

Son père, Pierre Broussard, exerça le métier de maçon à Saint-Nazaire, La Baule et dans la Presqu’île de Guérande. Sa mère, Élisabeth Broussard née Hervy, continua l’exploitation de la petite ferme familiale après le décès de son grand-père maternel en 1929. Le couple eut trois enfants dont Jean-Claude Broussard était l’aîné. Ce dernier débuta sa scolarité pendant l’occupation allemande, à l’école confessionnelle de sa commune et obtint son certificat d’études primaires en 1952. Il hérita de ses parents et grands-parents un attachement à la ruralité et une fidélité à la religion catholique. Engagé très tôt à la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), il y apprécia particulièrement la confrontation des idées entre jeunes hommes venus de formations et de milieux différents. Il y rencontra Louis Morice et un jeune prêtre, Francis Allain, animateur et fédérateur de ce mouvement de jeunes.

Incité par son milieu familial, il passa avec succès les concours d’entrée en apprentissage à l’école des chantiers navals et à la Société nationale de construction aéronautique du sud-ouest (SNCASO) devenue depuis Airbus. Il choisit la filière professionnelle de la navale. Il passa avec succès son CAP en 1955 et fut affecté en août au service entretien de l’atelier des chaudières du chantier de Penhoët. Il adhéra à la CFTC où il côtoya quelque temps Laurent Lucas. Entre 1956 et 1958, il rejoignit un groupe de jeunes ouvriers de la CFTC, pour la plupart issus de la JOC. Ils se retrouvaient régulièrement après la pause déjeuné sur le terre-plein de Penhoët pour s’informer et discuter avec les plus anciens de la situation sociale et politique. Parmi d’autres élus CFTC, René Aoustin, contribua à leur engagement et leur ouverture d’esprit vers les évènements internationaux (Indochine et Algérie).

Mobilisé en mai 1958 au service Santé des armées en métropole, il rejoignit l’Algérie et Sidi Bel Abbes où il resta seize mois. Durant toute cette période, il fut un lecteur assidu de La Vie catholique illustrée et du Bulletin du service soldat édité par les jeunes de sa commune. Libéré en 1960, il retrouva Marie Belliot née le 21 juillet 1936 et originaire du même village que lui. Ils se marièrent le 30 septembre 1961 et eurent trois enfants. Le père de son épouse exerçait le métier de menuisier dans la construction navale ; délégué CFTC, il s’opposa à son évolution vers la CFDT.

Après son service militaire, Jean-Claude Broussard fut affecté à l’atelier de mécanique des Chantiers de l’Atlantique – issus de la fusion du chantier de Penhoët et du chantier de la Loire – où il rencontra Lucien Douin et Henri Mahé, deux militants CFTC qui jouèrent un rôle déterminant dans son engagement syndical. En 1967, l’atelier où il travaillait devint un établissement autonome distinct du chantier naval qui intégra au gré des fusions, des prises de participations et des restructurations la Société d’études de machines thermiques (SEMT Pielstick), et ultérieurement, Man-diesel.

De 1967 et sans discontinuer jusqu’en 1996, Jean-Claude Broussard fut élu successivement délégué du personnel, représentant du personnel au comité d’établissement et représentant syndical CFDT au comité central d’entreprise. Cette période de restructuration industrielle fut marquée par plusieurs longs et difficiles conflits autour du maintien de l’emploi et des reconversions professionnelles. Ce fut le cas en 1981 et surtout 1986 avec la suppression de cinq cents emplois sur les mille quatre cents que comptait l’entreprise quelques années plus tôt. Dans cette situation dramatique, la CFDT et la CGC obtinrent une amélioration conséquente des indemnités de licenciement.

Jean-Claude Broussard fut de toutes les négociations avec les différentes directions d’entreprise. En 1994, il parapha un accord sur la pré-retraite progressive qui prévoyait une embauche pour deux départs, les salariés qui partaient restant inscrits à l’effectif jusqu’à l’âge de la retraite.

Parallèlement à ses mandats syndicaux dans l’entreprise, à la demande d’Yves Thoby, il fut en charge, à la fin des années 1960, de la commission « ouvriers » de l’Union des métaux. Celle-ci permit aux sections syndicales des petites et moyennes entreprises de confronter leurs pratiques et de structurer leurs revendications. Ce travail de fond favorisa, le moment venu, la négociation de la mensualisation des ouvriers qui aboutit à la fin des années 1970 à un régime de retraite complémentaire unique et à un statut identique pour tous les salariés (à l’exception du régime particulier des cadres).

Jean-Claude Broussard quitta l’entreprise MAN-diesel en 1996. Il intégra alors le conseil et le bureau de l’Union locale des retraités de la région nazairienne dans lequel il œuvra pour la mise en place d’un syndicalisme de proximité. Il adhéra au Parti socialiste en 1977 et participa avec assiduité à la vie de la section de la Chapelle-des-Marais, sa commune. Il n’eut aucun mandat politique ou électif.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article190264, notice BROUSSARD Jean-Claude, Fernand, Louis par Jacques Chapron , version mise en ligne le 7 mars 2017, dernière modification le 7 mars 2017.

Par Jacques Chapron

SOURCES : Archives de l’UL et de l’Union des métaux CFDT de Saint-Nazaire. –– Un printemps sur l’estuaire. Saint-Nazaire : la CFDT au cœur des luttes (1945-1975), Centre d’histoire du travail de Nantes, 2005. — Entretiens avec Jean-Claude Broussard en 2016.

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