CAVAILLÉ Albert, Edouard, Marcel

Par Jacques Girault Gilles Morin

Né le 17 janvier 1917 à Saint-Projet (Tarn-et-Garonne), mort le 18 mars 2000 à Montauban (Tarn-et-Garonne) ; professeur à l’École normale d’instituteurs ; secrétaire adjoint de la fédération socialiste SFIO du Tarn-et-Garonne ; secrétaire de la fédération du PS ; conseiller général ; adjoint au maire de Montauban.

Son père André Cavaillé, cultivateur, devint receveur dans les autobus de la Société des transports en commun de la région parisienne (STCRP, future RATP). Il revint exploiter les 17 hectares de la ferme familiale avec son épouse et travailler d’autres terres « à moitié ». Il se maria en février 1918 à Saint-Projet, avec Françoise, Léa, Emma Couderc, née à Saint-Projet le 21 mars 1898, fille d’un garde-champêtre devenu sabotier. Le couple eut sept enfants. Elle devint conseillère municipale de Saint-Projet en 1953 et le maire lui laissait souvent accomplir des actes lui revenant. Elle décéda à Saint-Projet le 19 mars 1956.

Albert Cavaillé, leur fils aîné, suivit des études au collège de Castelsarrasin. En 1934-1936, il participa à la création à Saint-Antonin-Noble-Val de la Société de spéléologie, d’archéologie et de tourisme, s’occupant du secteur « géologie ». Instituteur jusqu’en 1939 à Puylaroque (Tarn-et-Garonne) dans le Quercy, inscrit à la faculté des sciences de Toulouse, il publia un article dans la Revue géographique des Pyrénées et du Sud-Ouest en 1936 sur le phénomène karstique dans le Causse de Limogne. Il se maria le 10 octobre 1937 à Feneyrols (Tarn-et-Garonne) avec Madeleine, Camille Gil, institutrice, fille d’un cultivateur.

Au début de la guerre, Albert Cavaillé fut mobilisé et devint sous-lieutenant de cavalerie. Il reprit son poste à Puylaroque en octobre 1940. En mai 1943, à la création de la Société des amis du Vieux Saint-Antonin, il devint membre de la commission de spéléologie et de recherches scientifiques et en 1945, obtint le prix Sully « Olivier de Serres » (économie rurale). Instituteur à Castelsarrazin (Tarn-et-Garonne), il suivit des cours à la faculté de Toulouse et, licencié, obtint sans doute le CAPES qui lui permit de devenir professeur à l’École normale d’instituteurs de Montauban à sa réouverture en 1944-1945.

Albert Cavaillé, outre son enseignement, participa à des explorations de grottes dans le secteur et s’intéressa à la préhistoire. Il fonda la Société de sciences naturelles du Tarn-et-Garonne et commença à organiser les collections du musée d’histoire naturelle de Montauban qu’il dirigea de 1954 à 1977. Il collabora à l’établissement de 23 cartes géologiques dont la première fut celle de Cahors (Lot) en 1951. Spéléologue, après avoir été élu président de la Société spéléologique de France en 1958, il fut le premier président de la Fédération française de spéléologie de 1960 à 1963. Spécialisé dans l’agronomie, la pédologie et l’œnologie, il participa à la gestion des vins d’appellations contrôlées (AOC). Bon connaisseur des crus viticoles, expert de l’Institut national des appellations d’origine des vins, il écrivit plusieurs contributions qui firent date, dont, en 1964, Le Vignoble à vins doux naturels du Roussillon. Il livra des études dans d’autres revues spécialisées des départements du Sud-Ouest de la France. Il continua à publier des articles dans des revues scientifiques spécialisées. Il composa un Guide géologique de l’Aquitaine orientale aux éditions Masson (1977). Il élabora plusieurs tables d’orientation dans les Pyrénées et à Lafrançaise (Tarn-et-Garonne). Il dirigea aussi le laboratoire agricole départemental et assura le secrétariat de la Coopérative d’utilisation du matériel agricole du Fau. En homme de terrain, il lia toujours connaissances scientifiques et conséquences pratiques.

Son activité de chercheur s’accompagnait d’engagements dans la vie politique du département. Secrétaire administratif de la fédération SFIO et délégué fédéral à la propagande en octobre 1946, il reversait les émoluments versés par la trésorerie nationale à la caisse de propagande de la fédération. Il démissionna du secrétariat administratif en juillet 1951. De nouveau membre du bureau fédéral en 1955, il ne fut pas reconduit en mars 1956. Membre de la commission exécutive fédérale renommé par le congrès fédéral du 21 janvier 1968, secrétaire adjoint chargé de la propagande et des questions agricoles, il conserva ces responsabilités en 1970. Il fut membre du comité exécutif départemental de la FGDS du Tarn-et-Garonne en 1968, au titre de la SFIO.

De 1972 à 1986, président de la société de la société anonyme des HLM, il présidait aussi l’Association de restauration immobilière de la région Midi-Pyrénées. Élu conseiller municipal de Montauban et adjoint au maire de 1965 à 1983, délégué à l’urbanisme, Albert Cavaillé intervint souvent dans la rénovation de la ville. Notamment il contribua à la transformation de l’ancien collège en future maison de la Culture. Candidat aux élections cantonales de 1964 et 1970 à Caylus, élu conseiller général PS de Montauban en 1979, vice-président du conseil général (1979-1985), il fut battu au renouvellement de 1985 par un candidat UDF, n’obtenant que 44 % des voix au second tour.

Après le congrès d’Épinay, il était le premier secrétaire du PS, responsable du cadre de vie en 1971. Membre de la tendance “Bataille socialiste” du Parti socialiste, il fut réélu secrétaire fédéral en septembre 1973. Pendant toute la durée de son engagement socialiste, appartenant au mouvement occitan, Albert Cavaillé écrivit des articles au ton personnel dans Le Réveil du Tarn-et-Garonne dans une rubrique "Cadre de vie" où il développait des points de vue parfois en désaccord avec les analyses du Parti socialiste, comme sur le nucléaire ou des points de vue de défense des résultats de la science. Il écrivait aussi des articles plus politiques dans l’organe socialiste départemental, Changer la vie. Toutefois, il faut remarquer qu’aucune initiative ne fut organisée dans la région pour rappeler son action.

Divorcé, Albert Cavaillé se remaria le 20 août 1961 à Toulouse avec Briaud Michèle, née le 6 décembre 1937 à Saint-Pierre-d’Eyraud (Dordogne), fille d’un coiffeur. Institutrice dans une institution libre, elle cessa de travailler. Ils eurent deux enfants.

Très attaché à son village natal, en raison de son état de santé, Albert Cavaillé fut transféré à l’hôpital de Montauban où il décéda.

Sur Radio CFM, en avril 2012, deux émissions de vingt minutes dans la série "A nos mémoires" lui furent consacrées, présentées par Jean-Paul Damaggio qui évoquait son accent rocailleux, le caractère bon vivant de ce « dilettante sérieux ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article19053, notice CAVAILLÉ Albert, Edouard, Marcel par Jacques Girault Gilles Morin, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 14 avril 2021.

Par Jacques Girault Gilles Morin

ŒUVRE : Le catalogue de la BNF ne présente pas d’entrée Albert Cavaillé. Son nom apparaît derrière Bernard Gèze, professeur à l’Institut agronomique. Les archives départementales du Tarn-et-Garonne possèdent une vingtaine de brochures ou de tirés-à-part de contributions à des revues, à des colloques.

SOURCES : Arch. Nat. F/1cII/563. — Archives de l’OURS, dossiers Tarn-et-Garonne et fichier “Bataille socialiste”, fonds C. Fuzier. — Arch. FJJ/6EF73/3. 12 EF 82. — Profession de foi aux élections législatives de 1958. — FNESER, Annuaire des conseillers généraux socialistes, 1979 et 1982. — Sites des Amis des Sciences de la nature et de Radio CFM. — Témoignage d’Adrienne Cavaillé et notes de Joseph Restivo, son beau-frère, transmis par Michel Poreaux. — Notes de Jean-Paul Damaggio et de Max Lagarrigue.

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