BAUDE André Louis Julien [alias lieutenant Serge]

Par Ponnavoy Jean-Louis

Né le 6 janvier 1917 à Leubringhen (Pas-de-Calais), fusillé le 15 août 1944 à Domont (Seine-et-Oise, Val-d’Oise) ; militaire d’active ; lieutenant des Forces françaises de l’Intérieur (FFI) et du Bureau des opérations aériennes (BOA).

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André Baude était le fils d’Émile Pierre François, maréchal-ferrant et de Louise Eugénie Couture, ménagère. Il se maria le 23 avril 1938 à Wissant (Pas-de-Calais) avec Marguerite Gabrielle Marie Falempin, servante, dont il eut deux enfants, Anne et Norbert. Il était domicilié à Saint-Martin-du-Tertre (Seine-et-Oise).
Il avait deux ans lorsqu’il perdit sa mère et neuf lorsque son père décéda. Il fut placé chez des tantes puis confié à l’Assistance publique à l’âge de douze ans et placé par la DDASS dans une famille de Rétry (Pas-de-Calais) qui s’occupa de son éducation et lui fit apprendre un métier. En 1931, après avoir obtenu son certificat d’études primaires, il fut embauché comme apprenti mouleur aux usines métallurgiques de Marquise (Pas-de-Calais). Il obtint son CAP en 1934 mais fut renvoyé l’année suivante pour avoir réalisé un pot de feu sans autorisation. Il s’engagea alors dans l’armée au 150e Régiment d’infanterie, à Verdun, où il devint sergent infirmier-brancardier et tireur d’élite.
André Baude fut mobilisé avec son régiment à la déclaration de guerre en septembre 1939. Le 20 mai 1940, après avoir mis à l’abri son chef de section, grièvement blessé, il fit face à l’ennemi avec quelques hommes mais il dut se rendre. Ce fait d’armes lui vaudra une citation à l’ordre de la brigade et la Croix de guerre le 22 décembre 1941. Il fut fait prisonnier et envoyé dans un camp de concentration en Autriche où il subit onze mois de captivité. Libéré fin 1941 en raison de son appartenance au service sanitaire, il fut affecté comme gestionnaire des salles civiles au sanatorium de Franconville (Seine-et-Oise). Malade, il eut droit à partir dans sa famille à Wissant. Il en profita pour contacter les organisations clandestines sur Calais et entra dans le réseau Jean-de-Vienne qui fut rapidement démantelé et deviendra le BOA-Nord (Bureau des Opérations Aériennes), puis il entra dans la Résistance au groupe Vengeance avec le pseudonyme de "Serge" et le grade de lieutenant. Il participait à la recherche de terrains d’atterrissages clandestins et devint spécialiste du balisage et de la récupération de matériel, armes, munitions, faux papiers ainsi que d’agents de renseignements parachutés par les alliés et de pilotes tombés dans les lignes ennemies. Afin d’avoir une couverture, il entra parallèlement comme infirmier à l’hôpital des armées Bégin à Saint-Mandé (Seine, Val-de-Marne). Il fut affecté le 1er juin 1944 au BOA de Seine-et-Oise dont il fut adjoint puis chef départemental, dépendant de la région P et fut en relation avec les colonels André Rondenay et Alain Grout de Beaufort.
Dénoncé par un camarade retourné qui sera fusillé par la Résistance, il fut arrêté par la Gestapo le 4 août 1944 à Saint-Martin-du-Tertre (Seine-et-Oise, Val-d’Oise) et conduit à la Kommandantur d’Enghien-les-Bains puis interné à la prison de Fresnes (Seine, Val-de-Marne) le 6 août. Le 15 août 1944, il fut extrait de sa cellule et emmené avec d’autres résistants dans un camion pour être conduit à Compiègne en vue d’être déporté. Un commando de la Gestapo l’intercepta en gare de Pantin (Seine, Seine-Saint-Denis) ainsi que les colonels Rondenay et Grout de Beaufort et les résistants Roger Claie* et Louis Lerouge*. Chargés dans une traction avant, ils furent conduits à la clairière des Quatre chênes à Domont (Seine-et-Oise, Val-d’ Oise), où ils furent abattus et leurs corps laissés sur place.
André Baude fut d’abord inhumé au cimetière de Domont puis le 7 janvier 1945 au cimetière de Saint-Martin-du-Tertre et transféré au cimetière de Wissant en mars 1950.
Il fut homologué comme chargé de mission de 2e classe des FFI (Forces françaises de l’Intérieur) avec le grade de lieutenant.
Il reçut à titre posthume en 1961 la Croix de chevalier de la Légion d’honneur, une Croix de guerre avec palme et la Médaille de la Résistance.
Il obtint la mention "Mort pour la France" le 5 juin 1945 et le titre d’"Interné résistant" le 24 mars1958.
Son nom figure sur les monuments aux morts de Leubringhen et Wissant (Pas-de-Calais) et sur le monument commémoratif des fusillés, au carrefour des Quatre chênes, à Domont (Val-d’Oise).
Lors de la séance tenue le 15 novembre 1944, le comité local de libération de Saint-Martin-du-Tertre demanda au conseil municipal de faire en sorte que la rue de la Forêt, où résidait André Baude, porte désormais son nom, ce que le maire, M. Paranthoën, accepta. Une rue de Saint-Martin-du-Tertre portent également le nom du lieutenant André-Baude.
Une plaque rappelle l’arrestation d’André Baude le 4 août 1944 à Saint-Martin du Tertre (au 21 rue du Lieutenant-Baude) :
« Ici fut arrêté le 4 août 1944
à 8 h. du matin par la gestapo sur
dénonciation le Lieutenant André BAUDE.
Il fut torturé puis fusillé
par les allemands le 15 août 1944
aux « quatre chênes » à Domont.
Il avait 27 ans et a donné sa vie
pour notre Liberté ».
La stèle commémorative élevée au carrefour des Quatre-Chênes, à Domont, qui rappelle l’exécution en ce lieu de vingt-trois résistants entre le 12 et le 16 août 1944.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article191309, notice BAUDE André Louis Julien [alias lieutenant Serge] par Ponnavoy Jean-Louis, version mise en ligne le 8 avril 2017, dernière modification le 9 mai 2022.

Par Ponnavoy Jean-Louis

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SOURCES : Dossier AVCC Caen 21 P 703963. — Office de tourisme de Saint-Martin-du-Tertre "Le lieutenant André Baude" par Norbert Baude, 22 février 2005. — Anonymes, Justes, Persécutés durant la Période Nazie AJPN "Arrestations". — Fabrice Bourrée, in DVD-ROM La Résistance en Île-de-France, AERI, 2004. — Mémorial Genweb. — État civil. — Notes de Frédéric Stévenot.

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