CAZELLES Julien, François

Par Jacques Girault, Gilles Morin

Né le 23 novembre 1905 à Laguépie (Tarn-et-Garonne), mort le 12 mars 1968 à Roquebrune (Var) ; fonctionnaire des Finances ; maire de la Roquebrune-sur-Argens ; député FGDS du Var (1967-1968).

Julien Cazelles
Julien Cazelles

Fils de Marie Thomas et d’Augustin Cazelles, ancien mineur d’Albi, devenu tonnelier puis concierge du collège de Draguignan (Var), Julien Cazelles était frère d’Ernest Cazelles qui fut secrétaire général adjoint du Parti socialiste SFIO. Élève du collège pendant la Première Guerre mondiale, il remplaça son père mobilisé dans ses fonctions. Pendant les vacances, il était employé à la Préfecture. Bachelier en 1924, puis maître d’internat au collège de Manosque et au lycée de Nice, Julien Cazelles entra aux contributions directes où il fut reçu sur concours en mai 1926. Il exerça durant vingt années dans le Var, notamment à Draguignan, débutant comme surnuméraire des contributions directes. De 1928 à 1931, il fit son service militaire comme sergent dans une unité d’aérostation, puis reprit ses fonctions, progressant dans l’administration, devenant ainsi contrôleur en 1931, inspecteur en 1939, chef du service contentieux à la direction départementale, puis receveur des Finances (1946). Il fut un syndicaliste actif avant la guerre.
Julien Cazelles se maria le 21 mai 1929 à Manosque avec Thérèse Nègre, née le 16 février 1907 à Manosque (Basses-Alpes). Le couple eut deux enfants.
Mobilisé le 3 octobre 1939, jusqu’en juillet 1940, Julien Cazelles fut un des chefs du mouvement Combat dans le Var avec Georges Cisson, et appartint au MLN et, semble-t-il, à Libération-Sud. Il devint chef adjoint des MUR pour l’arrondissement de Draguignan et remplaça Cisson jusqu’en décembre 1943 quand ce dernier fut responsable régional. Il participa à plusieurs réseaux de renseignements. Président du comité local de Libération de Draguignan, il fit partie de la commission municipale mise en place, le 18 août 1944. Il s’occupait des finances, de l’hôpital et du personnel. Il ne fut pas désigné comme conseiller municipal en octobre 1944. Son épouse, membre du MLN, devint conseillère municipale, en mai 1945, sur la liste " d’union résistante et républicaine du Parti socialiste et du Mouvement de Libération nationale ”. Elle fut désignée comme quatrième adjointe. Il était membre du conseil d’administration du journal Résistance, qu’il avait contribué à créer en juillet 1943. Militant du MLN, il adhéra au Parti socialiste SFIO vers 1950 (selon les Renseignements généraux, selon d’autres sources, il était membre du Parti avant la guerre).
En 1946, Julien Cazelles fut détaché auprès de l’administration centrale des Finances, en vue d’exercer des fonctions à la commission des finances du Conseil de la République. Directeur du Cabinet et conseiller technique du président de la Commission des Finances du Sénat (le socialiste Alex Roubert), en février 1957, il fut nommé contrôleur d’État.
Julien Cazelles fut élu conseiller municipal puis maire de Roquebrune-sur-Argens en octobre 1961. Pressenti pour se présenter à plusieurs élections, il avait toujours refusé dans le passé. Candidat socialiste SFIO aux élections législatives dans la circonscription d’Hyères, en novembre 1962, il obtint 8 510 voix sur 66 987 inscrits et se désista pour le candidat communiste qui le précédait. En avril 1963, il organisa le congrès de la fédération à Roquebrune et en janvier 1964, au cours d’une réunion socialiste SFIO, intervint en faveur d’une candidature de Gaston Defferre à la Présidence de la République. Le poids des contingences locales et l’influence du Provençal n’expliquent sans doute pas à eux seuls cette prise de position. En effet, il avait mené en 1962 une campagne dans une circonscription modéré sur un programme très ouvert, écrivant dans sa profession de foi "Nos candidatures sont celles de l’Union constructive orientée vers un large mouvement travailliste qui doit préfigurer dans son sein le nécessaire rapprochement entre les diverses familles spirituelles et sociales tout en restant le moyen d’expression naturel du monde du Travail de la ville et des champs".
Candidat FGDS dans la deuxième circonscription du Var (Hyères-Fréjus), contre le député UNR sortant, René Laurin, Julien Cazelles obtint 14 190 voix sur 79 639 inscrits au premier tour. Bénéficiant du désistement communiste et d’un report de voix du Centre démocrate, il l’emportait, le 12 mars 1967, avec 31 705 voix. Inscrit au groupe de la FGDS, il fit partie de la commission des Finances, de l’Économie générale et du Plan. Il exerça moins d’un an ses fonctions, décédant « d’une longue maladie ». Il appartenait à diverses associations, celle des maires, celle des communes forestières et était membre du CODER par exemple.
Cazelles était Officier de la Légion d’honneur, titulaire de la Croix de guerre et de la médaille de la Résistance. Son épouse lui succéda à la mairie de Roquebrune après son décès en 1968 et resta premier édile jusqu’en 1971.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article19104, notice CAZELLES Julien, François par Jacques Girault, Gilles Morin, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 11 novembre 2021.

Par Jacques Girault, Gilles Morin

Julien Cazelles
Julien Cazelles

SOURCES : Arch. Nat., F7/15532B, dossier 24534. — Arch. Dép. Var, 18 M 13. — Arch. Assemblée Nationale. — Arch. de l’Assemblée nationale, dossier personnel. — Arch. com. Draguignan. — Presse locale. — Jean-Marie Guillon, La Résistance dans le Var. Essai d’histoire politique, Aix-en-Provence, thèse doctorat État, 1989. — H. Coston, Dictionnaire de la politique française, t. 2, La librairie française, 1972. — L’Aurore, 14 mars 1968. — Renseignements fournis par Jocelyne George, par J.-M. Guillon et par Gustave Vergelin.

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