LOIZANCE Raymond

Par Daniel Heudré

Né le 16 octobre 1919 à Saint-Hilaire-des-Landes (Ille-et-Vilaine), guillotiné par condamnation le 21 septembre 1943 à Munich Stadelheim (Allemagne) ; sellier ; résistant du mouvement Ceux de la Résistance (CDLL).

Fils de Michel Loizance, sellier et de Anne, née Coudray, couturière. Chez les Loizance, la mémoire de la guerre 14-18 était cultivée. Engagé, sous-officier de carrière, il a été fait prisonnier à Belfort en 1940, mais il s’est évadé très tôt. Revenu à Fougères (Ille-et-Vilaine), il rencontra René Gallais, guide au château et chef d’un groupe de résistants. Doté d’une fausse carte d’identité au nom de Raymond Harvois, il prit contact avec Jules Frémont, de Saint-Brice-en-Coglès et Jules Rochelle, de Saint-Ouen-des-Alleux. Ainsi se constitua le groupe Gallais, rattaché au réseau CDLL (Ceux de la Libération). Il travailla clandestinement à l’usine de chaussures Morel. Domicilié à Fougères, rue Nationale, au-dessus du café de Germaine Michel, il se trouvait à proximité du château et de ses camarades de Résistance. Raymond Loysance et ses camarades récoltaient les armes abandonnées suite à la Débâcle et les entreposaient dans les fermes et les forêts des environs. Leur groupe facilita les passages en zone « libre » et recueillit des renseignements sur les déplacements et les installations allemands.
Raymond Lozance et tous les membres du groupe René Gallais furent trahis par un jeune couple d’autonomistes bretons, René-Yves Hervé et Mathilde Le Gall, hébergés chez une tante, au 12 rue de la Pinterie à Fougères. Le couple, membre de l’Abwehr (service de renseignements de l’armée allemande), se faisait passer pour des membres de l’Intelligence Service et réussit à gagner la confiance de la famille Gallais pour infiltrer le groupe. Plus de 50 personnes furent arrêtées (opération Porto), le 9 octobre 1941 et conduites à l’Hôtel des Voyageurs, déjà réquisitionné par les Allemands, pour être soumis aux premiers interrogatoires. Elles furent aussitôt transférées à la prison d’Angers par autocars. 41 personnes furent relâchées à partir du 26 octobre. Les autres restèrent à la maison d’Arrêt avant d’être conduites dans des prisons parisiennes, vers la mi-novembre. Le 18 décembre 1941, elles étaient 14 à être déportées vers Augsburg (Bavière), dans l’attente d’être jugées. Le jugement n’aura lieu que le 23 février 1943, après une détention de 14 mois.
Le jeune Joseph Brindeau mourut des suites d’une tuberculose, le 30 mars 1942 ; le gendarme Jagu fut libéré, faute de preuves, le 5 avril 1943. Douze furent condamnés à mort, les femmes seront graciées, ainsi que Marcel Lebastard envoyé aux travaux forcés. Les hommes, au nombre du huit, furent transférés à la prison Stadelheim de Munich, le 9 septembre 1943.
Le 21 septembre 1943, Raymond Loizance fut guillotiné, à 17h08. Ses camarades furent exécutés dans la demi-heure, Gallais étant le premier à mourir.
Monument aux morts, hommage au groupe René Gallais, cimetière de Fougères. Inscription sur le monument aux morts de Saint-Hilaire-des-Landes.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article190701, notice LOIZANCE Raymond par Daniel Heudré, version mise en ligne le 18 mars 2017, dernière modification le 8 mai 2022.

Par Daniel Heudré

SOURCES : ADIV, Rennes, 167 J 25, 6 ETP 2/56. — Mémoire de Guerre Bretagne. — Kristian Hamon, Les Agents du Reich en Bretagne, 2011, Skol Vreizh. — Revue Entre Everre et Minette n° 11 Années 39/45.

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