CHARLES Lucie [CHARLES Marcelle, Lucie, Eugénie]

Par Alain Dalançon

Née le 19 avril 1905 à Nevers (Nièvre), morte le 7 avril 1973 à Paris (XVe arr.), professeure chargée d’enseignement de travaux manuels à Paris ; franc-maçonne ; militante syndicaliste du SNCM puis du SNES ; membre du CESD et de la CAPN.

Fille de Claude Charles, mouleur en fonte, et de Magdeleine Déchot, sans profession, Lucie Charles, titulaire du brevet supérieur, obtint les certificats d’aptitude de la ville de Paris à l’enseignement de la coupe et de la couture en 1925, puis à l’enseignement du travail dans les écoles primaires supérieures et les écoles normales en 1927, et enfin de l’enseignement ménager en 1928. Elle exerça d’abord dans les écoles primaires de la ville de Paris, puis comme maîtresse auxiliaire chargée d’enseignement de la coupe et de la couture à l’EPS de filles Paul Bert à Paris (XIVe arr.) à partir de la rentrée 1928 et fut titularisée comme institutrice déléguée, en janvier 1935.

Sa directrice, en février 1942, soulignait son implication dans les œuvres sociales (secours universitaire, enfants adoptés par l’école, confection de tricots pour les soldats et les prisonniers, de layette pour les enfants de réfugiés, d’objets divers pour la Croix rouge). Mais, répertoriée par les autorités de Vichy comme dignitaire de la loge de Paris de l’ordre mixte du Droit humain, elle fut déclarée "démissionnaire d’office de ses fonctions", c’est-à-dire révoquée en novembre 1942, pour appartenance à une société secrète. Elle fut employée à partir de la rentrée 1943 à l’école active de Sèvres dirigée par Yvonne Hagnauer, où elle s’occupa de la section de préapprentissage pour la partie professionnelle.

À la Libération, elle retrouva son poste dans son établissement devenu collège moderne Paul Bert, où elle enseigna dans les classes nouvelles et fut toujours très active dans les œuvres sociales. Quand l’établissement devint lycée municipal de jeunes filles en 1958, elle devint professeur de travaux manuels éducatifs.

Militante du Syndicat national des collèges modernes puis, à partir de 1949, du Syndicat national de l’enseignement secondaire, elle fut élue suppléante à la commission administrative nationale du SNES en 1949 puis titulaire sur la liste « A », de 1956 à 1959 ; elle était en même temps membre du bureau national, secrétaire de sa catégorie. Elle figura encore sur la liste « A » aux élections à la CA nationale en 1960 et 1962.

Elle représentait également les chargées d’enseignement au Conseil de l’enseignement du second degré, élue aux différents scrutins de 1950 à 1958 ; elle était en outre commissaire paritaire à la commission administrative paritaire nationale de sa catégorie, élue aux élections successives de 1948 à 1958.

À partir de 1951, elle fut chargée de cours de couture en lingerie au Centre national de préparation au professorat de travaux manuels éducatifs et d’enseignement ménager du lycée Molière, tout en conservant des heures d’enseignement au collège puis lycée Paul Bert. Elle termina sa carrière, avec un service de six heures au CNPPTM du boulevard Bessières à partir d’octobre 1969, et prit sa retraite l’année suivante.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article190924, notice CHARLES Lucie [CHARLES Marcelle, Lucie, Eugénie] par Alain Dalançon, version mise en ligne le 8 novembre 2017, dernière modification le 13 août 2021.

Par Alain Dalançon

SOURCES : Arch. Nat., AJ/16/8936, F/17/300051/B. — Arch. mun. Nevers, E 26 150. — Arch. IRHSES (SNCM, SNES, L’Université syndicaliste). — J.O. Lois et décrets du 14 octobre 1942. — Chloé Maurel, « Yvonne Hagnauer et la Maison d’enfants de Sèvres (1941-1970) », Revue d’histoire de l’enfance irrégulière, n° 10, 2008, p. 161-179. — Témoignage d’Yvonne Hagnauer le 27 juillet 1944, « Les Maisons d’enfants et l’École active », amaisondesevres.org/yh/les.html.— Notes de Jacques Girault. — État civil en ligne cote 4 E 194/174, vue 23.

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