LANGENBERG Jacqueline

Par Catherine Voranger

Née le 28 novembre 1924 à Cormeilles (Eure), abattue le 13 juin 1944 au lieu-dit Le Léché, commune de Saulgé (Vienne) ; tisseuse ; résistante FTPF - FFI, agent de liaison du groupe Amilcar des maquis de la Vienne.

Tombe à Grand-Quevilly honorant la jeune résistante
Tombe à Grand-Quevilly honorant la jeune résistante

Le père de Jacqueline, Jacobus Langenberg, de nationalité hollandaise (né à Maasluis en1887) avait épousé à Calais en 1914 Marthe Lambert, Française née dans le Pas-de-Calais en 1887. Il vint chercher du travail dans l’Eure en 1920. En 1930, il fut embauché avec Jacques, son fils aîné, par les Chantiers (navals) de Normandie à Grand-Quevilly (Seine-Inférieure, Seine-Maritime). La famille s’installa dans une petite maison, rue Salomon de Caus. Leur fille Jacqueline âgée de 6 ans, fut inscrite à l’école primaire des Bruyères, à Grand-Quevilly, future école Roger Salengro.
Bonne élève, Jacqueline, dont le père décéda prématurément en 1931, obtint son Certificat d’ Études Primaires. A 14 ans, elle partit travailler dans l’industrie textile : elle devint tisseuse dans l’usine Roy Frères de Petit-Quevilly, rue Léon Malétra. Son frère se maria au temple car la famille était de confession protestante.
En 1939, Jacques fut appelé sous les drapeaux. Il fut fait prisonnier le 18 juin 1940. Refusant la défaite, il s’évada le 2 novembre et rejoignit le domicile familial où il retrouva sa mère, son épouse, leurs trois jeunes enfants, et bien sûr Jacqueline,16 ans. Évadé, il était recherché par la police allemande : le 17 novembre il partit avec femme et enfants pour la zone libre, et trouva refuge à Darnac, dans la Haute-Vienne. Il fit ensuite venir sa mère et sa sœur pour les mettre à l’abri de l’occupation allemande et des bombardements qui ravageaient la région de Rouen..
Jacques fut mis en relation avec un petit groupe de résistants appelé à devenir le réseau Amilcar : ils imprimaient des tracts ; Jacqueline les distribuait et servait d’agent de liaison entre le groupe de la Vienne et celui de la Haute-Vienne.
A partir du 6 juin 1944, le réseau FTP se mit sous le contrôle du colonel Bernard, chef départemental des FFI de la Vienne et eut pour tâche de harceler les troupes allemandes pour les empêcher d’atteindre les plages normandes. Le 13 juin 1944, suite à une délation ou à un repérage des services de renseignements allemands, une colonne de répression allemande tenta d’encercler dans le secteur de Montmorillon les groupes de résistants (PC du colonel Bernard, maquis Amilcar et parachutistes SAS récemment installés). Dans le combat, cinq Allemands furent tués. Les troupes allemandes se replièrent vers Moulismes lorsque Denise Giptière et Jacqueline Langenberg, arrivèrent en vélo. Jacqueline Langenberg tenta de se cacher dans un fossé. Découverte, la fouille permit de trouver les sacoches de son vélo pleines de tracts. Un soldat vida son chargeur sur elle.
Elle reçut le grade de sergent à titre posthume, et fut déclarée "Mort pour la France". Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Moulismes (Vienne) et sur le monument commémoratif 1939 - 1945 de Rouen.
Son frère, lieutenant FFI sous le nom de Pyron, continua de se battre. La guerre terminée, il entra à la Sécurité Sociale de Poitiers. Puis, muté à Rouen en 1952, il revint vivre avec sa famille à Grand-Quevilly.
Le corps de Jacqueline Langenberg fut ramené à Grand-Quevilly le 29 août 1954, à l’occasion de la célébration du 10è anniversaire de la Libération. Il semble que Louis Jouvin, ancien maire de la ville à la Libération, et Henri Lefrançais aient œuvré en faveur de ce transfert.
Le 12 juillet 2004 (60e anniversaire) une rue de Grand-Quevilly a reçu le nom de Jacqueline Langenberg 1924- 1944.
A Grand-Quevilly le nom néerlandais de Langenberg était prononcé à la Française comme suit : Jacqueline "Lanjambère".

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article191075, notice LANGENBERG Jacqueline par Catherine Voranger, version mise en ligne le 3 avril 2017, dernière modification le 12 mars 2020.

Par Catherine Voranger

Jacqueline LANGENBERG
Jacqueline LANGENBERG
Tombe à Grand-Quevilly honorant la jeune résistante
Tombe à Grand-Quevilly honorant la jeune résistante

SOURCES : Groupe d’Histoire Locale de Grand-Quevilly (Claude Fourny, Anne Moyon). — Témoignage du colonel Ollivet (articles paru dans La Nouvelle République 15 juin 2012 et 17 juin 2016). — Max Survylle Avec ceux du maquis (brochure). — Marcel Rigaud Le Chemin du Cheval Blanc. — Témoignage de Denise Giptière – 70514 — Christian Richard 1944, Le Special Air Service en Poitou Geste Éditions 2018 — Notes Michel Thébault — Acte de décès de Jacqueline Langenberg : mairie de Moulismes. – ShD:Homologation FFI et DIR : dossier GR16P366081.

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