COUSSET Joseph, François (Indre)

Par Jean-Luc Labbé

Né et domicilié à Argenton-sur-Creuse (Indre), 45 ans en 1852, avocat avant 1848, procureur de la République à Châteauroux nommé au début de la Deuxième République ; révoqué du conseil municipal d’Argenton en 1850 ; condamné par contumace début 1852 suite au coup d’Etat du 4 décembre 1851.

Avocat, ancien avoué et ancien maître des postes, ancien procureur de la République à Confolens (Charente), marié avec deux enfants, Cousset était un notable d’opinion républicaine démocrate dans sa ville natale d’Argenton-sur-Creuse. Au début de la Seconde République, deux amis de G. Sand prirent les commandes de la Préfecture de l’Indre. Fleury et Dufraisse aideront Cousset à être nommé procureur de La République à Châteauroux. Mais en décembre 1850 et la reprise en main du pays par les conservateurs, Cousset, alors aussi adjoint au maire d’Argenton, fut suspendu de ses fonctions électives. Il avait déjà perdu ses appuis politiques à Châteauroux et par-là même ses fonctions de Procureur.

Il sera accusé, à la suite du coup d’Etat du 4 décembre 1851, d’avoir tenté de se rendre maitre de la Mairie d’Argenton-sur-Creuse le 5 décembre. Pour cette opération il devait recevoir le soutien des ouvriers qui travaillaient à la construction du tunnel et du viaduc de Chabenet, sur la ligne en construction du chemin de fer entre Châteauroux et Limoges. Pour cela, il était en relation avec deux ouvriers : Claverie dit Nérac et Poussin dit Le Lochois.

Mais la tentative de soulèvement échoua et Cousset partit se cacher. Un mandat d’arrêt fut lancer à son encontre. Selon certaines sources, il fut condamné par contumace à la déportation à Cayenne le 30 janvier 1852. Le document portant mention de sa condamnation à la déportation à Cayenne était signé du Préfet et du nouveau Procureur … Celui qui avait succédé à Cousset à la tête de la justice castelroussine se nommait Protade Martinet, un ancien avocat qui avait défendu les émeutiers de la faim de Buzançais en 1847, quatre auparavant donc, contre la justice expéditive de Louis Philippe. D’autres sources évoquent cependant une une déportation en Algérie à laquelle il échappa en s’exilant volontairement en Grande-Bretagne et en Savoie.

Dans la clandestinité pendant deux ou trois ans, Cousset n’a jamais accompli sa peine ne fit plus parler de lui. Lorsque la République indemnisa « les victimes du deux décembre » en 1882, Cousset était décédé ; ses deux filles, Céline alors institutrice à Chambéry et Aline alors domiciliée à Issoudun, reçurent chacune une rente annuelle de 400 Francs.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article191241, notice COUSSET Joseph, François (Indre) par Jean-Luc Labbé, version mise en ligne le 6 avril 2017, dernière modification le 5 février 2020.

Par Jean-Luc Labbé

SOURCES : dossier d’instruction Arch. Dep. Cher 2U233 – B. Moreau, Marianne bâillonnée, 2002. – Liste des indemnisés, L’Echo des Marchés, octobre 1882. — Jean-Claude Farcy, Rosine Fry, Poursuivis à la suite du coup d’État de décembre 1851, Joseph François Cousset — Notes de Valentine Dumas.

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