FORET Alfred, Eugène

Par Frédéric Stévenot

Né le 26 avril 1892 à Laon (Aisne), mort le 2 avril 1945 à Lüneburg (Allemagne) ; ouvrier agricole, employé des chemins de fer ; résistant FFI, déporté.

Né à Laon, au n° 4 de la rue de la Congrégation (sur le plateau), Alfred Foret est le fils de Louis Alfred Foret, mort peu avant sa naissance, le 12 mars, et de Marie Aline Gérard, ménagère de trente ans, sa veuve, domiciliée à Dizy-le-Gros (Aisne) et née à Saint-Quentin-Le-Petit (Ardennes). Il se maria à Signy-le-Petit (Ardennes) le 17 juin 1919 avec Jeanne Marie Élisée Jomotte, dont il divorça pour épouser Lucie Ernestine Seillière à Choisy-le-Roi (Seine), le 6 novembre 1928.

Au moment de son recensement militaire, Alfred Foret habitait à Saulces-Montclin (Ardennes), dans le canton de Novion-Porcien. Il y exerçait la profession d’ouvrier agricole. Il s’engagea pour cinq ans le 7 mars 1913 à la mairie de Charleville-Mézières (Ardennes), pour le 28e régiment de dragons. Il arriva au corps le 15 mars 1913. Il passa ensuite au groupe cycliste de la 4e division de cavalerie (19e bataillon de chasseurs à pied) , le 31 mars 1916, où il arriva le lendemain. Il fut classé dans l’affectation spéciale le 2 décembre 1918, à la 3e section de chemins de fer de campagne, subdivisions complémentaires de la compagnie du PLM (Paris-Lyon-Marseille), à la gare d’Orléans. Il y était manœuvre au dépôt. Le 28 mai 1919, il y devint employé permanent, après qu’il ait été rayé des contrôles du groupe le 12 février 1919.
La campagne contre l’Allemagne dura, pour Alfred Foret, du 2 août 1914 au 23 octobre 1919. Il fut décoré de la médaille interalliée, le 26 novembre 1934, et cité à l’ordre de la 4e brigade de ligne, ce qui lui valut la croix de guerre avec étoile de bronze : « Grenadier d’élite d’une dévouement absolu, au front depuis le début de la campagne, employé à plusieurs reprises pour les missions les plus périlleuses, a toujours été fanion vivant de son escouade ».
On le retrouve ensuite à Choisy-le-roi comme surveillant de route, sur la ligne Paris-Orléans. Il déclara y demeurer le 30 mars 1928, rue de l’Étoile.
Le registre matricule ne porte aucune mention concernant l’activité d’Alfred Foret sous l’Occupation.

Quoi qu’il en soit, Alfred Foret fut déporté de Belfort le 29 août 1944 (I. 267) vers le camp de Neuengamme (matr. 43673). Le convoi comprit 722 hommes. Alfred Foret fut affecté au kommando de Wilhelmshaven. Situé au nord-ouest de Brême, il fut créé en septembre 1944 ; ses 1 000 détenus travaillèrent sur les chantiers navals de la ville, pour la Kriegsmarine. Ils réalisèrent également des tâches de déblaiement. Le site de l’amicale de Neuengamme précise : « Wilhelmshaven est […] créé à partir du mois d’août 1944 et entré en "fonction" le 4 septembre 1944, avec un convoi de 1 200 hommes dont 541 Français, arrivés du Fort Hatry de Belfort (convoi du 28 août au 1er septembre 1944) ».

Alfred Foret fut homologué comme résistant (Résistance intérieure française), au titre de Libération Nord (GR 16 P 228479). Il mourut lors d’un bombardement en Allemagne (transcription du 5 décembre 1946) le 2 avril 1945 selon l’état civil (le fonds pour la mémoire de la déportation indique la date du 7 avril, comme pour tous les déportés du même convoi morts à Lüneburg). Une autre source (Mémoire de guerre) précise ceci : « Une partie du Kommando de Wilhemshaven est évacué le 3 avril 1945, par un transport ferroviaire d’au moins 400 blessés et malades, qui est attaqué le 7 avril par l’aviation alliée en gare de Lunebourg. Les pertes sont terribles, et au moins 60 déportés partis de Belfort y laissent la vie. D’autres sont ensuite exécutés par les SS, alors que les survivants sont conduits en camion au camp de Bergen-Belsen libéré le 15 avril 1945 ».

Les documents de la collection Arolsen indiquent que les effets personnels d’Alfred Foret se composaient d’une montre de poche avec chaîne en métal blanc, d’une alliance en métal jaune et d’un stylo à pompe (réf. du doc. : 11307005). Le document DE ITS 5.3.2 Tote 57 indique bien la date de sa mort à Lüneburg, à savoir le 7 avril 1945

Alfred Foret fut déclaré « Mort pour la France » (AC 21 P 185824) à titre militaire (FFI).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article191475, notice FORET Alfred, Eugène par Frédéric Stévenot, version mise en ligne le 16 février 2020, dernière modification le 6 juillet 2021.

Par Frédéric Stévenot

SOURCES. État civil de Laon (5 Mi 90, 1892) ; Arch. dép. Ardennes, reg. matr, 1R 258 ; SHD Vincennes (GR 16 P 228479). — Sites Internet : Mémoire des hommes ; Fonds pour la mémoire de la déportation ; Mémoire de guerre ; Archives arolsen ; Amicale de Neuengamme.

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