LETTU Roger

Par François Ferrette

Né le 7 juillet 1924 à Saint-Maur-des-Fossés (Seine, Val-de-Marne) ; mort le 12 décembre 2016 à Cazilhac (Hérault) ; ancien combattant volontaire de la France libre ; personnel de l’administration universitaire ; militant syndicaliste, membre de la commission administrative nationale, pour la tendance « autonome », de la Fédération de l’Éducation nationale de 1964 à 1967.

Roger Lettu
Roger Lettu

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Alors que son près avait abandonné sa famille, Roger Lettu vécut avec sa mère, laquelle mourut alors qu’il avait dix ans. Il fut recueilli par des cousins et travailla dans la menuiserie à partir de 1938. Dès 1940-1941, il entra dans la clandestinité et devait quitter la France en 1942, en passant clandestinement par les Pyrénées pour rejoindre les Forces Françaises Combattantes en Afrique du Nord (Maroc). Entre 1943 et 1945, il participa à dix campagnes de guerre. À ce titre, après quelques semaines dans les geôles dans l’Espagne de Franco, il s’engagea dans la campagne d’Italie, Monte Cassino, Rome, au débarquement de Provence, au franchissement du Rhin et à l’envahissement de la Bavière hitlérienne. Il fut fait chevalier de l’ordre national du Mérite, médaillé de la Croix de Guerre 39-45. Le commandant d’escadron Martin d’Eydier devait le dépeindre ainsi en juillet 1945 : « a été de tous les éloges par sa manière servir et sa conduite au feu. Toujours volontaire pour aller en patrouille a participé à de nombreuses reconnaissances avec un magnifique courage et une énergie calme et réfléchie »
Roger Lettu fut démobilisé en octobre 1945 et rentra au rectorat de Paris, au Bureau du Ministère de l’Education nationale pour l’enseignement technique. En 1946, la commission des Victimes de Guerre de l’Éducation nationale lui permit d’entrer en tant que commis à l’Education nationale. Il avait été classé agent de service en catégorie C, emploi réservé militaire et s’occupait en plus du courrier, de l’entretien du poêle à charbon. Durant l’année scolaire 1947-1948, il prit un congé longue maladie mais revint l’année suivante à l’Inspection principale de l’Enseignement technique de la Seine jusqu’en 1961. En 1962, il fut affecté au service des examens du rectorat de Paris. Cette expérience dure un an et l’année suivante il exerça à la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Paris. Il fut alors responsable du service intérieur et à la mise en place des Centres universitaires du Grand Palais et de Censier ainsi qu’à l’organisation de l’Institut Phonétique de l’université de Paris. Durant la période 1965-1970, sa carrière évolua et intégra le corps des secrétaires d’intendance universitaire (catégorie B) et alla se consacrer à la réorganisation de l’Institut de Phonétique de Paris. En 1977, il entra dans le corps des Attachés d’intendance universitaire (catégorie A).
Syndicalement, il convainquit Jean Gouellain au milieu des années 1950 pour que le Syndicat national des personnels de l’administration académique (SNPAA), mette la priorité sur les personnels de catégories C et D. Celles-ci étaient en effet mal défendues et mal représentées dans les instances syndicales. Le tandem Lettu/Gouellain s’organisa en conséquence au point de constituer une tendance et de disposer d’un organe Présence syndicale, créé fin 1959 par des syndicalistes de la région parisienne. Présence syndicale s’arrêta, semble-t-il, en 1961 lorsque Gouellain prit des responsabilités nationales avec la gestion du journal national du SNPAA, L’Administration académique et universitaire, dont il assurait la rédaction.
Au titre du Syndicat national de l’administration universitaire (SNAU), Roger Lettu siégea à la commission administrative nationale, pour la tendance « autonome », de la Fédération de l’Éducation nationale (FEN) de 1964 à 1967 et fut élu à la CAPN des commis en 1961 et 1965 mais ne fut pas candidat en 1968 pour une élection professionnelle.
Roger Lettu s’était détaché du jeune SNAU, fondé en 1964 et succédant au SNPAA, à la suite de Mai 68. « Comme bien des anciens de la France Libre, il restait sentimentalement attaché à De Gaulle » devait rappeler Jean Gouellain en 2016. Quoi qu’il en soit, il fut un des fondateurs du syndicalisme revendicatif dans l’administration académique et un farouche défenseur des catégories sociales les plus humbles.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article191544, notice LETTU Roger par François Ferrette, version mise en ligne le 21 avril 2017, dernière modification le 21 avril 2017.

Par François Ferrette

Roger Lettu
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SOURCES : Presse syndicale. — Témoignage Jean Gouellain. — Archives privées Georgette Lettu. — Note de Jacques Girault.

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