BILBAULT Xavier, Marie, Jean

Par Michel Rousselot

Né le 27 avril 1933 à Paris (XVe arr.) ; docteur ès sciences économiques ; diplômé de l’Institut d’études politiques, chargé d’études au Bureau d’information et de prévision économique BIPE (1960-1962), cadre à la Société nationale des pétroles d’Aquitaine SNPA puis à Elf (1962-1997) ; membre du secrétariat national de la Jeunesse étudiante chrétienne JEC (1946-1956), président de l’Association jeunes cadres AJC (1962-1965), militant CFDT, représentant le Comité central d’entreprise au Conseil d’administration de la SNPA (1969-1973), président du Centre européen pour le développement de l’emploi et de la formation CEDEF (1999-2003), président de la Coopérative financière pour le développement de l’économie solidaire Nord-Sud COFIDES (2005-2011), vice-président du Service international d’appui au développement SIAD (2008-2012).

Fils de Louis Bilbault, ingénieur, et d’Anne Marie des Pommare, Xavier Bilbault eut deux sœurs plus jeunes. Sa mère était catholique pratiquante. Il vécut d’abord à Paris et passa deux ans à Tulle en Corrèze durant la guerre de 1939-1945. Il fut scolarisé au lycée de Tulle (Corrèze), puis, la famille s’étant installée en région parisienne, ses études secondaires se déroulèrent au collège Stanislas, au lycée Chaptal et au lycée Carnot à Paris. Ayant obtenu le baccalauréat en 1951, il poursuivit des études supérieures à la Faculté de Droit de Paris et à l’Institut d’études politiques de Paris dont il sortit diplômé en 1958 ; il passa un certificat de sociologie générale, le diplôme d’études supérieures d’économie politique et celui de sciences économiques en 1959. Il soutint sa thèse en 1968 à Paris sur « La décision économique dans l’industrie chimique française : son incidence sur les perspectives de développement industriel ».

Son éducation chrétienne l’avait conduit à rejoindre la Jeunesse étudiante chrétienne (JEC) dès 1946. Il s’y engagea d’abord comme animateur adjoint des activités organisées par la Fédération de Paris chez les « cadets » (jeunes en fin d’école primaire et en collège). Ensuite, de 1952 à 1956, au sein du secrétariat national, il eut la responsabilité nationale des « cadets ». Dans ce cadre, il participa alors à une mission en Afrique (Congo et Cameroun). Il fut membre de l’équipe internationale de la JEC en 1956. Comme l’ensemble du secrétariat national, il démissionna en 1956 à l’issue de la crise de l’Association catholique de la jeunesse française (ACJF). Étudiant à la Faculté de Droit de Paris et à Sciences Po, il adhéra à l’UNEF.

En 1959, il fut appelé au service militaire qu’il commença d’effectuer à Fez (Maroc). Réformé pour raisons de santé, il fut rendu à la vie civile en 1960. Xavier Bilbault commença alors sa vie professionnelle comme chargé d’études au Bureau d’information et de prévision économique (BIPE) où il travailla deux ans. En septembre 1962, il entra à la Société nationale des pétroles d’Aquitaine (SNPA) où il fut successivement chef du service de prévision économique (1962-1967) puis chef d’état-major à la division commerciale (1967-1969). Parallèlement, il préparait sa thèse. Une fois soutenue, il poursuivit sa carrière occupant les fonctions de chef du service études à la direction développement de la SNPA (1969-1973). Il fut ensuite responsable administratif et financier d’Elf-Nigéria (1973-1974) puis d’Elf-Norge (Norvège) (1974-1975), résidant alors dans ces pays. De retour au siège français, il fut responsable administratif et financier pour le Nigéria et la Somalie, puis pour les filiales d’Amérique et d’Australie. Chef de division finances pour les filiales d’exploration et les zones nouvelles (1983-1989), il termina sa carrière comme chef de division ressources humaines-finances-gestion en 1997.

Ce fut en 1969 à l’issue des mouvements de grève et de discussions vécus au siège de la SNPA, dont il avait été l’un des animateurs actifs, que Xavier Bilbault adhéra à la CFDT. La même année, seul candidat pour le collège « cadres » au siège de l’entreprise, il fut élu au Comité d’établissement de Paris de la SNPA, délégué au Comité central d’entreprise et représentant de celui-ci au Conseil d’administration de la SNPA jusqu’en 1973. Il anima la commission économique du CE de Paris et en co-présida la commission formation, lançant une formation économique, non directive, ouverte à l’ensemble des personnels. Il participa aux travaux de l’Union nationale des ingénieurs et cadres des industries chimiques (UNICIC-CFDT) notamment ceux concernant l’avenir du secteur de la chimie. Il resta en contact avec ses responsables et avec ceux de l’Union confédérale des ingénieurs et cadres (UCC-CFDT) pendant de nombreuses années, mais n’eut plus de responsabilités syndicales par la suite.

Son engagement l’avait conduit à participer en 1961 à la création de l’Association jeunes cadres (AJC) qu’il présida de 1962 à 1965. Cette association créée dans le prolongement de la démission de la direction de l’ACJF s’était donnée pour modèle au sein de l’entreprise, la démarche du Centre national des jeunes agriculteurs (CNJA) : réformer les entreprises en affirmant la responsabilité des cadres dans leur transformation et leur gestion. Il milita à la Fédération des conseils de parents d’élèves FCPE dans les établissements scolaires de ses enfants. De 1989 à 1997, il représenta la société Elf au Conseil d’administration de la Fondation Europe et société, créée par Jacques Moreau. Chargé d’études, il prit part aux travaux de certains colloques tels que « L’industrie chimique européenne : mobilité professionnelle, formation, santé, sécurité », « Les retraites », « La mobilité professionnelle ». Après sa retraite professionnelle prise en 1997, il créa en 1998 et dirigea jusqu’en 2003 le Centre européen pour le développement de l’emploi et de la formation (CEDEF). Son souci du développement des pays du Sud l’amena à s’impliquer dans la Coopérative financière pour le développement de l’économie solidaire Nord-Sud (COFIDES) qu’il présida de 2005 à 2011, ainsi que dans le Service international d’appui au développement (SIAD) dont il fut vice-président de 2007 à 2011 et délégué régional en Midi-Pyrénées de 2009 à 2015.

Dans le prolongement de ses engagements, il rédigea des articles pour des publications telles que la revue Économie et Humanisme (« Planification française et démocratie », 136, novembre-décembre 1961), le Bulletin de l’UNICIC, les Cahiers de la Fondation Europe et société, ou la Lettre de la COFIDES Nord-Sud (de 2005 à 2011).

Xavier Bilbault avait épousé, en 1962 à Versailles, Monique de Montfalcon. Le couple donna naissance à trois enfants en 1963, 1968 et 1973.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article191375, notice BILBAULT Xavier, Marie, Jean par Michel Rousselot, version mise en ligne le 10 avril 2017, dernière modification le 10 avril 2017.

Par Michel Rousselot

ŒUVRE : « La décision économique dans l’industrie chimique française : son incidence sur les perspectives de développement industriel », thèse de doctorat à la Faculté de Droit et de Sciences économiques, Paris, 1968. — Articles dans les publications citées.

SOURCES : Arch. Union confédérale des ingénieurs et cadres UCC-CFDT. — Notes de François Lagandré (1999) et de Xavier Bilbault (2015).

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