CAUVET Louis, Marius

Par Jean Maitron

Né le 19 mai 1895 à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), mort le le 4 septembre 1944 à Mauthausen ; socialiste ; résistant.

Louis Cauvet était élève de l’École normale d’instituteurs des Bouches-du-Rhône lorsqu’il fut mobilisé en octobre 1914 au 203e régiment d’infanterie. Après de longs mois passés au front, il fut gazé au cours d’une attaque et dut séjourner dans plusieurs hôpitaux. À la fin de la guerre, il fut réformé et pensionné à 100 %.

Très diminué physiquement, Louis Cauvet ne put reprendre ses études et il entra au ministère des Pensions à Marseille. Membre du Parti socialiste SFIO depuis 1913 et militant actif, il fut muté en 1935 en raison de son action, à la direction départementale de Montpellier. Bientôt, il devenait secrétaire de la section socialiste de la ville.

Passionnément attaché à l’unification des forces de gauche, il fut l’un des principaux organisateurs locaux du Mouvement des clubs et comités républicains antifascistes dont il devint président pour la ville de Montpellier en 1936. Il anima également à ce titre le Secours populaire et participa à l’aide de l’Espagne républicaine. En 1938, il se montra un opposant déclaré aux accords de Munich et participa, en novembre, au congrès du Front populaire de l’Hérault.

Dès le 10 juillet 1940, il manifesta son opposition au Maréchal Pétain et maintint le contact avec ceux des socialistes que n’avaient pas « retournés » les événements et, en septembre, il entra dans la Résistance active. Il rallia ses camarades socialistes à l’organisation « Vérité » puis « Liberté » qu’il anima sur le plan local en liaison avec les démocrates chrétiens de Jacques Renouvin, P.-H. Teitgen et René Courtin. À ce noyau, il agrégea des militants communistes et des éléments radicaux membres des anciens Comités et Clubs républicains antifascistes du Front populaire. Dans le même temps, il reprit contact au plan national avec les camarades qui, autour de Daniel Mayer, reconstituaient clandestinement le Parti SFIO sous le sigle du Comité d’action socialiste. Afin d’être plus disponible, il fit alors valoir ses droits à la retraite pour cause de maladie.

De fin décembre 1940 à avril 1943, il participa activement à la structuration et à l’action du premier groupe de résistants de Montpellier qui devint fin 1941 l’une des plus actives du Mouvement « Combat ». Louis Cauvet, sous les pseudonymes successifs de Cros, Cals, Fabre, prit d’abord la responsabilité d’un secteur, puis de l’ensemble de la ville, ensuite du département de l’Hérault. Il fut en septembre 1942, avec le titre de délégué, l’adjoint du chef régional René Courtin pour la R 3, l’actuelle Région Languedoc-Roussillon (Hérault, Gard, Lozère, Aude, Pyrénées-Orientales).
En avril 1943, à la suite d’un différend aigu avec la direction du Mouvement, différend portant à la fois sur des problèmes d’organisation et d’orientation, Louis Cauvet fut contacté par l’un des leaders d’un réseau du SOE du colonel Burkmaster, il quitta « Combat » et devint l’un des cinq membres du Directoire national du Réseau Radio-Patrie, avec délégation pour le Sud-Ouest et la Franche-Comté.

Tout en participant aux activités du Comité d’action socialiste, il assura au niveau national une intense activité et l’animation des équipes du réseau chargées des parachutages d’armes, d’atterrissages, de sabotages, etc., en liaison avec l’État-Major interallié de Londres.

Arrêté à Lyon le 21 janvier 1944 avec six autres camarades de Radio-Patrie, dont Gilbert Viala, par les agents de la Gestapo que dirigeait le Colonel SS Barbie, il fut torturé, condamné à mort, non exécuté mais transféré à Compiègne fin février, puis à Sarrebruck, enfin au camp de concentration de Mauthausen à l’Oberkommando de Gusen. Affecté aux travaux de la carrière, il mourra épuisé le 4 septembre 1944.

Louis Cauvet, lieutenant-colonel FFI-FFC, fut intégré dans les réserves de l’armée avec grade de commandant. Il a été fait chevalier de la Légion d’honneur et décoré de la croix de guerre à titre posthume.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article19043, notice CAUVET Louis, Marius par Jean Maitron, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 15 juin 2009.

Par Jean Maitron

SOURCES : Le Travailleur du Languedoc, 1938 (Jean Sagnes). — Documentation réunie par Gilbert Viala.

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