RONZEAUD Louis, Marcel

Par Michel Thébault

Né le 12 mars 1917 à Thauron (Creuse), mort en action le 24 juin 1944 à Mansat-la-Courière (Creuse) ; résistant AS 1ère CFL.

Il était le fils d’Alexandre Ronzeaud et de Sidonie Reveil cultivateurs, domiciliés au Palais, commune de Thauron.
Il s’engagea dans la résistance en 1944, rejoignant dans le secteur de Bourganeuf (Creuse), un maquis de l’Armée secrète (AS), la compagnie franche du capitaine Louis Herry (1ère CFL). Cette compagnie (et Louis Ronzeaud vraisemblablement), participa à la première libération de Guéret le 7 juin 1944, avant de se replier le 9 juin dans les massifs forestiers au sud-est de Bourganeuf afin d’y poursuivre ses actions de sabotages.
Le 20 juin 1944, arriva à Bordeaux à la base sous-marine, le sous-marin U 188 rentrant d’une mission en Asie du sud-est. Deux des officiers rappelés aussitôt à Berlin, prirent le 24 juin la direction de l’Allemagne accompagné de quelques personnes (ordonnances, chauffeurs) sans véritable protection. A leur entrée dans le département de la Creuse, ils furent repérés et suivis par le service de renseignement de la résistance, composé d’un réseau dense d’informateurs et en particulier de personnels des PTT. En effet, un technicien des télécommunications avait installé à Bourganeuf, avec ses collègues et l’aide du maquis qui transportait les lignes, tout un réseau clandestin permettant de communiquer directement en Creuse et avec les départements voisins. De plus, le câble coaxial reliant les états-majors de Limoges, Clermont-Ferrand et Lyon avait été relié au poste d’écoute de Bourganeuf, toutes les conversations étant écoutées et traduites par un interprète. Le 24 juin 1944 vers 15 heures, le poste d’écoute clandestin, situé rue de l’Arrier à Bourganeuf fut averti par le facteur de la poste de Saint-Martin-Château à la limite de la Haute-Vienne du passage d’un car transportant sept marins allemands. Sur ordre du poste d’écoute le facteur parvint à suivre le car et à repérer sa direction, Bourganeuf, dont il avertit à nouveau le responsable. Ce jour-là, se trouvait précisément à Bourganeuf un commando de la 1ère compagnie franche (dont Louis Ronzeaud) revenant d’opération de sabotage (le déraillement d’un train de marchandises sous le tunnel de Saint-Sulpice-Laurière en Haute-Vienne). Une embuscade fut alors organisée et dressée à la sortie de la ville sur la route de Guéret. Le véhicule fut immobilisé par une rafale de fusil-mitrailleur mais les passagers parvinrent à fuir dans la forêt voisine. Des maquisards furent envoyés sur les routes avoisinantes en reconnaissance. Louis Ronzeaud parti à vélo en reconnaissance, la mitraillette en bandoulière, fut abattu au lieudit Beaugency, commune de Mansat-la-Courrière (Creuse) surpris sur la route par les Allemands qui débouchaient d’un bois.
Il obtint la mention Mort pour la France et son nom figure en Creuse sur les monuments aux morts de Saint-Dizier-Leyrenne et Saint Victor. Il figure aussi sur le mémorial de la résistance creusoise à Guéret (Creuse). Une stèle rappelant sa mémoire a été dressée sur le lieu de son décès à Mansat-la-Courrière.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article190991, notice RONZEAUD Louis, Marcel par Michel Thébault, version mise en ligne le 30 mars 2017, dernière modification le 12 mars 2020.

Par Michel Thébault

SOURCES : État civil — René Castille, Des marins allemands prisonniers de guerre en creuse actes du séminaire de Châteauroux. Mars 2004 — Marc Parrotin Le temps du Maquis, Histoire de la Résistance en Creuse Ed. Verso 1984 et Mémorial de la Résistance creusoise Ed. Verso 2000 — Article Le Populaire du centre du 24 novembre 1994 — mémorial genweb — Mémoire des Hommes.

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